Sommaire
- Une fusée qui monte, une action qui prend l’eau
- Le proprio qui reloue les chambres vides à ses rivaux
- La boucle boucle : Anthropic loue chez Google et chez Musk
- Le marché a changé d’avis sur l’IA
- La dépense explose, la rentabilité traîne des pieds
- Quand la tech devient inflationniste
- Et au Texas, les voisins claquent la porte
- Et toi, devant ton Chromebook ?
- Notes de bas de page
Mais je te connais toi. Tu étais venu pour te faire expliquer une bidouille sur ChromeOS. Pas de bol. Je t’avais emmené à Wall Street. Comme la deuxième fois. Où il était question de patates chaudes. On y repart une troisième fois. C’est la dernière marche. Promis, craché. Mais avant d’aller plus loin, je récapitule. Dans le premier papier, je te montrais la machine : le pari à 200 milliards de Google. C’était pour gaver Anthropic en puces maison. Dans le deuxième, la machine grinçait un peu. Mais pas trop. En tout cas, les banquiers cherchaient déjà la sortie avec 15 milliards de dette sous le bras. Un gros paquet. Aujourd’hui, c’est une fusée qui entre en scène. Elle décolle. Son action, elle, retombe. Cela va faire du bruit ? Boules Quiès ? Suis le guide.
Ce qu’il faut retenir
- SpaceX a presque doublé son chiffre d’affaires, et son action a plongé quand même, à cause de ses dépenses folles dans l’IA.
- Musk reloue à Google et à Anthropic la puissance de calcul que son propre Grok n’a pas su remplir.
- Anthropic loue désormais du calcul chez Google (des TPU) et chez SpaceX (des Nvidia) : la même clé de voûte, deux propriétaires.
- Le marché sanctionne maintenant chaque annonce de dépenses IA, même quand les résultats sont excellents.
- Au bout de la tuyauterie, il y a le Gemini de ton ChromeOS. Et le petit porteur qui tient l’addition.
Une fusée qui monte, une action qui prend l’eau
Regarde d’abord le paradoxe. Mardi 4 août 2026, SpaceX publie ses premiers résultats depuis son entrée en Bourse. Et ils sont bons. Très bons, même. Le chiffre d’affaires grimpe à 7,8 milliards de dollars, loin devant les 6,82 attendus. Soit une hausse de 92 % sur un an. La perte nette ? Environ 541 millions, bien moins que les 2,12 milliards redoutés. Sur le papier, c’est un carton. Tout le monde est content. On applaudit bien fort. On sort le champagne.
Sauf que le lendemain, l’action ouvre en baisse de 8 %. Pourquoi ? Parce que le groupe annonce dans la foulée près de 16 milliards de dollars de dépenses d’investissement1 dans l’IA. Pour des centres de calcul. Soit le double du trimestre précédent. Et bien plus que ce que Wall Street voulait entendre. Pire : la maison prévient que le rythme tiendra encore deux trimestres au moins. En espérant qu’elle aura du souffle.
Ajoute la mécanique boursière. Jeudi, la première période de blocage2 des actions des salariés arrivait à échéance, ce qui pesait déjà sur le cours. Et les fonds indiciels passifs, après l’entrée de SpaceX dans le Nasdaq 100, ont moins acheté que prévu, selon Deutsche Bank. Résultat, l’action a perdu près de la moitié de sa valeur depuis son pic de 225 dollars, atteint la semaine suivant l’introduction. Les vendeurs à découvert3, eux, se frottent les mains : ils tiennent l’équivalent de 34 % du flottant.
Le proprio qui reloue les chambres vides à ses rivaux
Voici le détail savoureux. Ces centres de calcul, baptisés Colossus, n’ont pas été bâtis pour louer. Ils ont été montés par xAI. Puis avalé par SpaceX au début de l’année, pour entraîner le chatbot Grok. Or Grok a décroché. Que veux-tu, il n’était pas bien élevé. Téléchargements en chute, pannes à répétition. Donc la capacité s’est retrouvée en partie vide. Et quand tu as des hangars pleins de cartes graphiques qui tournent dans le vide, tu fais quoi ? Tu sous-loues. Cela prend la poussière. Mais celle des ventilos qui n’arrivent plus à suivre.
Donc tu sous-loues. Mais à qui ? À la concurrence bien sûr. D’abord à Anthropic. Elle verse 1,25 milliard de dollars par mois pour occuper environ 325 000 cartes Nvidia dans les Colossus. Ensuite à Google, qui paie 920 millions par mois pour 110 000 cartes de plus, d’octobre 2026 à juin 2029. À deux, ces contrats pèsent près de 26 milliards par an. Gros paquet de pognons. Autrement dit, plus que tout le chiffre d’affaires de SpaceX l’an dernier.
Et l’aveu est écrit noir sur blanc. Google explique louer cette puissance comme une « capacité passerelle » pour Gemini Enterprise, parce que la demande dépasse ses propres prévisions. Traduction : l’un des plus gros hébergeurs du monde n’a pas assez de calcul. Peur de se faire déborder. Il va en louer chez un vendeur de fusées. En prime, certains analystes parlent déjà de financement circulaire. Je t’explique : Google paie SpaceX. Cela gonfle les comptes de SpaceX juste avant son introduction. Du coup, cela aide l’action à décoller. Tu la reconnais, cette musique ? C’est la boucle du premier papier. Celui à 200 milliards de dollars.
La boucle boucle : Anthropic loue chez Google et chez Musk
Reprends mes deux premières marches. Regarde qui s’assoit où. Dans le pari à 200 milliards, Google était le marionnettiste : investisseur d’Anthropic, concepteur des puces, vendeur, garant des data centers, garant des loyers. Oui, tout cela. Faut avoir les épaules larges. Il occupait toutes les chaises. Anthropic, lui, était le locataire dont les loyers tenaient tout l’édifice.
Aujourd’hui, la chaise a bougé. Google, le grand argentier, devient à son tour locataire. J’espère que tu suis. Il loue des cartes Nvidia chez Musk. Nvidia, justement, ce camp d’en face que ses propres TPU étaient censés étrangler. Et Anthropic ? Il loue désormais du calcul aux deux : chez Google en TPU, chez SpaceX en Nvidia. La même clé de voûte, posée sur deux propriétaires à la fois. Il y a de quoi s’emmêler les pinceaux.
Donc la boucle ne s’est pas cassée. Elle s’est élargie. Les mêmes noms tournent en rond, un cran plus large. Le vendeur, le prêteur, le garant, le locataire et l’actionnaire finissent par être les mêmes poignées de mains. Or une boucle, je te l’ai dit, ça paraît solide tant que ça tourne. Et ça se grippe d’un coup. Bon, comme tu dois être un peu perdu, un petit dessin pour savoir qui est quoi et où exactement.

Le marché a changé d’avis sur l’IA
Monte d’un étage. Oui, encore un. Mais vas-y doucement. Faut pas t’essouffler. Regarde maintenant l’ambiance générale. Ce n’est plus seulement SpaceX qui trinque. C’est tout le monde. En juillet, l’action Alphabet a plongé de plus de 7 %, sa pire séance en un an. Alors qu’elle avait vu son capex 2026 relevé jusqu’à 205 milliards. Mais son cash-flow libre, lui, est passé dans le rouge. Peu importe la hausse de 82 % de son cloud. Meta a dévissé, Amazon a reculé de 8 % après avoir promis 200 milliards. Pareil, Microsoft a souffert. En quelques jours de résultats, les géants ont perdu près de 1 000 milliards de dollars de valeur. C’est presque beau comme gadin. On devrait décerner des médailles d’or.
1 100 milliards de dollars
Le pari IA de cinq patrons pour 2027
Le retournement tient en une phrase. Elle a été soufflée par un gérant. Respire et lis doucement. Avant, plus on dépensait, mieux c’était. Maintenant, c’est l’inverse. La dépense d’hier était une promesse. Celle d’aujourd’hui est un soupçon. Et ce soupçon a un socle. Selon Morgan Stanley, un banquier, cinq géants engloutiront à eux seuls, en 2027, davantage que le budget de l’armée américaine. Compte cela en soldats, avions et autres pétards. Cela fait du monde, là. À peu près 3 % de la richesse produite par tout le pays, décidés par cinq patrons. Un, deux, trois, quatre, cinq. Pas plus.
Donc, la nervosité déborde déjà sur les puces. L’indice des semi-conducteurs de Philadelphie avait pris 101 % sur la première moitié de l’année. Puis juillet est arrivé, et il en a rendu 17 %. Une volatilité qu’on n’avait plus vue depuis 2008. Tu te souviens de 2008 ? Moi aussi. C’était l’année des subprimes. Des machins pourris à l’intérieur. Avec un papier doré pour faire joli.
La dépense explose, la rentabilité traîne des pieds
Voici la question qui fâche. Toute cette montagne d’argent, elle rapporte quoi, au juste ? Car la promesse, c’est un raz-de-marée d’usage qui justifierait la note. Or le raz-de-marée se fait attendre. L’adoption progresse, d’accord. Elle est réelle. Mais elle reste tiède, et surtout très inégale. Comme un océan, un jour de grande tempête.
Un contenu de qualité, sans publicité.
Vous aimez notre travail ? Soutenez notre indépendance en devenant membre sur Patreon.
Soutenir MyChromebook.frEt l’usage, alors ? Il a fini par décoller. Même en bas, chez les employés de terrain. Ils sont désormais près des trois quarts à s’en servir régulièrement, selon BCG, contre à peine la moitié un an plus tôt. Donc non, ce n’est plus un problème d’adoption. Le hic est ailleurs. Car pendant que tout le monde pianote, la rentabilité, elle, se fait toujours attendre. Comme les vaches. Elles attendent le train. Mais lui ne passe pas. À peine une entreprise sur trois dit tirer un vrai retour de son IA générative. Tu vois le grand écart ? On branche des centrales entières. On dépense des fortunes. En face, le retour sur investissement joue les abonnés absents. Bip. Bip…..
Et pendant que l’usage patine, les revenus, eux, se maquillent. Comme la grande Zaza ? Presque. SpaceX affiche des revenus IA multipliés par trois, à 2,56 milliards. Sauf que l’essentiel vient de la location de ses data centers à ses rivaux. Pas d’une IA maison qui cartonne. Son directeur financier promet plus de 100 milliards de revenus récurrents annuels4 d’ici la fin de l’année. Goldman Sachs, qui a mené l’introduction, voit ces revenus IA multipliés par 100 d’ici 2030. Et Musk annonce 1 000 milliards de chiffre d’affaires avant la fin de la décennie. Des chiffres à faire tourner la tête. Prêt à les compter ?
Quand la tech devient inflationniste
Maintenant cette course au « toujours plus » a un effet que tu vas sentir, toi aussi. On va parler des puces mémoire. Celles qu’on colle dans les serveurs. Comme dans ton futur ordinateur. Elles ont vu leur prix grimper fortement sur l’année, selon Morgan Stanley. Pénurie de composants, tensions sur les matières premières : la boulimie de l’IA aspire tout. Et quand un secteur aspire tout, les prix montent pour les autres. Souviens-toi de mon vieux papier sur les prix informatiques qui repartent à la hausse. Même histoire.
Ensuite, il y a le coût de l’argent. Les géants ont emprunté plus de 400 milliards de dollars cette année pour financer la fête. Or plus tu empruntes, plus tu pèses sur les taux. Et la banque centrale américaine, elle, n’a pas bougé fin juillet. On pensait que le taux directeur allait bouger. À la baisse. Ben non ! Donc l’argent reste cher. La fête continue, mais on la finance de plus en plus à crédit. Comme dans le deuxième papier. Où même Google, le colosse, transpirait en levant 80 milliards en actions pour combler son trou.
Et au Texas, les voisins claquent la porte
Le vent ne tourne pas qu’en haut, chez les marchés boursiers. Il tourne aussi en bas, chez les habitants. Souviens-toi du campus texan de mon deuxième papier, celui de Hubbard, loué à Anthropic. Eh bien, les Texans, on leur a demandé leur avis sur ces data centers qui poussent près de chez eux. Et la réponse est sèche. Très sèche même.
D’après une enquête de l’université du Texas à Austin (à retrouver dans les liens en bas), à peine 29 % des sondés sont pour la construction d’un centre de données près de chez eux. Contre 56 % opposés. En milieu rural, c’est pire : 22 % pour, 62 % contre. En banlieue, à peine mieux. La défiance monte, en effet, portée par une peur simple : près d’un habitant sur deux attend un impact négatif sur l’économie. Et ils ne parlent pas dans le vide : 91 % ont entendu parler de l’IA, 80 % de ces fameux centres de données.
Résultat, le sujet devient politique. Le gouverneur de cet État freine. Ce qui devait être un simple chantier discret se transforme en enjeu électoral. La ruée vers l’IA, on te la vend comme une évidence tranquille. Sur le terrain texan, ceux qui vivent à côté n’en veulent pas. Et ça, aucun montage financier ne le refinance.
Et toi, devant ton Chromebook ?
Tu vas me redire que tout ça, c’est loin. Une fusée, un Texas, des banquiers. Sauf que non. Ces cartes graphiques louées à prix d’or, elles font tourner Gemini. Ce même Gemini que Google enfonce dans ton ChromeOS, dans ta barre d’adresse, bientôt dans le moindre recoin des Googlebook. Cela te semble simple. Tu cliques sur un bouton. Hop, elle est là. À volonté. Tu poses une question. Et elle part où ? Dans une entreprise de fusées. Dont tu n’apprécies pas forcément le patron. Pourtant tu l’enrichis.
Ajoute une dernière donnée, et tu comprendras pourquoi ça te concerne vraiment. La tech pèse aujourd’hui autour de 35 % de la Bourse états-unienne. Donc si cette boucle se grippe, ce n’est pas qu’un feuilleton pour traders en costume. Pas que leurs suicides en se jetant des fenêtres. C’est l’épargne des ménages qui vacille. Tu peux être sûr que le ricochet arrive jusqu’aux Bourses européennes. Jusqu’à ton livret, peut-être.
Alors la prochaine fois qu’on te vend l’IA comme une fonctionnalité magique et gratuite, souviens-toi de l’escalier. Un montage à 200 milliards. Une patate chaude de 15 milliards que personne ne veut garder. Et une fusée qui reloue ses chambres vides à ses concurrents pendant que son action rentre dans l’atmosphère. La musique joue encore. Fort, même. Reste à savoir qui paiera l’addition quand elle s’arrêtera. Indice : ce ne sera pas Musk. Il sera peut-être sur Mars.
Notes de bas de page
- Dépenses d’investissement (capex) : l’argent qu’une entreprise met dans ses murs, ses machines et son matériel durable, ici surtout des cartes graphiques et des centres de données. À ne pas confondre avec les dépenses courantes. ↩︎
- Période de blocage (lock-up) : délai après une entrée en Bourse pendant lequel les salariés et les premiers actionnaires ne peuvent pas vendre leurs actions. Quand il expire, une vague de ventes peut faire baisser le cours. ↩︎
- Vente à découvert : parier sur la baisse d’une action en la vendant avant de l’avoir. Le flottant désigne la part des actions réellement disponibles à l’achat sur le marché. ↩︎
- Revenus récurrents annuels (ARR) : projection sur douze mois des revenus qui reviennent de façon régulière, comme des abonnements ou des loyers de calcul. Une promesse, pas un encaissement déjà en banque. ↩︎
1 – Pas de tuto ChromeOS, mais l’histoire d’un pari à 200 milliards de dollars fait par Google
La patate chaude à 15 milliards qui fait tourner ton IA
Sources pour aller plus loin :
- Financial Times, George Hammond et Rafe Rosner-Uddin, 4 août 2026 (mis à jour le 5 août) : SpaceX inquiète les marchés avec ses dépenses IA malgré un chiffre d’affaires presque doublé
- CNBC : pourquoi Google va payer 920 millions de dollars par mois à SpaceX pour du calcul xAI
- TechCrunch : le détail du contrat Google/SpaceX, 110 000 GPU Nvidia jusqu’en 2029
- Fortune : comment la location de calcul est devenue le vrai moteur de la valorisation de SpaceX
- Fortune : le marché en révolte contre les dépenses IA, Alphabet plonge de 7 % malgré un cloud en hausse de 82 %
- BCG, AI at Work 2026 (4e édition, juin 2026) : l’adoption de l’IA par les employés de terrain bondit à 74 % d’utilisateurs réguliers, l’écart avec les dirigeants se referme
- Writer, Enterprise AI adoption 2026 : seulement 29 % des entreprises voient un vrai retour sur l’IA générative, près de la moitié parlent de « déception massive »
- Les investissements record de la tech américaine ne font plus rêver les marchés (accès abonné)
- Texas Politics Project (UT Austin) : l’opposition des Texans aux data centers reflète leur ambivalence face à l’IA
- Le billet d’analyse du sondage de juin 2026 (course au Sénat, backlash data centers, exposition médiatique de l’IA)
- La page « Polling » avec les données brutes téléchargeables (toplines, crosstabs)
Questions fréquentes
Pourquoi l’action SpaceX a-t-elle chuté malgré de bons résultats ?
Parce que le marché ne regarde plus le chiffre d’affaires, mais les dépenses. SpaceX a annoncé près de 16 milliards de dollars d’investissements dans l’IA, le double du trimestre précédent. Les investisseurs craignent que ces sommes ne soient pas rentabilisées assez vite. Un excellent chiffre d’affaires ne suffit plus à les rassurer.
Quel rapport entre SpaceX et mon Chromebook ?
Les cartes graphiques que SpaceX loue à Google servent à faire tourner Gemini, l’IA que Google intègre dans ChromeOS, dans le moteur de recherche et bientôt dans les Googlebook. L’assistant de ton ordinateur repose donc, en partie, sur une infrastructure financée et sous-louée par une entreprise de fusées. Si cette chaîne coince, ton IA du quotidien en subit le prix.
La bulle de l’IA va-t-elle éclater ?
Personne ne peut le prédire. Ce qu’on peut constater, c’est que les signaux de prudence se multiplient : dépenses colossales, rentabilité incertaine, marché qui sanctionne chaque annonce de capex, rejet local des data centers. La musique joue encore, mais de plus en plus d’acteurs regardent où est la sortie. C’est un avertissement, pas une date.
Produits les plus vendus
LG Ultrafine™ 27U411A-B Écran PC 27" Le prix initial était : 104,99 €.88,99 €Le prix actuel est : 88,99 €.Voir le produit
ASUS Moniteur de Jeu VY249HGR Eye Care – 23,8 Pouces FHD (1920 x 1080) Le prix initial était : 129,99 €.79,00 €Le prix actuel est : 79,00 €.Voir le produit
KOORUI 24'' Ecran PC Gamer Incurvé, 180Hz 1ms Le prix initial était : 139,99 €.99,99 €Le prix actuel est : 99,99 €.Voir le produitCKB SHOW : Le Podcast
Rejoignez-nous chaque semaine pour décortiquer l'actualité Google, les dernières sorties Chromebook et les innovations en matière d'IA.
