Au début du mois d’avril, j’ai publié un article expliquant qu’Apple nous refaisait le coup de l’iPod, menaçant par là même l’avenir des Chromebook. A la suite de cet article, Bernard, un fidèle lecteur du site a mis le commentaire suivant “….concernant le problème du prix des mémoires bien que totalement néophyte il me semble avoir lu récemment que justement Google développait un logiciel pour réduire et / ou optimiser la consommation de mémoire lors de l’utilisation des CBK”. Est-ce le cas ? Il y a-t-il un logiciel en développement chez Google, pour optimiser la mémoire ?
Alors, oui Google a effectivement mis les bouchées doubles ces derniers mois pour transformer nos machines, même les plus modestes, en bêtes de course d’efficacité. Non, il ne développe pas un logiciel spécifique pour la gestion de la mémoire, mais plutot il optimise un certain nombres de points, permettant de gérer au mieux celle-ci. Pour bien comprendre la démarche de Google, je vous propose une plongée profonde dans les entrailles de ChromeOS comme de Google Chrome pour comprendre comment Google est en train de réinventer la gestion de la mémoire. Et on constate que c’est un ensemble de points qui donne finalement plus de possibilité au Chromebook.
A retenir :
Par la convergence structurelle du Projet Aluminium et l’intégration de l’algorithme Multi-Gen LRU au sein du noyau, Google élimine la surcharge liée à la virtualisation pour maximiser l’efficience énergétique et logicielle des Chromebook.
L’économiseur de mémoire : Le chef d’orchestre de vos onglets
Pendant des années, Google Chrome a traîné une réputation de « glouton » de RAM. En 2025-2026, cette image appartient au passé grâce à l’économiseur de mémoire.
Comment ça marche concrètement ?
Le logiciel identifie les onglets que vous n’avez pas consultés depuis un certain temps et libère la mémoire qu’ils occupent. L’onglet reste visible dans votre barre, mais il est mis en « veille profonde ». Cela concerne :
- Le mode « Maximum » : Nouveauté récente, ce réglage est ultra-agressif. Dès qu’un onglet quitte votre champ de vision, il est compressé. Résultat ? Jusqu’à 40 % de gain de mémoire immédiat.
- La détection intelligente : Le système est désormais capable de comprendre que l’onglet qui joue de la musique ou celui qui télécharge un fichier ne doit jamais être suspendu.
La révolution structurelle de 2026
C’est ici que l’information pour Bernard devient vraiment interessante. Google a effectivement entamé une transition majeure : la fusion des bases techniques de ChromeOS et d’Android.
Pourquoi c’est une révolution ?
Jusqu’ici, faire tourner une application Android sur un Chromebook revenait à faire rouler une voiture à l’intérieur d’un camion (via une machine virtuelle appelée ARCVM). C’était lourd et gourmand en RAM.
Avec le projet Aluminium, Google supprime cette surcouche. Les applications Android tournent désormais de manière beaucoup plus native, partageant les mêmes ressources que le navigateur. On parle d’une économie de 500 Mo à 1 Go de RAM rien qu’en supprimant le processus de virtualisation en arrière-plan. Pour un Chromebook de 4 Go, c’est une bouffée d’oxygène monumentale.
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Soutenir MyChromebook.frMGLRU : Le cerveau qui anticipe vos besoins
Sous le capot, dans le noyau (kernel) Linux qui propulse les Chromebook, Google a déployé une technologie au nom barbare : Multi-Gen LRU (MGLRU). Même moi je n’arrive pas à la prononcer ! Derrière cet acronyme se cache un algorithme de prise de décision. Imaginez un bibliothécaire extrêmement efficace qui sait exactement quels livres vous allez rendre et lesquels vous allez garder en main. Le Multi-Gen ou MGLRU réduit les décisions d’expulsion de mémoire erronées, cela a donc un impact technique. Cela entraîne une réduction de 40 % des plantages du système dus au manque de mémoire (les fameux « Aïe, ça ne répond plus« ). Même quand la RAM est pleine à 95 %, le système reste fluide.
La magie de la zRAM : La mémoire « élastique »
On ne peut pas parler d’optimisation sur Chromebook sans mentionner la zRAM, que Google a encore perfectionnée cette année. Plutôt que d’écrire les données sur le disque dur (lent) quand la RAM est pleine, ChromeOS crée un espace compressé à l’intérieur même de la RAM.
| Technologie | Rôle principal | Bénéfice utilisateur |
| Memory Saver | Gère les onglets inactifs. | Plus d’onglets ouverts sans ralentissement. |
| MGLRU | Optimise le noyau Linux. | Moins de plantages et de lags système. |
| zRAM | Compresse les données en RAM. | Double virtuellement la capacité de mémoire. |
| Project Aluminium | Unifie Android et ChromeOS. | Lance les apps instantanément. |
Faut-il installer un logiciel tiers ?
C’est le point où je serais très ferme. Faut-il installer un logiciel tiers pour la gestion de la mémoire sur un Chromebook ? La réponse est : non. Contrairement à Windows ou MacOS où des utilitaires tiers peuvent parfois aider, ChromeOS est un système « verrouillé » et optimisé verticalement. Google contrôle tout, du noyau Linux jusqu’à l’interface de Chrome. Les extensions « RAM Booster » que l’on trouve sur le Web Store sont souvent contre-productives car elles interfèrent avec les algorithmes natifs de Google (comme MGLRU) qui sont bien plus performants.
Maintenant si comme Bernard vous voulez gérer au mieux la mémoire de votre Chromebook, je vous invite à aller dans chrome://settings/performance/mémoire. C’est à cette section du navigateur Google Chrome que l’on peut activer le mode pour libérer la RAM des onglets inactifs. Une chose est sûre, Google n’a jamais autant investi dans la légèreté de son système, prouvant que l’intelligence logicielle peut largement compenser une fiche technique modeste. Bernard avait donc non seulement raison, mais il est pile au cœur de la plus grande mutation de l’histoire des Chromebook.
Foire Aux Questions (FAQ)
Est-il nécessaire d’installer un logiciel tiers pour libérer de la mémoire ?
Non. ChromeOS est optimisé verticalement. Les extensions de « RAM Boosting » sont souvent contre-productives et interfèrent avec les algorithmes natifs de Google qui gèrent déjà la mémoire au niveau du noyau.
Qu’est-ce que le mode « Maximum » de l’économiseur de mémoire ?
C’est un réglage ultra-agressif qui compresse ou suspend un onglet dès qu’il n’est plus au premier plan, permettant un gain de mémoire immédiat allant jusqu’à 40 %.
Pourquoi le Projet Aluminium change-t-il la donne pour les applications Android ?
Il supprime la machine virtuelle ARCVM (très gourmande) pour faire tourner les applications Android de manière native, libérant instantanément entre 500 Mo et 1 Go de RAM.




