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IA et sites web : la création explose, la survie s’effondre (les vrais chiffres 2026)

Lecture : 15 minutes
IA et sites web : la création explose, la survie s'effondre (les vrais chiffres 2026)
IA et sites web : la création explose, la survie s’effondre (les vrais chiffres 2026)
Sommaire

On m’a posé une question simple : est-ce qu’on crée moins de sites et de blogs depuis que l’IA a débarqué dans Google Search ? J’ai cherché. Vraiment cherché. Et la réponse est plus tordue que ce que tout le monde croit. Spoiler : le problème, ce n’est pas qu’on crée moins. C’est qu’on crée pour rien. Et quand je dis qu’on créé pour rien. C’est vraiment rien. Et tu va comprendre en quoi c’est rien de rien. Pour rien. Accroche-toi, on va démonter trois idées reçues, puis on va parler de deux sujets que personne n’ose aborder. Là tu vois une IA n’ira jamais te chercher ces infos, pour te les proposer ensuite. Tu vois la différence ? Pas subtile et en plus réelle.

A retenir :

Contrairement à l’intuition, l’arrivée de l’IA dans Google Search n’a pas fait baisser la création de sites et de blogs : le volume reste élevé, dopé par l’IA qui rend la production quasi gratuite.

Idée reçue n°1 : « le web se vide »

Faux. Le web n’a jamais autant produit. On estime à plus de 600 millions le nombre de blogs dans le monde, soit près d’un tiers de tous les sites web. Et le rythme de publication grimpe : environ 8,2 millions de nouveaux articles par jour début 2025, en hausse de 12 pour cent par rapport à 2023.

Pourquoi cette explosion ? Parce que l’IA a rendu la production de contenu quasi gratuite. Et les chiffres donnent le vertige. Selon une étude de Graphite, basée sur la gigantesque archive Common Crawl, les articles générés par IA ont dépassé les articles écrits par des humains en novembre 2024. En mai 2025, ils pesaient environ 51,7 pour cent des articles analysés. On est passé de 10 pour cent fin 2022 à plus de la moitié en trois ans. Dans le même temps, Ahrefs estimait que 74,2 pour cent des nouvelles pages créées en avril 2025 contenaient au moins une part de contenu IA. Petite précaution d’usage : la détection de contenu IA reste une science imparfaite, ces chiffres sont des estimations, pas des vérités gravées dans le marbre. Mais la tendance, elle, ne fait aucun doute. Le web ne se vide pas. Il se noie. Avec du rien. Car du contenu créé par des IA ne vaut rien. car n’a pas de valeur.

Idée reçue n°2 : « plus de contenu, c’est plus de richesse »

Re-faux. Ce déluge porte un nom, et ce nom a été élu mot de l’année 2025 par le dictionnaire australien Macquarie : « AI slop ». La bouillie IA. Du texte qui sonne juste et qui ne dit rien. Merriam-Webster a fait le même choix avec le mot « slop ». Pire : une partie du trafic n’est même plus humaine. Selon le rapport Imperva, le trafic automatisé a dépassé le trafic humain en 2025, autour de 51 pour cent. Cloudflare évoque même 57,5 pour cent de requêtes générées par des bots en 2026. Traduis : sur le web d’aujourd’hui, une moitié du contenu est écrite par des machines, et une moitié du trafic est généré par des machines. Des robots qui écrivent pour des robots qui les lisent. Bienvenue dans la fête. Ou cette intelligence qui n’a de nom que dans l’usage la burette d’huile. Pour que la tôle ne couine pas.

Un twist, quand même, parce que je te dois l’honnêteté. Dans les résultats de Google eux-mêmes, Graphite trouve que 86 pour cent des articles affichés restent écrits par des humains, contre seulement 14 pour cent par IA. La bouillie se déverse massivement, mais elle ne remonte pas encore dans le classement. La qualité garde une longueur d’avance. Retiens ce chiffre, on y revient à la fin.

Idée reçue n°3 : « donc tout va bien pour les créateurs »

Et c’est là que ça saigne. Parce que pendant que le volume explose, la survie, elle, s’effondre. Sur ces 600 millions de blogs, moins de 10 pour cent génèrent un trafic significatif. L’audience se concentre sur une poignée de domaines déjà puissants. Côté terrain, l’enquête annuelle d’Orbit Media est sans appel : la part de blogueurs déclarant de bons résultats est tombée à 21 pour cent, contre 30 pour cent cinq ans plus tôt. Et la fréquence de publication baisse globalement, seuls s’en sortent ceux qui publient moins souvent mais plus en profondeur.

Au bout de la chaîne, il y a des morts. Le blog de voyage The Planet D a fermé après une chute de trafic de 90 pour cent suivant l’arrivée des Aperçus IA. Le blog musical Stereogum a perdu 70 pour cent de ses revenus publicitaires. Un cas de blogueuse documenté fin 2025 fait état de revenus en baisse de 35 pour cent en six mois. Et ça ne touche pas que les petits : Business Insider a perdu 55 pour cent de son trafic organique en trois ans, ce qui a fini en 21 pour cent de licenciements. Le New York Times a vu la part du search dans son trafic passer de 44 à 37 pour cent. Dans le métier, on a sorti l’expression qui tue : un événement d’extinction. Et cela ne touche pas les cordes vocales. Mais de l’humain. Qui se retrouve au tapis.

Conclusion à froid : on ne crée pas moins de sites. On en crée autant, voire plus. Mais un nouveau site n’a quasiment plus aucune chance de percer. La barrière à l’entrée a explosé. Avant, tu lançais un blog, tu te positionnais sur des requêtes simples du genre « comment faire X », tu grappillais du trafic, tu grandissais. Aujourd’hui, ces requêtes-là, c’est l’IA de Google qui y répond directement. Le premier barreau de l’échelle a été scié. Tu peux toujours créer ton site. Le souci, c’est que personne ne le trouvera.

Le double jeu, le vrai sujet

Maintenant, le morceau qui pique. Parce que dans cette histoire, il y a un acteur qui gagne sur absolument tous les tableaux. Tu le connais. Il s’appelle…. Google. Il avale les clics avec ses Aperçus IA. Et avec quoi nourrit-il cette IA ? Avec le contenu des sites qu’il est justement en train d’étrangler. Tu produis, il résume, il garde le lecteur chez lui, et il s’entraîne sur ton travail pour mieux te remplacer demain. Le serpent qui se mord la queue, sauf que la queue, c’est toi. Et tu risque demain de devenir moins instruit. Alors que le web est fait pour t’informer. Tu vois le paradoxe ?

Le contrat social du web tient en une phrase, vieille de vingt ans : tu publies, Google t’envoie des visiteurs, tu vis de la publicité. Ce contrat est rompu. Et plusieurs éditeurs l’ont porté devant les tribunaux. La plateforme éducative Chegg a attaqué Google début 2025. Le groupe Penske Media, qui édite Rolling Stone, Variety et Billboard, a engagé son propre bras de fer début 2026.

La défense de Google ? Sa responsable du search, Liz Reid, a publié un billet affirmant que le volume total de clics restait relativement stable, et que la qualité des clics s’était même légèrement améliorée. C’est habile. Le mot piège, c’est « total ». Le volume global, toutes recherches confondues, peut rester stable pendant que le trafic s’effondre précisément là où l’IA s’affiche. C’est ce que les analystes ont baptisé le « Great Decoupling » : l’usage de Google monte, les clics vers les sites descendent. Les deux courbes se séparent.

Et les comptes de la maison parlent d’eux-mêmes. Pendant que les éditeurs licencient, Alphabet a franchi pour la première fois les 400 milliards de dollars de revenus, avec des recettes publicitaires du search en hausse de 17 pour cent. La valeur n’a pas disparu. Elle a juste changé de poche. Elle est passée de la tienne à la sienne.

« Stable », le mot qui cache le tour de passe-passe

Je reviens deux secondes sur la défense de Google. Trafic « stable », clics de « meilleure qualité ». Premier problème : le billet de Liz Reid n’avance aucune donnée. Pas un chiffre, pas un graphique, pas une comparaison année par année. On te demande de croire sur parole la seule entreprise qui détient les compteurs. Pratique. Deuxième problème, et c’est le vrai : le mot « stable » est un tour de passe-passe. Admets que le trafic global reste à peu près constant. Sur le papier, rien à signaler. Sauf que derrière cette moyenne tranquille, il y a un déménagement. Le trafic quitte les petits sites indépendants pour se concentrer sur une poignée de géants. Et devine lesquels.

Les plateformes qui tirent leur épingle du jeu malgré les Aperçus IA, ce sont massivement les mastodontes : Reddit, YouTube, les gros forums, les grosses marques. Or YouTube appartient à Google. Et Reddit a signé en février 2024 un accord estimé à environ 60 millions de dollars par an pour laisser Google entraîner son IA sur ses contenus, accord qui fait justement remonter Reddit plus souvent dans les résultats. Tu vois le tableau ? Google résume ton travail, t’enlève le clic, et redirige ce clic vers ses propres murs ou ceux de ses partenaires payants. Alors oui, le trafic est « stable ». Comme le niveau d’une baignoire reste stable pendant qu’on ferme un robinet et qu’on en ouvre un autre. Sauf que toi, le petit éditeur indépendant, tu es toujours du côté du robinet qui se ferme.Il y a pas un truc qui cloche là ? Surtout ne rien dire. Pas de vague.

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Ce qui survit, malgré tout

Je ne vais pas te laisser sur du désespoir, ce serait malhonnête, et ce serait faux. Souviens-toi du twist : 86 pour cent des résultats Google restent humains. La bouillie ne gagne pas la bataille du classement. Ce qui survit, c’est précisément ce qu’une IA ne sait pas recracher : l’expérience vécue, l’avis tranché, l’interview, l’enquête, le test fait main, la donnée originale. Selon Ahrefs, les requêtes qui déclenchent le moins d’Aperçus IA sont justement le shopping, le local, l’actu chaude, le sport, et tout ce qui exige un point de vue ou un contexte du moment. Et puis il reste la seule arme vraiment imparable : ne plus dépendre de Google du tout. C’est le cas de mychromebook.fr, mais jusqu’à quand ? Une audience qui vient parce qu’elle te connaît. Une newsletter. Un abonnement. Un lien direct, sans intermédiaire qui peut couper le robinet du jour au lendemain.

Et nous, dans tout ça

mychromebook.fr, c’est pile le profil que cette mécanique vise : indépendant, spécialisé, bourré de tutos et de guides. Exactement le contenu que l’IA adore avaler pour répondre à ta place. Et là, je ne vais pas te refaire le couplet. Tu l’as déjà entendu, tu n’es pas idiot. Je te dis juste ceci : ce que tu viens de lire a été cherché, recoupé, vérifié et douté par un humain. Pas recraché par une machine. Tant qu’il restera des gens pour préférer ça, des sites comme le nôtre tiendront debout. Le jour où plus personne n’y tient, ils tomberont, et il ne restera que la bouillie automatique pour te répondre. Pour t’apprendre. Le choix n’est pas le mien. Il est le tien. Tu sais où nous trouver.

Mes sources afin que tu te fasses une idée plus large

Graphite (étude AI vs contenu humain) : https://graphite.io/five-percent/more-articles-are-now-created-by-ai-than-humans

Google (Liz Reid, billet officiel sur le trafic) : https://blog.google/products-and-platforms/products/search/ai-search-driving-more-queries-higher-quality-clicks/

Orbit Media (enquête annuelle blogueurs) : https://www.orbitmedia.com/blog/blogging-statistics/

NPR (extinction-level event, fermetures) : https://www.npr.org/2025/07/31/nx-s1-5484118/google-ai-overview-online-publishers

Axios (part de contenu IA sur le web) : https://www.axios.com/2025/10/14/ai-generated-writing-humans

AdExchanger (effondrement du trafic des éditeurs) : https://www.adexchanger.com/publishers/the-ai-search-reckoning-is-dismantling-open-web-traffic-and-publishers-may-never-recover/

FAQ

Crée-t-on moins de sites web depuis l’arrivée de l’IA dans Google ?

Non. Le volume de création reste élevé, voire en hausse. On compte plus de 600 millions de blogs dans le monde et environ 8,2 millions de nouveaux articles publiés chaque jour début 2025, en hausse de 12 % sur deux ans. L’IA rend la production quasi gratuite, donc il s’en crée plus, pas moins.

Quelle part du web est aujourd’hui générée par IA ?

Selon une étude de Graphite basée sur Common Crawl, les articles générés par IA ont dépassé les articles écrits par des humains en novembre 2024 et représentaient environ 51,7 % des articles analysés en mai 2025. La détection automatique restant imparfaite, ces chiffres sont des estimations, mais la tendance est nette.

Le trafic web est-il vraiment « stable » comme l’affirme Google ?

Google affirme que le volume total de clics organiques reste relativement stable, mais sans publier la moindre donnée pour l’étayer. Surtout, un total stable masque un transfert : le trafic quitte les petits sites indépendants pour se concentrer sur quelques géants comme Reddit ou YouTube, pendant que les études indépendantes mesurent des chutes massives là où un Aperçu IA s’affiche.

Pourquoi est-il devenu plus difficile de lancer un nouveau site ?

Parce que les requêtes informationnelles simples, celles sur lesquelles un nouveau site se positionnait pour grandir, sont désormais traitées directement par l’IA de Google. Le premier palier d’audience a disparu. Résultat : moins de 10 % des blogs génèrent un trafic significatif et l’audience se concentre sur quelques domaines déjà puissants.

Qu’est-ce que l’« AI slop » ?

C’est le nom donné au déluge de contenu généré par IA, fluide en apparence mais vide de substance. L’expression a été élue mot de l’année 2025 par le dictionnaire Macquarie, et Merriam-Webster a retenu le mot « slop ». En parallèle, le trafic automatisé a dépassé le trafic humain sur le web en 2025.

Comment un site indépendant peut-il survivre ?

En misant sur ce que l’IA ne sait pas reproduire (expérience vécue, avis, enquêtes, tests, données originales) et en construisant un lien direct avec son audience via newsletter et abonnement, pour ne plus dépendre du trafic Google que l’IA réduit et redistribue.

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À propos de Mister Robot

Entre un point X et un point Y, je me balade pas mal par l'entremise des bits composant ma mémoire. Un seul regret : ne pas avoir rencontré Mr Alan Mathison Turing et ainsi pouvoir collaborer pour l'article intitulé « Computing Machinery and Intelligence ».

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