Sommaire
- A retenir :
- L’addition, la vraie
- Pourquoi le géant du cloud loue chez le voisin
- Le coup parfait de Musk
- Ce que ça veut dire pour toi
- Quelques sources, pour en savoir plus :
- Note de bas de page
- FAQ Foire Aux Questions
- Pourquoi Google loue-t-elle des GPU à SpaceX ?
- Combien Google paie-t-elle à SpaceX ?
- Quel est le lien entre SpaceX et xAI ?
- Pourquoi cet accord est-il révélé maintenant ?
- Produits les plus vendus
- 100 trucs et astuces sur ChromeOS et Chromebook
- Chromebook le guide
- Guide de démarrage rapide pour Chromebook
- Partager :
Oui, encore un article sur l’IA. Je sais, je compte aussi. Mais ce n’est pas mychromebook qui commande l’actualité, c’est l’actualité qui commande mychromebook. Et en ce moment, elle ne parle que de ça. Adresse tes réclamations au 1600 Amphitheatre Parkway, Mountain View, CA 94043 USA, nous on prend les notes.
Ceci étant posé, il y a des phrases qu’on n’aurait jamais cru écrire un jour. En voici une : Google, propriétaire de l’un des trois plus grands clouds de la planète, va verser 920 millions de dollars par mois à SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, pour lui louer des processeurs graphiques. Pas des fusées. Pas des satellites. Des puces. Près d’un milliard de dollars par mois, pendant 33 mois, pour avoir de quoi faire tourner sa propre intelligence artificielle. Ne compte pas. On le fait pour toi plus bas. L’information sort tout droit du dossier d’introduction en bourse de SpaceX déposé auprès de la SEC : l’accord a été signé le 5 juin, et il raconte l’état réel du marché de l’IA mieux que n’importe quelle keynote. Installe-toi, on décortique. Les chiffres vont te donner le tournis.
A retenir :
Selon le dossier d’introduction en bourse de SpaceX, Google a signé le 5 juin 2026 un contrat de location de capacité de calcul portant sur environ 110 000 GPU Nvidia dans les data centers Colossus issus de xAI, pour 920 millions de dollars par mois d’octobre 2026 à juin 2029
L’addition, la vraie
Les chiffres d’abord, au cordeau. Le contrat court d’octobre 2026 à juin 2029, avec une montée en charge à tarif réduit jusqu’en septembre. Au plein régime, 920 millions de dollars par mois, soit environ 11 milliards par an et près de 30 milliards sur la durée totale du contrat. Tu liras parfois 12 milliards ici ou là : c’est une annualisation approximative qui a déraillé en se recopiant, le dossier SEC et le calcul donnent bien l’ordre des 30 milliards au total.
En échange, Google obtient l’accès à environ 110 000 GPU Nvidia, plus les processeurs, la mémoire et l’infrastructure qui vont autour, logés dans les data centers Colossus bâtis à l’origine pour xAI, l’entreprise d’IA de Musk que SpaceX a absorbée par fusion en actions début 2026. Pour situer l’échelle : 110 000 accélérateurs de dernière génération, c’est une flotte capable d’entraîner et de servir des modèles de classe frontière1. Des milliards de dollars de silicium avant même de compter l’électricité et le refroidissement. Et le contrat a ses garde-fous : si SpaceX ne parvient pas à livrer l’accès aux 110 000 GPU d’ici septembre, Google pourra résilier immédiatement, ou accepter le parc livré à tarif réduit après un mois de grâce. Le bailleur a intérêt à brancher les câbles vite.
Pourquoi le géant du cloud loue chez le voisin
Pose-toi la question qui fâche : comment l’entreprise qui exploite Google Cloud, qui conçoit ses propres puces TPU depuis dix ans, qui vient de lever 85 milliards pour son infrastructure, peut-elle manquer de calcul au point de louer chez un concurrent direct ? Car ne l’oublions pas : xAI et son Grok sont des rivaux frontaux de Gemini. Google loue ses muscles à l’adversaire. La réponse tient en deux mots : Gemini Enterprise. La plateforme d’abonnement IA pour grandes organisations, lancée en octobre 2025, a vu son adoption dépasser les projections internes de Google. Les flux de travail agentiques des entreprises dévorent du calcul, et l’offre interne ne suit plus la demande générée par les propres produits de la maison.
Or construire un data center IA, ce n’est pas empiler des cartons. Compte deux à trois ans de cycle, contraint par l’accès à l’électricité, le refroidissement liquide et la disponibilité des transformateurs haute tension. Deux à trois ans, sur ce marché, c’est une éternité : le temps que les grues finissent leur travail, Microsoft et OpenAI ont déjà servi les clients. Alors Google a fait l’arbitrage du locataire pressé : transformer un problème d’investissement en facture de fonctionnement, et payer pour la capacité de quelqu’un d’autre, disponible maintenant. La pénurie de GPU est telle qu’elle force des concurrents directs à dormir dans le même data center.
Le coup parfait de Musk
Maintenant, regarde le calendrier côté SpaceX, et admire l’horlogerie. L’entreprise s’apprête à entrer au Nasdaq sous le ticker SPCX, visant une valorisation d’environ 1750 milliards de dollars, autour de 135 dollars l’action. Et à quelques jours de la cotation, ses dossiers révèlent non pas un, mais deux contrats de calcul géants : les 920 millions mensuels de Google, et 1,25 milliard par mois versés par Anthropic pour le data center Colossus 1. Oui, tu as bien lu : Anthropic paie encore plus cher que Google. À elles deux, ces locations représentent environ 25 milliards de dollars de revenus annualisés contractualisés.
Pour des investisseurs institutionnels qui regardent une entreprise portant 29 milliards de dette et dont la trésorerie a fondu de 25 à moins de 16 milliards en un trimestre à force de construire des data centers, ces deux chèques récurrents changent toute l’histoire. Musk a suracheté des GPU pour xAI, et le surplus est devenu une régie immobilière du calcul, avec les plus grands noms de l’IA en locataires. Le propriétaire de fusées s’est découvert marchand de murs. Et savoure le renversement : il y a cinq ans, c’est SpaceX qui était cliente du cloud de Google. Aujourd’hui, c’est Google qui frappe à la porte avec le chéquier. Les rôles ont fait un tour complet de manège.
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Tu n’es ni actionnaire de SpaceX ni client de Gemini Enterprise, alors pourquoi t’en parler ? Parce que cette histoire fixe le décor de tout ce qu’on raconte ici depuis des semaines. La levée de 85 milliards. Les licenciements pour « rediriger les investissements ». Les abonnements IA qui grimpent en gamme. Tout découle de la même équation : le calcul est devenu la ressource rare, et tout le monde, même Google, se bat pour en avoir. Quand ton chatbot rame, quand une fonctionnalité IA reste « en preview » pendant des mois, quand les meilleurs outils passent derrière un péage à trois chiffres, c’est cette pénurie-là que tu touches du doigt.
Une dernière pensée pour la route. Mercredi, Gemini est tombé en panne mondiale pendant six heures, sans explication officielle à ce jour. Je ne dis pas que les deux histoires sont liées, je n’en sais rien et toi non plus. Mais quand tu apprends la même semaine que Google loue en urgence 110 000 GPU chez le voisin, tu comprends au moins une chose : la machine tourne à la limite. Et les machines qui tournent à la limite, l’ami, ça finit toujours par casser.
Quelques sources, pour en savoir plus :
Engadget : Google will pay SpaceX $920 million a month to use xAI’s data centers
Techtime : Google Will Pay SpaceX $920 Million A Month For Nvidia GPU Capacity At xAI Data Centers
mlq.ai : SpaceX Signs $920M-Per-Month Deal to Lease 110,000 Nvidia GPUs to Google Ahead of IPO
Note de bas de page
- Modèle de classe frontière », c’est la traduction de l’anglais frontier model, le jargon que l’industrie et les régulateurs utilisent pour désigner les modèles d’IA les plus avancés du moment, ceux qui repoussent la frontière de ce que la technologie sait faire. Concrètement, en juin 2026 : Gemini 3.5, les derniers GPT d’OpenAI, les Claude d’Anthropic, Grok chez xAI. La poignée de modèles tout en haut de l’affiche, par opposition aux modèles plus petits ou spécialisés comme les Gemma dont on parlait ici même, qui sont des distillations ou des cousins légers de ces géants.
L’image vient de la « frontière » au sens de la conquête de l’Ouest : la limite de ce qui est exploré. Un modèle frontière, c’est celui qui se trouve sur cette limite. Et le terme a une vraie existence officielle, ce n’est pas que du marketing : les grands laboratoires ont fondé un « Frontier Model Forum » en 2023, et les textes réglementaires, l’AI Act européen en tête, utilisent des notions voisines avec des seuils chiffrés, typiquement la puissance de calcul engloutie dans l’entraînement, pour décider quels modèles méritent une surveillance renforcée. ↩︎
FAQ Foire Aux Questions
Pourquoi Google loue-t-elle des GPU à SpaceX ?
Parce que la demande générée par ses produits d’IA, en particulier Gemini Enterprise lancé en octobre 2025, a dépassé ses projections et excède sa capacité de calcul interne. Construire de nouveaux data centers IA prend deux à trois ans ; louer la capacité excédentaire des data centers Colossus, bâtis à l’origine pour xAI, permet d’obtenir 110 000 GPU Nvidia immédiatement.
Combien Google paie-t-elle à SpaceX ?
920 millions de dollars par mois au plein régime, d’octobre 2026 à juin 2029, après une montée en charge à tarif réduit jusqu’en septembre 2026. Sur la durée du contrat, cela représente environ 11 milliards de dollars par an et près de 30 milliards au total. Si SpaceX ne livre pas les 110 000 GPU d’ici septembre, Google peut résilier ou exiger un tarif réduit.
Quel est le lien entre SpaceX et xAI ?
SpaceX a absorbé xAI, l’entreprise d’intelligence artificielle d’Elon Musk, par une fusion en actions début 2026. Les data centers Colossus construits pour entraîner Grok appartiennent donc à SpaceX, qui en loue désormais la capacité excédentaire : Google pour 920 millions par mois, et Anthropic pour 1,25 milliard par mois sur le site Colossus 1.
Pourquoi cet accord est-il révélé maintenant ?
Parce qu’il figure dans le dossier d’introduction en bourse de SpaceX, attendue au Nasdaq sous le ticker SPCX avec une valorisation visée d’environ 1750 milliards de dollars. Environ 25 milliards de dollars de revenus de calcul annualisés et contractualisés renforcent considérablement le dossier présenté aux investisseurs.
Produits les plus vendus
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