Tu veux savoir ce qu’il y a vraiment dans le ventre du Googlebook ? Pas les couleurs de la coque. Pas le prix. Le moteur. Le truc qui fait que ton ordinateur fonctionne. Google a ouvert le capot le 17 septembre, devant la presse européenne réunie sur Google Meet, quatre jours avant le lancement. J’y étais. Et Prajakta, dite PJ, qui a présenté l’architecture du système, a répondu aux questions qui fâchent. Android ou ChromeOS ? Linux, oui ou non ? Et le double démarrage, on y a droit ? Accroche-toi, il y a du bon, du très bon, et une réponse de Normand. Et là faut savoir décrypter. Comme à chaque fois.
En quoi ça te concerne, même si tu ne codes pas
Trois choses, et elles comptent.
Un. D’abord, ton Googlebook fait tourner les applis Android directement. Sans intermédiaire. Sur Chromebook, elles passent par une machine virtuelle. Ici, Android est le système lui-même. Donc, t’appuie sur le bouton. Cela fonctionne. Google promet donc des applis qui démarrent plus vite et une batterie qui tient la journée.
Deux. La sécurité. Le Googlebook reprend l’architecture de sécurité du Chromebook. La puce Titan C de Google sert de verrou matériel. Elle assure une détection des logiciels malveillants qui pourraient venir chatouiller les narines de ton Googlebook. Rien de neuf, au fond, et tant mieux. C’est ce qui a fait la réputation du Chromebook.
Trois. Les mises à jour. Elles viennent de Google. Pas du fabricant de ta machine. C’est Google qui pousse Googlebook OS. Que ton ordinateur soit un HP, un Acer ou un Lenovo. Cela ne te rappelle rien ? Et il en promet « jusqu’à 10 ans ».
Android dans la salle des machines, ChromeOS à l’étage
Un journaliste a posé la question sans détour : ce nouveau système, il ressemble plus à ChromeOS qu’on ne le pensait ? PJ a botté en touche, avec élégance. Ni l’un ni l’autre, dit-elle. « Un mélange des deux. » C’est une réponse de normande pur jus. Peut-être que oui. Peut-être que non.
Dans le détail, c’est pourtant assez clair. Tout en bas, un noyau Linux maison. Au-dessus, la pile Android complète, en natif. Et par-dessus encore, ce que Google appelle « les fondations de bureau de ChromeOS ». Je trouve ça beau. Pas toi ? En gros, les fenêtres, les écrans externes, et un vrai navigateur de bureau. Autrement dit, Android fait tourner la maison, ChromeOS a refait la déco. Par ailleurs, le tout fonctionne sur les deux grandes familles de puces, ARM et x861. Google dit avoir travaillé avec tous les fabricants de puces pour que ça marche dès le premier jour. Promesse classique. On jugera sur les tests. Et crois-moi, il va en avoir.
Un Linux en cage pour tes bidouilles et tes agents IA
Voilà le morceau de choix pour les bricoleurs. Le Googlebook embarque un environnement Linux complet. Un truc avec un vrai terminal. Concrètement, tu peux récupérer du code depuis un dépôt. Également ouvrir des ports réseau. Comme de lancer tes outils de développement. PJ a même cité Claude CLI et Antigravity CLI, deux outils qui permettent de faire coder une IA à ta place.2
Tu vas me dire : sur Chromebook, on a Linux depuis 2018. Exact. La différence est ailleurs. Cet environnement tourne sous un hyperviseur baptisé pKVM3. Google le présente comme une première sur un ordinateur portable. Il faut dire que pKVM a décroché en août 2025 une certification de sécurité qui fait saliver les spécialistes.
Niveau 5
tout en haut de l’échelle SESIP
Cette certification a été délivrée après évaluation par le laboratoire Dekra. Elle suppose de résister à des attaquants très compétents et bien financés, voire bien informés de l’intérieur. En clair, c’est du solide. Du bétonné de partout. Question sécurité. Pourquoi tant de précautions ? À cause des agents IA. Quand une IA écrit du code, fouille le réseau et lance des commandes toute seule, mieux vaut qu’elle ne puisse pas tout casser. Or, selon PJ, ces agents tournent dans un bac à sable strict. Ils n’ont accès ni au système, ni à tes fichiers, ni à tes identifiants. Tu bricoles, l’IA bricole, et ta machine reste intacte. Sur le papier, du moins. Car il y a toujours un mot qui se prononce “Mais” . Donc, on verra à l’usage. Car des événements récents ont montré qu’une IA peut prendre des initiatives.
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Soutenir MyChromebook.frAntigravity, la plateforme de développement par agents IA de Google, existe d’ailleurs aussi en appli. Elle est disponible sur le Play Store. PJ assure du reste s’en servir pour coder ses propres applis et les installer directement sur sa machine. Pour les moins téméraires, Google propose « Créer mon widget ». Comment cela marche ? Tu décris l’info que tu veux voir sur ton bureau, et l’IA fabrique le widget. Google n’a pas précisé, pendant la présentation, quand la fonction arrivera en France. Mais nous on le sait. On a même fait un article là-dessus.
Déverrouiller, oui. Double démarrage, motus
C’était LA question des bidouilleurs, et un journaliste l’a posée. Peut-on installer un autre système à côté, et choisir au démarrage ? La réponse de PJ mérite d’être citée en entier : « Vous pouvez déverrouiller le chargeur d’amorçage, mais officiellement, nous ne commentons pas le support du double amorçage pour le moment. »
Le chargeur d’amorçage4, c’est le gardien qui décide quel système démarre. Le déverrouiller ouvre en théorie la porte à autre chose. Mais Google ne s’engage sur rien. Ni oui, ni non, ni peut-être. Une vraie réponse de Normand. La seconde. Traduction pour toi : si tu tentes l’aventure, ce sera à tes risques et périls. Sans filet et sans service après-vente pour te repêcher.

Dans les coulisses du Googlebook OS : Quand Android, ChromeOS et Linux s’unissent
Contrairement aux ordinateurs portables précédents où les applications mobiles fonctionnaient au sein d’une machine virtuelle, Android constitue ici la fondation native même du système. L’un des plus grands avantages réside dans la vitesse d’exécution : les applications du Play Store démarrent immédiatement, tirant parti d’une excellente optimisation de la batterie et des performances matérielles.
Ce que tu es en droit d’attendre
D’abord, ce que tu n’auras pas : un double démarrage officiellement pris en charge. Pas aujourd’hui, en tout cas. Ensuite, ce que tu peux attendre : un Linux complet dans sa cage. Les applis Android en natif, et la sécurité maison du Chromebook. Enfin, ce que tu peux exiger : des mises à jour poussées par Google lui-même, pendant la durée annoncée. S’il y a un retard, ce n’est pas au fabricant de ta machine qu’il faudra t’en prendre. Tu as l’habitude et tu le sais avec ChromeOS.
Bref. Sous le capot, Google a posé un moteur Android. Une carrosserie ChromeOS. Et un garage Linux fermé à double tour. Et il te laisse les clés du capot… sans te dire si tu as le droit de changer de moteur. Bref, faudra une nouvelle fois patienter.
- ARM, ce sont les puces de type smartphone, comme les Snapdragon de Qualcomm. x86, ce sont les puces classiques d’ordinateur, comme celles d’Intel. ↩︎
- Claude CLI désigne Claude Code, l’outil en ligne de commande d’Anthropic ; Antigravity CLI est son équivalent chez Google. Tous deux laissent une IA lire, écrire et lancer du code dans ton terminal. ↩︎
- Un hyperviseur est un logiciel qui fait tourner plusieurs systèmes isolés sur une même machine, chacun dans sa bulle. Si l’un plante ou se fait pirater, les autres ne sont pas touchés. ↩︎
- En anglais, bootloader. C’est le tout premier programme lancé à l’allumage : il vérifie le système, puis lui passe la main. Verrouillé, il n’accepte que le système officiel. ↩︎
Sources pour aller plus loin
Questions fréquentes
Googlebook OS, c’est Android ou ChromeOS ?
Les deux, mais pas au même étage. Android tourne en natif et fait marcher la machine. Par-dessus, Google a posé les fondations de bureau héritées de ChromeOS : fenêtres, écrans externes et navigateur de bureau. Google parle d’un mélange des deux.
Peut-on utiliser Linux sur un Googlebook ?
Oui. Le Googlebook embarque un environnement Linux complet avec un vrai terminal. Il tourne à part, isolé par l’hyperviseur pKVM, certifié SESIP niveau 5 en août 2025. Les agents IA qui codent pour toi y restent enfermés, sans accès à tes fichiers ni à tes identifiants.
Le Googlebook permet-il le double démarrage ?
Google ne s’engage pas. Le chargeur d’amorçage peut être déverrouillé, mais Google ne commente pas officiellement le double démarrage pour le moment. Si tu tentes l’aventure, c’est à tes risques et périls.
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