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Tu connais la blague ? Google t’a collé des résumés IA en haut des résultats. Il t’a juré que c’était l’avenir. Il les a même ouverts à la France en juillet, après tout le monde. Eh bien, le portefeuille vient de répondre. Et il a répondu fort. Mercredi 28 octobre 2026 au soir, Alphabet publie ses comptes, comme chaque trimestre. Le lendemain, la Bourse sanctionne le titre. Oups, cela fait mal. Motif : la pub, la vache à lait de la maison, ralentit. Le coupable, d’après Google lui-même, ressemble beaucoup au mode IA. Oui tu as bien lu. Avec son IA, Google scie doucement la branche sur laquelle il est assis. Alors posons les vraies questions. Google va-t-il revenir à l’affichage qu’on a connu ? Comment compte-t-il faire payer la pub dans ses réponses IA ? Et ses concurrents ont-ils ramassé la mise ?
Environ 500 milliards de dollars
envolés en une séance à la bourse de New-York
Ce que ça change pour toi, devant ton Chromebook
Rien ne change dans ta barre de recherche. C’est bien le problème. Les Aperçus IA sont chez toi depuis le 22 juillet 2026. Tu les as attendu si longtemps. Selon une étude de SE Ranking, menée sur 100 000 requêtes, ils s’affichent déjà sur 52,63 % des mots-clés testés en France. En Espagne, le même test donnait 33 %. Donc en France, plus de la moitié des utilisateurs de Google Chrome apprécient cet outil. Alors qu’il est arrivé tardivement.
Et la pub là-dedans ? Google vient de publier la liste des pays où elle arrive dans le mode IA. La France n’y est pas. Je n’y vois aucune date pour elle non plus. Ne te réjouis pas trop vite : cela veut dire « pas encore », pas « jamais ». Car ne t’imagine pas que Google va passé à côté de tels revenus. Surtout avec ceux que je viens de t’indiquer dans la paragraphe précédent.
Pour t’en passer, Google ne propose aucun interrupteur. Son aide range les résumés IA parmi les fonctions de base de la recherche. Reste le filtre « Web », né en mai 2024, qui renvoie des liens bleus sans résumé. D’après un test de GEO Toolbox, le réglage par adresse « udm=14 » fonctionnait encore sur google.fr le 16 octobre. Google ne promet pas qu’il durera. Sur ton Chromebook, c’est Chrome qui décide. Dans ses réglages, ajoute un moteur de recherche personnalisé avec cette adresse : {google:baseURL}search?udm=14&q=%s. Mets-le par défaut. Ta barre d’adresse te sert le me résultat d’avant. Prix à payer : plus de blocs shopping ni de cartes locales dans ces résultats. Teste, ça prend deux minutes.
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Ce qui s’est passé en Bourse le 29 octobre
Les comptes tombent après la clôture, mercredi. Jeudi, l’action de classe A cède 12,64 % et ferme à 283,82 dollars. La classe C perd 12,29 %. Plusieurs médias financiers parlent de la pire séance de l’histoire du groupe. Next, qui cite le Financial Times, rappelle que le record absolu appartient à Nvidia : 593 milliards perdus en janvier 2025. Une paille. Une grosse.
Le Nasdaq 100 lâche 1,46 % ce jour-là. Pourtant, les autres géants ne suivent pas. Microsoft termine presque à plat, à moins 0,16 %. Meta gagne 1,96 %. Amazon recule de 4,25 %, avant de publier ses propres résultats. Donc le marché ne condamne pas « l’IA » en bloc. Meta a relevé ses dépenses et monte quand même. Ce que la Bourse sanctionne, c’est la facture qui grossit sans que la caisse suive. Car les factures pour la construction des nouveaux serveurs grimpent vite. Très vite. Et chez Alphabet, la caisse suit mal. Le flux de trésorerie libre est négatif de 9,07 milliards, pour le deuxième trimestre d’affilée. Plus aucun rachat d’actions depuis janvier. La dette à long terme, elle, passe de 46,5 à 125,1 milliards depuis décembre. Presque multipliée par trois. Oui, par trois.
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Pourquoi la pub ralentit, et ce que Google avoue
Le chiffre d’affaires total affiche 127,6 milliards de dollars, plus 25 %. Beau. Mais la pub, elle, progresse d’environ 10,5 %, pour 82 milliards. La recherche (Search et autres) monte de 12 % à 63,4 milliards. C’était 17 % au deuxième trimestre, 19 % au premier. Les analystes visaient près de 15 %, d’après The Decoder, seule source à le chiffrer. Donc, il y a un manque à gagner pour Google.
Qui sauve le tableau ? Le cloud. Il atteint 30,7 milliards, plus 103 %, avec une marge opérationnelle passée de 23,7 à 36,2 %. Le communiqué cite aussi la vente de puces TPU parmi les moteurs de cette hausse. Philipp Schindler, directeur commercial, avance plusieurs raisons. Le change d’abord. Ensuite, des annonceurs d’Asie-Pacifique qui ont freiné après la fin de l’exemption européenne sur les petits colis. Enfin le mode IA : ses requêtes explosent, mais il affiche moins de pubs qu’une page classique. Il se dit pourtant très confiant. Tout va très bien, madame la marquise. Pirouette. Cacahuète. Le bénéfice par action tombe à 2,12 dollars, contre 2,87 un an plus tôt. Adweek, relayé par PPC Land, parlait de 3 dollars attendus. L’écart vient d’une perte de 8,7 milliards sur des titres détenus. La presse la rattache à SpaceX. Le communiqué, lui, parle seulement de titres de capital. Prudence.
Google va-t-il revenir à l’affichage d’avant ?
Là, on quitte les faits. Comme les chiffres. Je te préviens : on suppute. Suis-moi quand même. Ce que Google dit, d’abord. Les requêtes de recherche progressent à leur rythme le plus rapide depuis cinq ans, et il en crédite l’IA. Dans le mode IA, les requêtes sont trois fois plus longues que dans la recherche classique. L’appli Gemini compte un milliard d’utilisateurs. Oui un milliard. Quand tu penses que certains voyaient il y a trois ans, Google déposer le bilan. A cause de Gemini. Et sa direction annonce qu’on étend la monétisation partout. Un retour en arrière, ça ressemble à quoi ? À rien. Dans tout ce que j’ai lu, personne n’en parle.
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Soutenir MyChromebook.frMaintenant, imagine la réunion du lendemain. Le résumé IA paie moins que la liste de liens. Deux sorties. Soit on le retire là où il ne rapporte rien. Soit on y glisse de la pub, partout. Google a tranché par écrit, le 28 octobre. Le résumé reste. C’est la pub qui s’invite dedans. Voilà, c’est dit ! Reste la soupape : ce filtre « Web », que Google garde depuis mai 2024. Il pourrait un jour le promouvoir en vrai réglage, sous la pression de régulateurs ou de lecteurs lassés. À ce jour, rien ne l’indique. Est-ce à dire que l’ancien Google revient ? Non. Simplement, il vient d’apprendre que la nouvelle version lui coûte cher en Bourse.

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Comment Google fait passer la pub dans ses réponses IA
La mécanique est simple. Une pub marquée « Sponsored » s’affiche dans la réponse générée, ou à côté, quand la question a un intérêt commercial. Voilà, pas plus simple. C’est la page d’aide de Google qui le dit, citée par Search Engine Roundtable. Premiers formats : des listes de produits sponsorisés. Nouveauté américaine : des pubs « multitours », qui surgissent quand tu poses des questions de suivi. L’argument de vente tient en une phrase. Les taux de clic sur les produits sponsorisés seraient comparables à ceux des produits non sponsorisés. Source ? Des données internes de Google, mesurées aux États-Unis du 20 août au 3 septembre. Un juge et partie, donc. Barry Schwartz, de Search Engine Roundtable, se demande d’ailleurs ce qu’il en est des liens texte.
Le calendrier. Dix pays d’abord : Australie, Canada, Inde, Kenya, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Nigeria, Pakistan, Philippines, Singapour. Puis Brésil, Mexique et Royaume-Uni au quatrième trimestre. En Europe, une pub doit rester identifiable comme telle : on touche au règlement sur les services numériques et au droit de la consommation. Voilà pourquoi la France se fait attendre. Comme toujours. Mais je suis sûr, que cela va vite arriver. Tu fais le pari ? Google ne se contente pas de la pub. Il ouvre aussi, en préversion depuis le 28 octobre, une plateforme d’applications tierces à l’intérieur de Search et de Gemini. Plus tu restes chez lui sans cliquer ailleurs, plus il a de choses à te vendre.
Les concurrents ont-ils profité de la chute ?
Dernière question : les concurrents ont-ils profité de la baisse de revenus publicitaires pour Google ? Pas dans ce que je vois. Microsoft publie le même soir. La pub sur Bing progresse de 12 %, le groupe de 19 %. Le titre salue ces résultats après la clôture, puis finit la séance quasi à plat. Pas de ruée. Côté usages, StatCounter donne à Google 91,02 % des visites envoyées par les moteurs dans le monde en août 2026, contre 89,89 % un an plus tôt. Jolie progression. Bing passe de 3,92 à 4,55 %. En France, Google tient 88,67 %, Bing 5,17 %. Les deux montent. Attention : StatCounter compte des pages envoyées aux sites, pas des recherches.
Et ChatGPT ? Il pèse 0,24 % des visites envoyées par Google et lui réunis en août, contre 0,37 % en mars. L’agence OneLittleWeb, elle, estime que Bing a perdu 45,64 % de visites en un an. Ce sont des estimations de tiers, qui contredisent Microsoft. Méfiance. Bref, Google ne perd pas ses utilisateurs. Il perd de l’argent par réponse. Pour s’en sortir, il n’a pas à reconquérir des parts de marché. Il doit faire payer l’IA : pubs dans les réponses, cloud, puces. Le chantier est là. Mon pronostic, à prendre pour ce qu’il vaut ? Google n’enlèvera pas son IA. Il la fera payer. Toi, tu gardes un joker : le filtre « Web », un clic, et les liens bleus reviennent.
Sources pour aller plus loin :
- Le communiqué d’Alphabet : tous les chiffres du troisième trimestre, noir sur blanc
- Google annonce la pub dans le mode IA : la liste des pays et l’étiquette « Sponsored »
- PPC Land : la croissance publicitaire de Google tombe à 10,5 % pendant que Microsoft sourit
- The Decoder : pourquoi certains investisseurs voient dans ces comptes le problème de la recherche IA
- 24/7 Wall St. : Alphabet, Microsoft, Meta et Amazon, les cours de la séance du 29 octobre
Questions fréquentes
Google va-t-il supprimer les résumés IA de ses résultats ?
Je ne vois aucune annonce en ce sens. Au contraire, Google a confirmé le 28 octobre qu’il ajoute de la pub dans son mode IA. Le résumé reste, c’est la monétisation qui s’étend. Seul le filtre « Web » renvoie encore des liens sans résumé.
Comment désactiver les résumés IA de Google sur un Chromebook ?
Google ne propose pas d’interrupteur. Tu peux utiliser le filtre « Web » dans la page de résultats. Ou, dans les réglages de Chrome, ajouter un moteur de recherche personnalisé avec l’adresse {google:baseURL}search?udm=14&q=%s, puis le mettre par défaut. Google ne promet pas que ce réglage durera.
Y a-t-il de la publicité dans le mode IA de Google en France ?
Pas pour l’instant. La France ne figure pas sur la liste des pays publiée par Google. Dix pays sont concernés d’abord, puis le Brésil, le Mexique et le Royaume-Uni au quatrième trimestre. Je ne vois aucune date pour la France.
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