Chrome prépare des « Notebooks » : quand vos onglets deviendront des carnets de recherche Gemini

Lecture : 10 minutes
Chrome Notebooks : Gemini va transformer vos groupes d'onglets en carnets
Chrome Notebooks : Gemini va transformer vos groupes d’onglets en carnets
Sommaire

Vous connaissez ma manie. Dès qu’un commit un peu étrange atterrit dans le code source de Chromium, je sors ma loupe. Et cette fois, la trouvaille vaut le détour. Google vient de poser, en toute discrétion, les fondations d’une fonctionnalité baptisée « Notebooks » directement dans Chrome. Rien de visible pour l’instant, je vous rassure. Mais le squelette est là. Et il raconte déjà une histoire passionnante : celle d’un navigateur qui ne se contenterait plus d’afficher le web, mais qui vous aiderait à le penser. A l’écrire aussi.

Ce qu’il faut retenir :

  • Deux commits intégrés à Chromium en juillet 2026 créent un module components/notebooks et un service NotebooksService.
  • La fonctionnalité est réservée aux ordinateurs (dont ChromeOS) et volontairement désactivée en navigation privée.
  • Le prototype transforme un groupe d’onglets en « Notebook » via une option de menu « Enhance with Gemini ».
  • L’architecture copie celle de Gemini dans Chrome : une page web hébergée par Google, mise à jour sans nouvelle version du navigateur.
  • Rien n’est testable aujourd’hui : le flag existe dans Canary, mais il pointe vers une page blanche.

Deux commits qui vendent la mèche

Tout commence le 14 juillet 2026. Un premier commit, sobrement intitulé « Notebooks: Add skeleton service and factory », introduit le service NotebooksService et sa fabrique. La description est limpide. Le service n’est initialisé que sur ordinateur. Android et iOS sont exclus pour l’instant. Et le mode Incognito reçoit un service vide par défaut. Autrement dit, Google verrouille déjà le périmètre : le bureau d’abord, la vie privée respectée.

Six jours plus tard, un deuxième commit ajoute l’infrastructure d’URL. Il définit un paramètre kNotebookHomeURL rattaché au drapeau de fonctionnalité kNotebooks, crée une option en ligne de commande --notebook-home-url et ajoute une entrée dans la page chrome://flags. La valeur par défaut ? Une page blanche, about:blank. Google n’a donc pas encore branché la destination finale.

Mais le détail qui m’a fait bondir de ma chaise, c’est le modèle suivi par ce code : chrome://glic. Ce nom ne vous dit peut-être rien. C’est pourtant l’URL interne qui fait tourner Gemini dans Chrome, le panneau latéral d’IA déployé sur ordinateur. En clair, Notebook Home sera très probablement une interface web hébergée chez Google, chargée dans une coquille Chrome dédiée. L’avantage est énorme : Google peut faire évoluer l’expérience côté serveur, sans jamais publier une nouvelle version du navigateur.

Vos groupes d’onglets deviennent des carnets

Là où l’affaire devient vraiment croustillante, c’est dans le prototype repéré dans Chrome Canary. Le flag #notebooks y est déjà présent, sur Windows, macOS, Linux et, ça nous intéresse au premier chef, sur ChromeOS. Désactivé par défaut, certes. Mais son fonctionnement interne est documenté dans le code.

Et surprise : Google ne construit pas Notebooks comme un panneau de plus. Non. La fonctionnalité s’appuie sur les groupes d’onglets existants. Dans le prototype actuel, un groupe d’onglets devient un Notebook lorsque son premier onglet est désigné comme le « Notebook Home » du groupe. Souvenez-vous de ce terme.

Comment l’activer ? Par une nouvelle option dans le menu du groupe d’onglets, libellée « Enhance with Gemini ». C’est le texte exact présent dans les chaînes de Chromium. Un clic crée un onglet Notebook Home en tête du groupe. Un second clic le retire et rend au groupe son état normal. Par ailleurs, cet onglet spécial ne reçoit pas une vue d’onglet classique. Il bénéficie d’un traitement à part, signe qu’il s’agira d’une page dédiée, pas d’un simple site web.

6 jours

entre les deux commits fondateurs

Un calendrier qui ne doit rien au hasard

Prenons un peu de recul. Ces deux commits encadrent presque jour pour jour une annonce majeure : le 16 juillet 2026, Google a renommé NotebookLM en Gemini Notebook. Même produit, même adresse, mais un nouveau logo aux couleurs de Gemini et une ambition affichée. Google le dit sans détour : Gemini Notebook reste un produit autonome, mais il fera « davantage à travers l’écosystème Google ».

A lire également :

Le mouvement est déjà en marche. Les notebooks sont intégrés à l’application Gemini depuis avril, avec synchronisation entre les deux surfaces. Ils arriveront bientôt dans le AI Mode de Google Search. Chrome serait donc, en toute logique, la surface suivante. D’ailleurs, chaque carnet dispose désormais d’un « ordinateur cloud sécurisé » capable d’écrire et d’exécuter du code. Le carnet de notes devient une petite machine.

Alors oui, aucun des deux commits ne prononce le nom de Gemini Notebook. Cependant, tout converge. Le nom. La limitation au bureau. L’exclusion du mode privé. L’URL distante configurable. Et cette mention « Enhance with Gemini » dans le menu. Il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour n’y voir qu’une coïncidence.

Imaginons Chrome en 2027

Permettez-moi de rêver un peu, c’est mon péché mignon. Que donnerait un Chrome équipé de Notebooks pleinement fonctionnel ?

Un contenu de qualité, sans publicité.

Vous aimez notre travail ? Soutenez notre indépendance en devenant membre sur Patreon.

Soutenir MyChromebook.fr

D’abord, la recherche documentaire changerait de nature. Aujourd’hui, préparer un dossier, c’est ouvrir quinze onglets, se perdre, copier-coller des morceaux dans un document. Demain, vous regrouperiez ces quinze onglets, un clic sur « Enhance with Gemini », et le Notebook Home ingérerait vos pages comme autant de sources. Résumés croisés, questions-réponses avec citations, peut-être même un Audio Overview de votre session de navigation à écouter pendant la vaisselle. Votre historique de recherche deviendrait une matière première, plus un cimetière d’onglets.

Ensuite, j’imagine des carnets persistants et synchronisés. Vous commencez une recherche sur votre Chromebook au bureau. Le soir, vous la retrouvez dans l’application Gemini sur votre téléphone Android, enrichie et rangée. Le groupe d’onglets, cette invention modeste, deviendrait l’unité de base du travail intellectuel dans l’écosystème Google.

Enfin, soyons un peu fous : avec l’exécution de code désormais intégrée aux carnets, un Notebook dans Chrome pourrait analyser un tableau de données aperçu sur une page web, générer un graphique, ou vérifier un calcul d’article de presse. Le navigateur ne serait plus une fenêtre. Ce serait un établi.

ASUS Chromebook Plus CX1405CTA-S60060 14 Pouces

ASUS Chromebook Plus CX1405CTA-S60060 14 Pouces

  • 60Hz Pc Portable (Intel Core 3-N355 Processeur 3.9 GHz,
  • 8GB LPDDR5, 128G eMMC, Intel UHD Graphics) ChromeOS – Clavier AZERTY
279,99379,99

Lien(s) affilié(s) — le prix peut varier.

Et nos Chromebook dans tout ça ?

Bonne nouvelle pour nous : ChromeOS est dans la boucle dès le premier jour. Le flag #notebooks apparaît dans Canary sur ChromeOS, au même titre que Windows, macOS et Linux. C’est cohérent avec la stratégie du moment. Entre l’arrivée de Gemini dans Chrome, la transition Aluminium OS qui se profile et la montée en puissance des usages IA sur nos machines, Google fait du navigateur le cœur battant de son intelligence artificielle. Or, sur un Chromebook, le navigateur, c’est la machine. Une intégration native des carnets de recherche y aurait donc encore plus de sens qu’ailleurs. L’étudiant, l’enseignant, le journaliste : tous travaillent déjà par groupes d’onglets sans le savoir.

Gardons la tête froide

Je vous dois l’honnêteté habituelle. Tout ceci reste un signal précoce, expérimental, repéré dans du code source. Rien n’est testable. Le flag existe, mais il n’affiche rien, et l’URL de destination pointe vers le vide. Google a mille fois prouvé qu’il pouvait remodeler, voire enterrer, ce genre de chantier avant la version stable. Souvenons-nous de tant de fonctionnalités mortes-nées dans Canary.

Mais le faisceau d’indices est solide. L’architecture est posée, le calendrier colle au renommage de Gemini Notebook, et la mécanique des groupes d’onglets est déjà écrite. Je surveille désormais un signal précis : le jour où kNotebookHomeURL recevra une véritable adresse Google par défaut. Ce jour-là, les premières captures d’écran ne tarderont pas. Et vous serez, comme toujours, les premiers informés.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la fonctionnalité Notebooks repérée dans Chrome ?

C’est un chantier expérimental découvert dans le code source de Chromium en juillet 2026. Deux commits créent un module components/notebooks, un service NotebooksService et une page d’accueil « Notebook Home » configurable. Le prototype transforme un groupe d’onglets en carnet de recherche via une option de menu « Enhance with Gemini ». La fonctionnalité est limitée aux ordinateurs, y compris ChromeOS, et désactivée en navigation privée.

Peut-on déjà tester Notebooks dans Chrome Canary ?

Non. Le flag #notebooks existe bien dans chrome://flags de Chrome Canary sur Windows, macOS, Linux et ChromeOS, mais son activation n’affiche aucune interface. L’URL de destination du Notebook Home pointe par défaut vers une page blanche (about:blank). Il faudra attendre que Google configure une véritable adresse pour voir les premières captures d’écran.

Quel est le lien entre Chrome Notebooks et Gemini Notebook ?

Aucun commit ne cite explicitement Gemini Notebook, l’ancien NotebookLM renommé le 16 juillet 2026. Cependant, tous les indices convergent : le nom, la mention « Enhance with Gemini » dans le menu des groupes d’onglets, l’architecture identique à celle de Gemini dans Chrome et la stratégie de Google d’étendre ses carnets à l’application Gemini puis au AI Mode de Search. Chrome serait la surface suivante.

NOUVEL ÉPISODE

CKB SHOW : Le Podcast

Rejoignez-nous chaque semaine pour décortiquer l'actualité Google, les dernières sorties Chromebook et les innovations en matière d'IA.

Avatar de l'auteur

À propos de Mister Robot

Entre un point X et un point Y, je me balade pas mal par l'entremise des bits composant ma mémoire. Un seul regret : ne pas avoir rencontré Mr Alan Mathison Turing et ainsi pouvoir collaborer pour l'article intitulé « Computing Machinery and Intelligence ».

Laisser un commentaire

À lire aussi