L’Éducation nationale a trouvé une solution quand elle est piratée. Elle coupe tout. Fastoche.

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Cyberattaque éducation nationale : la rentrée bloquée
Cyberattaque éducation nationale : la rentrée bloquée
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Tu veux une histoire d’horreur pour la rentrée ? En voilà une. Tu as l’intention d’envoyer à la rentrée tes enfants que ce soit en primaire ou en secondaire ? Pas de bol. Les établissements scolaires risquent d’être gérés dans un joyeux bordel à la française. Pas sûr que les profs soient là. Qu’ils sachent quels établissements scolaires les attendent. Comme les cours qu’ils doivent préparer. La faute à qui ? Alors là, c’est une longue, longue histoire. Assieds-toi. Sors ton cahier de classe. Et note. Il était une fois… Le 25 juillet 2026, des pirates entrent dans les sites de l’Éducation nationale. Rien de neuf sous le soleil. Ce qui suit, en revanche, mérite le détour.

Car le vrai carnage, ce ne sont pas les pirates. Même s’ils volent des données. Non, elles ne fuitent pas. Si elles fuitaient, cela voudrait dire qu’il y en a trop. Que cela déborde. Ce n’est pas le cas. Le vrai bordel, c’est la réponse de l’Éducation nationale. Ce que l’on appelle la riposte. Pour se protéger, le ministère a débranché ses propres outils. Couic. Fermé. Arrêt total. Fermé. Closed. Messageries coupées. Applications suspendues. Portails fermés. À dix jours de la rentrée. Bravo. On sort la fanfare.

Un chiffre pour résumer le bazar ? Le voilà.

30 académies

Et autant de serrures différentes

Le remède qui assomme le malade

D’abord, comprend bien le tour de force. Tu es médecin. On t’apporte un patient qui s’est fait mordre. Tu lui coupes les deux bras. Comme ça, plus de risque. Sûr ainsi qu’il va pas mourir. C’est radical. Mais, après il fait comment pour se gratter la tête ? Tu lui donnes pas la solution. Surtout pas. Qu’il se débrouille. Il n’avait qu’à. Pourtant il n’a rien fait le bougre.

Voilà où sont les directeurs et administratifs qui assurent la gestion d’un lycée. Sans bras, pour se gratter la tête. En clair, le ministère conduit avec l’Anssi un « plan de renforcement de la sécurité ». Le truc bien pensé. Maousse costaud. Qui est radical. Même les voleurs n’y avaient pas pensé. Traduction concrète, l’accès à des applications métiers a été suspendu pendant la fin de l’été pour quelques académies. Le tout sera « progressivement rétabli », promet la Rue de Grenelle. Progressivement. Le mot qui ne rassure jamais personne.

Ensuite, il y a le décor. Chaque rectorat verrouille dans son coin. À son rythme, avec son propre matériel. Certains ferment tout. D’autres ne bougent pas. Et personne, en haut, ne semble tenir la carte du chantier. Il fait quoi Jules dans le Nord ? J’sais pas ! Et Marcel dans le Sud ? Encore moins ! Le syndicat ID-FO le dit sans détour, il n’a aucune information du ministère sur ce qui se passe réellement. Voilà le niveau. Profondeur : fosse des Mariannes.

Alors on découvre la panne au compte-gouttes. Goutte à goutte. Un proviseur reprend le travail. Il clique. Rien. Il essaie autre chose. Rien non plus. Il s’assoit. Pleure. Il a envie de revenir dans le passé. A l’époque ou tout était facile. Pas maintenant. Bienvenue en 2026.

Une seule porte, et elle est fermée

À Toulouse, à Bordeaux, à Nantes, le portail Arena est tombé. Pour ceux qui ne baignent pas dedans, Arena, c’est le guichet unique. Le point d’entrée vers I-Prof, Siecle et compagnie. Un seul passage pour tout le monde. Une seule porte d’entrée. Quand elle est fermée à clé, plus personne ne passe. Là, la clé, ils l’ont donnée à Jean-Baptiste de La Salle qui l’a avalée.

Par ailleurs, les messageries suivent le même sort. À Toulouse, tout est bloqué depuis le mercredi 19 août 2026. Les enseignants s’y cognent aussi. Sur les sites de signalement de pannes, les messages tombent. Une professeure résume mieux l’ambiance que moi. À dix jours de la rentrée, elle ne sait même pas qui complétera son temps partiel, ni quel jour. Super pour s’organiser, en effet. Il ne reste plus qu’à monter sur la plus haute colline. Prendre un mégaphone. Crier bien fort. En espérant être entendu. Aphone s’abstenir.

Travailler à l’aveugle

Passons à Bordeaux, cas d’école du grand n’importe quoi. Et je suis modeste. Tu me connais. Je ne tire pas sur l’ambulance. Ou alors un peu. Légèrement. Donc là-bas, un système d’authentification dématérialisé a été désactivé. Sur injonction de l’Anssi, pour cause de vulnérabilités. Motif recevable sur le papier. Effet réel sur le terrain, tout le monde dehors. En gros, « Fous le camp. On ne veut pas te voir. »

Depuis vendredi 21 août 2026 ça remarche. Youpi. Mais depuis l’établissement seulement. Pas de chez soi. Or on est en août. En août, le bureau du proviseur, c’est sa cuisine. Sa terrasse. Son transat. On rouvre donc la porte pile au moment où personne n’est derrière. Fort. Ouvrir la boutique quand tout le monde dort, il fallait y penser.

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Et le boulot, lui, est patient. Un proviseur le raconte. Plus d’accès à l’appli qui liste les profs affectés chez lui. Qui débarque ? Mystère. Sur quelles heures ? Re-mystère. Alors on monte les emplois du temps sans les noms. Un puzzle sans les pièces. À l’aveugle, dans le dur. C’ezst beau. C’est du Kafka plein pot. Pas sûr que certains ne tombent pas fous. 

Cerise sur le gâteau. La réforme de la formation des enseignants a déjà décalé les affectations à fin juillet. Deux semaines de retard sur d’habitude. Des collègues avaient bougé leurs vacances pour encaisser le coup. Ils reprennent, motivés. Et là, la panne. Par-dessus. Double peine, service compris. Pousse-café. Et l’additioin en prime. Je vous admire. 

La colère monte, et elle a raison

Pourtant, sur le terrain, ça gronde. Les chefs d’établissement en ont gros sur la patate. On ne plante pas tous les services à la moindre attaque, tempête l’un. Un autre trouve ça navrant. Aucune connexion de secours proposée. Zéro. Nada. Débrouille-toi, mon grand. Pigeon voyageur ? Peut-être ? Morse façon Titanic ? Tu te débrouilles. On te dit rien. Mais si tu fais une connerie, on te plante. Ah, la belle rentrée scolaire. Mais sans les outils. Avec tes petits bras. Ceux qu’on t’a coupés au chapitre d’avant. Avec tes moignons, tu peux toujours faire peur aux mouches. À Versailles, on a monté des réunions de crise. Un vendredi après-midi. En urgence, comme toujours. On coupe d’abord. On cause après. La méthode maison. C’est beau. Mais beau. A se jeter d’un pont. 

Le meilleur, garde-le pour la fin. Un proviseur attend les consignes de son rectorat. Elles arrivent par où, ces consignes ? Par la messagerie. Celle qu’on lui a coupée. Tu la sens, la boucle ? On te dit d’attendre le courrier. Sur la boîte aux lettres qu’on vient de murer. Kafka aurait pris des notes. On nous promet un retour à la normale en début de semaine. Progressivement. Encore ce mot. Avec un doute assumé sur les académies les plus amochées, Nantes en tête. Sauf que la rentrée, elle, ne sera pas progressive. Elle tombe un matin. Le même pour tout le monde. Sans dérogation. Oh que cela va être joyeux. Je le sens. 

Un dernier mot. Ce ZeroBytes, tu le connais déjà. Même blaze qu’au fisc. Même blaze que chez SFR. Toujours le même refrain. Un intrus passe. L’État cadenasse tout en panique. Et c’est l’usager qui paie l’addition. Sauf que cette fois, l’usager, c’est un gamin. Avec son cartable. Qui rentre en classe. D’ici que l’école soit fermée. A cause de Jean-Baptiste de La Salle. Il n’y a pas loin. 

Autres lieux ou #ZeroBytes a fait le kéké :

Questions fréquentes

Quelle est l’origine de la cyberattaque de l’éducation nationale ?

L’intrusion remonte à la nuit du 25 juillet 2026, via l’usurpation d’un compte professionnel, et vise le système d’information dédié à la formation des personnels. Le groupe ZeroBytes l’a revendiquée, le même déjà passé par le fisc. Le ministère confirme l’intrusion mais pas l’ampleur de la fuite revendiquée, 346 millions de lignes selon le pirate.

Pourquoi les applications de l’éducation nationale sont-elles bloquées ?

Ce ne sont pas les pirates qui bloquent, mais les mesures de sécurité prises après coup. Le ministère mène avec l’ANSSI un plan de renforcement et a suspendu par précaution l’accès à des applications métiers dans plusieurs académies. À Bordeaux, le système d’authentification OTP-ODA a même été désactivé sur injonction de l’ANSSI, pour cause de vulnérabilités.

Quelles académies sont touchées par les coupures ?

Nantes, Toulouse et Bordeaux sont les plus perturbées, quand Paris et Versailles s’en tirent, ou seulement en partie. Le portail Arena, point d’entrée unique vers I-Prof et Siecle, est tombé, tout comme plusieurs messageries académiques. À Bordeaux, la connexion redevient possible depuis l’établissement, mais reste coupée depuis le domicile.

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À propos de Mister Robot

Entre un point X et un point Y, je me balade pas mal par l'entremise des bits composant ma mémoire. Un seul regret : ne pas avoir rencontré Mr Alan Mathison Turing et ainsi pouvoir collaborer pour l'article intitulé « Computing Machinery and Intelligence ».

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