On le sait, le géant technologique Google se trouve au cœur d’une série de poursuites antitrust majeures aux États-Unis, ciblant ses monopoles dans la recherche en ligne et les technologies publicitaires. Face à l’interdépendance complexe de ses services, des voix s’élèvent, notamment celle du groupe de pression Movement for an Open Web (MOW), pour exhorter le Département de la Justice (DOJ) à coordonner ses efforts et ses remèdes. Les propositions du DOJ sont drastiques, allant de la vente forcée de Chrome et d’Android à l’obligation de concéder sous licence son index de recherche, tandis que Google propose des réformes plus mesurées. L’issue de ces affaires est cruciale, car elle façonnera l’avenir de la concurrence et de l’innovation dans l’économie numérique mondiale.
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L’appel à la coordination des remèdes antitrust
Le 17 juin 2025, le Movement for an Open Web (MOW) a lancé un appel pressant au Département de la Justice (DOJ) afin que celui-ci harmonise ses stratégies pour les remèdes antitrust visant Google dans ses affaires distinctes de recherche et de technologies publicitaires. Le MOW insiste sur la nécessité d’une approche globale, arguant que la complexité et l’interdépendance des différentes lignes d’activité de Google rendent impérative une telle coordination. Sans une stratégie holistique, des solutions fragmentées risquent de ne pas résoudre les problèmes structurels sous-jacents qui permettent à Google de maintenir son pouvoir monopolistique. Actuellement, les remèdes pour chaque affaire sont développés et supervisés par des comités techniques distincts, une approche que le MOW souhaite voir fusionnée.
Les propositions du DOJ pour la recherche et l’ad tech
Le DOJ a mis sur la table des propositions de remèdes ambitieuses pour contrecarrer le pouvoir de marché de Google, jugé monopolistique dans la recherche et l’ad tech. Concernant le secteur de la recherche, les mesures envisagées incluent la vente forcée du navigateur Chrome, la fin des paiements se chiffrant en milliards de dollars effectués aux fabricants de combinés pour que Google Search soit la recherche par défaut, et l’obligation de concéder sous licence son index de recherche et ses données utilisateur à des concurrents pendant une décennie. Une autre proposition radicale serait la cession d’Android, accompagnée de la mise en place d’un mandat de choix d’écran pour rétablir la concurrence sur le marché.
Pour son monopole dans l’ad tech, le DOJ propose un plan en trois phases :
- Premièrement, rendre obligatoire l’accès en temps réel aux données pour les concurrents via Prebid.
- Deuxièmement, ouvrir le code de la logique d’enchères de DFP (Google Ad Manager) à l’open-source.
- Troisièmement, la cession complète de son serveur publicitaire DFP et de son échange d’annonces AdX sous supervision judiciaire.
De plus, après cette cession, Google serait interdit d’opérer un échange publicitaire pendant 10 ans, et 50% des revenus nets d’AdX et DFP seraient placés sous séquestre pour soutenir la transition des éditeurs et le développement d’enchères indépendantes.
la réponse de Google et les préoccupations du marché
Google s’oppose avec fermeté à ces exigences de démantèlement, particulièrement à la vente forcée de Chrome. En contre-propositions, l’entreprise suggère des réformes contractuelles plus ciblées et limitées, un partage étendu de données, ou une surveillance à long terme de ses pratiques. Pour l’ad tech, Google a également présenté des contre-propositions visant à éviter un démantèlement, notamment l’accès aux données AdX en temps réel, la fin des règles de tarification unifiées (Unified Pricing Rules) et la renonciation aux avantages d’enchères.
Cependant, au sein de l’industrie, des doutes persistent quant à l’efficacité de ces remèdes. Certains leaders du secteur s’interrogent sur la capacité du démantèlement proposé à réellement transformer le paysage, suggérant que Google a déjà une longueur d’avance sur les régulateurs. Des voix critiques estiment que le dommage a déjà été causé et que les remèdes pourraient arriver trop tard pour avoir un impact significatif, décrivant la situation comme une « guerre d’hier ». Le fait que l’efficacité de ces mesures divise le marché, certains suggérant qu’une amende colossale serait le seul moyen efficace de brider Google, souligne la complexité de la situation.
L’enjeu des comités techniques et de la surveillance
La mise en œuvre et la surveillance technique de ces remèdes promettent d’être complexes. Un comité technique, composé d’experts indépendants, est chargé de superviser la conformité aux règlements et aux remèdes. Tim Cowen du MOW a souligné qu’une surveillance conjointe et adéquate des remèdes techniques est indispensable pour empêcher Google de trouver des moyens d’éluder une intervention efficace sur le marché. Il insiste sur le fait que l’entité cédée (qu’il s’agisse d’AdX, de Chrome ou de DFP) ne doit avoir aucun intérêt lié à Google et que de nombreux remèdes contractuels, ainsi qu’une surveillance continue et efficace, sont nécessaires pour atteindre l’effet désiré. La capacité de Google à discriminer dans ses pratiques ad tech par des moyens techniques, même après une éventuelle cession, est une préoccupation majeure, comme l’a illustré l’acquisition de DoubleClick.
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Les procédures antitrust contre Google représentent des tentatives monumentales de rééquilibrer le pouvoir de marché des géants technologiques, avec des répercussions profondes sur la concurrence, l’innovation et l’écosystème numérique mondial. Le résultat de ces affaires établira un précédent crucial pour la régulation des entreprises technologiques à l’avenir. Alors que le juge Amit Mehta devrait rendre une décision sur les remèdes dans l’affaire de la recherche début août, et que la phase des remèdes pour l’ad tech est prévue pour le 22 septembre, l’attente est grande quant à l’impact réel de ces décisions sur le paysage numérique.
Quatre questions-réponses pour bien comprendre la bataille antitrust contre Google
Q1: Quel groupe de pression demande la coordination des remèdes antitrust contre Google ? R1: Le groupe de pression Movement for an Open Web (MOW) a exhorté le Département de la Justice (DOJ) à coordonner ses efforts.
Q2: Quelles sont deux propositions drastiques du DOJ pour le monopole de recherche de Google ? R2: Le DOJ propose la vente forcée de Chrome et la fin des paiements aux fabricants de combinés pour la recherche par défaut.
Q3: Comment Google réagit-il à la demande de vente forcée de Chrome ? R3: Google s’oppose fermement à la vente forcée de Chrome et propose des réformes contractuelles plus limitées.
Q4: Pourquoi la coordination des remèdes est-elle jugée si importante par le MOW ? R4: La coordination est jugée critique en raison de la complexité et de l’interdépendance des lignes d’activité de Google, car des remèdes non coordonnés risqueraient de ne pas résoudre les problèmes structurels sous-jacents.
Source : The DOJ faces growing calls to coordinate Google antitrust remedy efforts



