Sommaire
Le Googlebook arrive dans les rayons. Il est vendu depuis aujourd’hui 04 octobre 2026 aux USA. Il sera mis en vente le 5 octobre en France, mais également au Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Irlande et l’Australie. Aujourd’hui les États-Unis, demain chez nous. Écran OLED, Gemini partout, de 1 099 € à 1 699 € selon la marque. Or onze jours avant de mettre tout ça en vente, Google a publié une phrase que personne n’a relevée. Neuf mots d’anglais. Ils disent aux entreprises et aux écoles de continuer à acheter des Chromebook. Pas plus tard. Maintenant. Pendant qu’il vend l’autre machine à côté. Tu te doutes bien que je ne vais pas laisser passer ça. Allez je détaille.
Second semestre 2027
avant le premier outil d’administration
Ce que ça change pour toi, tout de suite
Commençons par la bonne nouvelle, car il y en a une. Si tu as un Chromebook sur les genoux, payé par ton entreprise, tu ne perds rien. Au contraire, tu gagnes un argument. En effet, le constructeur de la machine censée te remplacer vient d’expliquer à ses plus gros clients qu’ils feraient mieux de rester sur la tienne. Ton gamin est rentré en seconde avec un Chromebook de la Région ? Même chose. Cette machine est administrable à distance, et elle reçoit ses règles, son Wi-Fi, ses certificats. À l’inverse, le Googlebook posé en vitrine ne sait rien faire de tout ça. Pour l’instant. Mais l’année prochaine. Sûrement.
Maintenant, si tu gères un parc, en lycée, en mairie ou en PME, c’est plus sec. Tu ne peux pas acheter de Googlebook. Enfin si, tu peux l’acheter. Seulement, tu ne peux pas en faire un poste de travail géré. La suite explique pourquoi. Et surtout ce que tu peux exiger en échange.
Google recommande le Chromebook, et il l’écrit lui-même
Le 23 septembre, Google publie trois textes le même jour. Un seul a été repris par la presse. D’abord une page d’aide destinée aux administrateurs, intitulée « ce que l’annonce du Googlebook signifie pour vos appareils ChromeOS ». C’est celle que tout le monde a citée fin septembre. Ensuite un billet sur le blog Google Cloud, cosigné par David Still, vice-président produit et ingénierie d’Android Entreprise, et par Mark Berschadski, directeur produit chez Chrome Entreprise. Une signature de ce niveau, ça compte.
Enfin un billet sur la communauté professionnelle que Google anime pour ses clients Android. Et c’est précisément celui-là qui porte la phrase. « Chromebooks remain our recommendation for all enterprise deployments today. » Soit, en français : « Les Chromebook restent notre recommandation pour tous les déploiements en entreprise aujourd’hui. » Relis-le tranquillement. Le jour où Google annonce le successeur, Google recommande l’ancêtre. Pourtant, ce n’est pas une maladresse de communicant perdu dans un forum. Le billet est signé de l’équipe communautaire officielle, et il est daté. Quant au billet Cloud, il donne le calendrier sans l’ombre d’une explication. « They will be available in October, with enterprise capabilities coming in the second half of 2027. » Traduction : « Ils seront disponibles en octobre, les capacités d’entreprise arrivant au second semestre 2027. » Disponibles en octobre. Utilisables en entreprise un an plus tard. Dans la même phrase.
Ce qu’un Googlebook ne sait pas faire
Quand un établissement achète des machines, il les rattache à son compte. De fait, c’est ce rattachement qui transforme un tas de portables en parc.1 Sans lui, l’administrateur perd des choses très concrètes. Ainsi, le Wi-Fi de l’établissement ne se pousse plus tout seul : il faut le saisir à la main, poste par poste. Les certificats non plus. Par ailleurs, la restriction qui empêche un élève d’ouvrir une session avec son compte perso saute. Le mode borne, celui des salles d’examen, disparaît égalemen2t. L’inventaire par numéro de série aussi.
Et le meilleur pour la fin. Une machine volée ne peut plus être verrouillée à distance, ni effacée, ni localisée. Autrement dit, six cents portables distribués à des adolescents, sans bouton d’arrêt d’urgence. Tu imagines la tête du responsable informatique. Google propose malgré tout deux lots de consolation. Le premier, c’est la connexion avec un compte professionnel, si l’administrateur l’autorise. Le second, c’est la gestion du navigateur. Sauf que la page précise « Users can opt in », c’est-à-dire « les utilisateurs peuvent choisir de l’activer ». L’utilisateur. Pas l’administrateur. La différence est importante.
Bref, la seule gestion disponible repose sur la bonne volonté de chaque élève. On a connu des politiques de sécurité mieux armées. Un détail achève le tableau. La même page qualifie le Googlebook d’appareil personnel. Pas d’appareil d’entreprise. Google ne s’en cache donc pas : ce lancement vise le grand public, et lui seul.

Googlebook Lenovo 15IPH12 15,3″
- Grand écran : OLED tactile de 15,3 pouces en 2 880 × 1 800, à 120 Hz, 500 nits, 100 % DCI-P3. C’est le seul grand format de la gamme Googlebook vendue en France.
- Connectique complète : deux Thunderbolt 4 à 40 Gbit/s, un de chaque côté, un USB-A à 10 Gbit/s, un HDMI 2.0 et une prise casque. On se passe d’adaptateur.
- Charge rapide : 13,5 Wh en 15 minutes avec l’adaptateur de 65 W.
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Soutenir MyChromebook.frLa question que personne ne pose : pourquoi 2027 ?
Là, il faut s’arrêter cinq minutes. Regarde sous le capot. Le Googlebook repose sur la technologie Android. Pas sur un système inventé la semaine dernière. D’ailleurs, Google le documente lui-même chez Android Developers. Pas chez ChromeOS. Or Android gère des parcs d’appareils depuis dix ans. Chaque jour, des millions de téléphones d’entreprise sont pilotés à distance par ce biais. Il existe en effet une interface de programmation dédiée. Une procédure d’enrôlement automatique à la sortie du carton, et tout un écosystème d’éditeurs spécialisés3.
Tout ça existe. Tout ça marche. Et rien de tout ça ne couvre le Googlebook. Alors j’ai cherché la raison. D’abord dans les notes de version de l’interface de gestion Android : ni « Googlebook », ni la moindre mention du format bureau. Pas un mot. Pourtant, cette même interface a bien accueilli un nouveau format cette année, les casques de réalité mixte. Donc la machine à élargir le périmètre fonctionne. Simplement, elle n’a pas été lancée pour le portable. Ensuite dans la documentation développeur du Googlebook : des pages sur l’affichage. Egalement la souris, l’impression, le glisser-déposer. Rien sur l’administration. Même résultat du côté du journal des nouveautés de la console d’administration.
Au bout du compte, Google dit seulement ceci. « Establishing these comprehensive administrative capabilities is a multi-year journey that will roll out in phases. » En français : « Mettre en place ces capacités d’administration complètes est un parcours de plusieurs années, déployé par phases. » Un parcours. Des phases. De la méthode, pas une raison. Reste une promesse vague, celle de fournir des interfaces aux éditeurs tiers. Mais avec une condition : SI une organisation préfère passer par eux. Sans date, évidemment.
Je pose donc la question, et j’assume de ne pas avoir la réponse. Pourquoi une machine bâtie sur la pile la plus gérée du marché arrive-t-elle sans gestion ? Aucun document public de Google ne le dit. Ni la page d’aide, ni le billet Cloud, ni la communauté. Ni les notes de version. Cela dit, le silence, à ce niveau de signature, est un fait en soi.
Ce que tu peux exiger, et à quelle date
Soyons pratiques. Trois temps. Ce que tu n’auras pas, d’abord. Aucune liste des Chromebook éligibles à la bascule. Normal, puisque Google écrit que les détails viendront « ultérieurement ». Aucun tarif non plus. En clair, Google annonce une nouvelle structure de licences pour gérer un Googlebook, et ne publie ni son nom. Encore moins son prix, ni son fonctionnement. Il promettait pourtant ces détails avant la mise en vente. Or la mise en vente, c’est aujourd’hui pour les USA. Demain, pour les autres pays éligibles.
Ce que tu peux légitimement attendre, ensuite. Une liste d’appareils éligibles, par exemple. Pourquoi ? Car Google a su en publier une pour la bascule vers Chromebook Plus, critères matériels chiffrés à l’appui. Il sait faire. Il ne l’a pas fait. Enfin, ce que tu peux exiger, et c’est vérifiable. Un prix de licence publié avant qu’un acheteur public signe un bon de commande. Un calendrier plus précis que « second semestre ». Et une réponse à la question du dessus.
Au passage, si tu es parent d’élève en Île-de-France ou en Pays de la Loire, tu as le droit de la poser à ta Région. Ces deux-là distribuent des Chromebook par dizaines de milliers. De fait, le renouvellement de 2027 tombe pile dans la zone grise. Une dernière chose, parce qu’elle remet tout à l’endroit. Sur la même page d’aide, Google garantit les mises à jour des appareils ChromeOS jusqu’au milieu de l’année 2034. Près de huit ans. Pour une machine que la presse enterre depuis le mois de mai. Mais cela ne concerne que ceux dans les parcs. Jamais dit pour les particuliers. Alors non, le Chromebook n’est pas mort. Il vient juste de recevoir une recommandation d’achat signée de son propre fossoyeur.
Notes de bas de page :
- Dans le vocabulaire de Google, ce rattachement s’appelle l’inscription au domaine. L’appareil est marqué comme appartenant à l’organisation, ce qui autorise l’administrateur à lui pousser des règles depuis sa console. Sans inscription, les règles ne s’appliquent qu’au compte de l’utilisateur connecté, jamais à la machine elle-même. ↩︎
- Le mode borne, ou mode kiosque, verrouille la machine sur une seule application. C’est ce qui permet de transformer un parc entier en postes d’examen le temps d’une épreuve, puis de tout rendre à la normale le soir. ↩︎
- Ces éditeurs sont désignés par le sigle EMM, pour gestion de la mobilité d’entreprise. Ce sont les sociétés qui vendent aux organisations les consoles permettant de piloter téléphones et tablettes à distance. Google promet de leur ouvrir des interfaces pour le Googlebook, sans dire quand. ↩︎
Sources pour aller plus loin :
- Google, communauté Android Entreprise : « les Chromebook restent notre recommandation pour tous les déploiements en entreprise »
- Google Cloud : le billet signé du vice-président d’Android Entreprise qui date les capacités d’entreprise au second semestre 2027
- Google, page d’aide aux administrateurs : ce que l’annonce du Googlebook change pour vos appareils ChromeOS, et les mises à jour garanties jusqu’à mi-2034
- Google : la liste des Chromebook éligibles au passage vers Chromebook Plus, avec ses critères matériels chiffrés
- Google Developers : les notes de version de l’interface de gestion Android, où le Googlebook n’apparaît nulle part
- Android Developers : la page officielle du Googlebook, hébergée chez Android et non chez ChromeOS
- Google : la grille tarifaire des licences de gestion ChromeOS, pour mesurer ce qu’une nouvelle structure pourrait coûter
Questions fréquentes
Peut-on gérer un parc de Googlebook en entreprise ou en lycée aujourd’hui ?
Non. Google écrit que le lancement 2026 vise un usage personnel grand public et ne prend en charge ni l’inscription au domaine, ni la gestion centralisée de parc. Restent deux possibilités limitées : la connexion avec un compte professionnel géré, si l’administrateur l’autorise, et la gestion du navigateur, que l’utilisateur doit activer lui-même. Les premiers outils d’administration sont annoncés pour le second semestre 2027.
Jusqu’à quand mon Chromebook sera-t-il mis à jour ?
Jusqu’au milieu de l’année 2034. Google l’écrit sur la page d’aide destinée aux administrateurs, mise à jour le 23 septembre 2026 : les appareils ChromeOS continuent de recevoir des mises à jour régulières et des correctifs de sécurité jusqu’à cette date. La date de fin de support propre à chaque modèle reste consultable dans la politique de mise à jour automatique.
Pourquoi attendre 2027 alors que le Googlebook repose sur Android ?
Aucun document public de Google ne l’explique. Android dispose pourtant d’une pile de gestion de parc mature, avec une interface de programmation dédiée et un enrôlement automatique. Ni les notes de version de cette interface, ni la documentation développeur du Googlebook, ni le journal de la console d’administration ne mentionnent la machine. Google parle seulement d’un parcours de plusieurs années déployé par phases.
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