Pixel 11 : Google a mis en bas de page ce qui l’embarrasse

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Pixel 11 : Google a mis en bas de page ce qui l'embarrasse
Pixel 11 : Google a mis en bas de page ce qui l’embarrasse
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Le récapitulatif du Made by Google, tu l’as déjà lu ici même. Nicolas a fait le travail, tout y est. Alors je ne vais pas te le refaire. Et puis ce qu’il a dit est très bien. Moi, j’ai fait autre chose. J’ai ouvert les fiches techniques du Google Store américain. Les vraies. Celles de quinze écrans de long que personne ne déroule jusqu’au bout. Et je les ai empilées les unes à côté des autres, ligne par ligne, capteur par capteur, milliampère par milliampère.

Ça prend un après-midi. Ça rapporte beaucoup.

Parce qu’en bas de ces pages, il y a une deuxième annonce. Celle que Google n’a mise sur aucune slide. Elle raconte une histoire différente de celle du communiqué. Et elle est intégralement composée de chiffres officiels. Pas de fuite, pas d’analyste, pas de « selon nos sources ». Du Google, écrit par Google. Une info en béton armé.

La batterie : plus tu paies, moins tu as

Commençons par le nerf. Le Pixel 11 d’entrée de gamme embarque 4 985 mAh. Pour le Pixel 11 Pro, il est vendu 200 euros de plus, tombe à 4 850 mAh. Le Pixel 11 Pro Fold, vendu mille euros de plus, descend à 4 806 mAh.

Relis. Doucement. À voix haute même. Le téléphone le moins cher de la gamme a la deuxième plus grosse batterie. Seul le Pro XL, avec ses 5 115 mAh, fait mieux.

Et l’autonomie annoncée suit la même pente. Google promet plus de 30 heures sur le Pixel 11, sur le Pro et sur le Pro XL. Sur le Pro Fold ? Plus de 24 heures. Six heures de moins, sur le produit deux fois plus cher. Tousse pas. Tousse pas. Surtout si tu l’as déjà précommandé.

ModèlePrix France BatterieAutonomie annoncée
Pixel 11999 €4 985 mAhplus de 30 heures
Pixel 11 Pro1199 €4 850 mAhplus de 30 heures
Pixel 11 Pro XL1 399 €5 115 mAhplus de 30 heures
Pixel 11 Pro Fold1 999 €4 806 mAhplus de 24 heures

Un pliant, c’est mécaniquement contraint, d’accord. Je l’entends. Mais alors on ne vient pas vendre l’autonomie comme un argument. Or Google l’a fait. En conférence. Devant tout le monde. On appelle cela comment ?

Ajoute la boîte, tant qu’on y est. Google t’annonce 55 % de charge en trente minutes sur le Pixel 11. À condition d’avoir un chargeur 30 W USB-C PPS. Qui n’est pas dedans. Dedans, il y a un câble. Un câble USB 2.0. Sur un téléphone à mille euros. Débrouille-toi pour trouver le chargeur. Tu n’as plus qu’à courir.

Et le plus beau, c’est le montant. Sur le Store français, Google propose un chargeur. Le 45 W, à 34,99 euros. Donc même si tu achètes le Pixel 11 de base, dont la charge plafonne à 30 W, c’est le 45 W qu’on te vend. Tu paies des watts que ton téléphone ne prendra jamais. Une marque tierce, elle, te fait le 30 W qu’il te faut pour douze euros. Trente-cinq euros sur un téléphone à mille, ça fait trois et demi pour cent. C’est précisément parce que la somme est ridicule que l’omission devient bête. Pas de petites économies. Que veux-tu.

La photo : le Fold shoote avec l’appareil du Pixel à 999 euros

Là, ça devient franchement gênant. Prends le capteur principal du Pixel 11 Pro Fold : 48 mégapixels Quad PD, ouverture ƒ/1,70, capteur de 1/1,56 pouce, champ de 85 degrés. Maintenant prends celui du Pixel 11 de base. 48 mégapixels Quad PD, ƒ/1,70, 1/1,56 pouce, 85 degrés.

Le même. Au chiffre près.

Le téléobjectif ? Pareil des deux côtés, 10,8 mégapixels ƒ/3,1 en 5x optique sur un capteur de 1/3,2 pouce. Toujours identique.

Reste l’ultra grand-angle. Et c’est là que le pliant décroche pour de bon. Le Pixel 11 propose 13 mégapixels sur un capteur de 1/3,1 pouce. Le Pro Fold se contente de 10,5 mégapixels sur un capteur de 1/3,4 pouce. Moins de définition, capteur plus petit.

Autrement dit, le module photo du téléphone à 1 999 euros est celui du téléphone à 999 euros, avec un ultra grand-angle en retrait. Et pas de 8K, réservée aux Pro et Pro XL.

CapteurPixel 11 (999 €)Pixel 11 Pro Fold (1 999 €)
Grand-angle48 Mpx ƒ/1,70, 1/1,56″48 Mpx ƒ/1,70, 1/1,56″
Ultra grand-angle13 Mpx ƒ/2,2, 1/3,1″10,5 Mpx ƒ/2,2, 1/3,4″
Téléobjectif10,8 Mpx ƒ/3,1, 5x10,8 Mpx ƒ/3,1, 5x
Vidéo 8Knonnon

Pendant ce temps, les Pro et Pro XL récupèrent le vrai matériel. Capteur principal de 50 mégapixels sur 1/1,3 pouce. Ultra grand-angle de 48 mégapixels. Téléobjectif de 48 mégapixels. Selfie de 42 mégapixels. Le saut est réel, il est même spectaculaire. Simplement, il s’arrête net avant le pliant.

L’environnement : le tableau que Google n’a pas montré

Google adore parler recyclage. Il en fait des tonnes. Green par ici. Green par là. Comme les autres, je te dirais. Ils se copient. Le message ? Aluminium 100 % recyclé, cobalt recyclé, terres rares recyclées, emballage sans plastique. C’est dans chaque conférence, à chaque génération. Très bien. Mais il ne faut pas laisser une porte ouverte. Je n’ouvre pas. J’enfonce.

Alors regardons le seul chiffre qui synthétise tout ça : la part de matériaux recyclés rapportée au poids total du produit. Il est écrit noir sur blanc sur chaque fiche du Google Store. Tu peux aller vérifier de ton côté.

ModèlePrix FranceMatériaux recyclés
Pixel 11999 €au moins 33 %
Pixel 11 Pro1 199 €au moins 31 %
Pixel 11 Pro XL1 399 €au moins 33 %
Pixel 11 Pro Fold1 999 €au moins 24 %

24 %

Le minimum de la gamme

Recyclage des appareils Pixels

Le produit vitrine, le plus cher, celui qu’on met sur l’affiche, est aussi le moins vertueux du catalogue. Neuf points de recyclé en moins que le modèle d’entrée. Un pliant a plus de pièces mécaniques, c’est vrai, et sourcer du recyclé y est plus dur. Sauf que Google ne le dit nulle part. Il laisse juste le chiffre en bas de page, en espérant qu’on ne descende pas jusque-là.

Descendu. Enregistré. Publié.

L’écran : le pire contraste de la gamme est sur la dalle la plus chère

Même exercice, autre ligne. Le Google Store annonce un contraste supérieur à 2 000 000:1 sur le Pixel 11, sur le Pro, sur le Pro XL. Et sur l’écran externe du Pro Fold aussi.

Sur son écran interne, en revanche ? 1 500 000:1.

Cet écran de huit pouces, c’est précisément ce pour quoi tu paies le supplément. C’est l’argument entier du produit. Et c’est la seule dalle de la gamme qui n’atteint pas les deux millions. Autre détail du même tonneau. La luminosité HDR du Pro Fold plafonne à 2 000 nits. Exactement comme le Pixel 11 à 999 euros. Les Pro et Pro XL, eux, montent à 2 400 nits. Le pliant est donc, sur ce critère, au niveau de l’entrée de gamme.

Les promesses : HiLight, AI Pro et les sept ans

Trois dossiers, trois petits arrangements.

Premièrement, HiLight. L’anneau lumineux au dos des Pro a eu droit à son moment de gloire sur scène. Deux fonctions au lancement. Deux. Un halo coloré quand un contact favori appelle, cinq contacts assignables maximum. Purée, payer je ne sais combien en plus, pour un truc qui te dit « On t’appelle ». Et une pulsation quand Gemini écoute ou répond. Si difficile de retourner l’écran ? Faut croire. Ou simplement Google nous a créé un besoin ? Je pose la question. Maintenant, sur le bazar clignotant : les notifications de messages, elles viendront « plus tard ». Comme les applications tierces. C’est prévu. 

Deuxièmement, l’abonnement. À l’achat d’un Pixel 11 Pro, Google t’offre six mois de Google AI Pro. L’an dernier, sur le Pixel 10 Pro, c’était douze mois. Le cadeau a été divisé par deux, en silence, l’année même où Google fait de l’IA son argument numéro un. Cherche la cohérence. Il n’y en a pas ? Si. Le pognon. Tout simplement.

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Troisièmement, les sept ans de mises à jour. Le slogan est partout. Il est réel, je ne le conteste pas. Je note simplement que le mois dernier, Google a confirmé que les Pixel 6 et 6 Pro s’arrêteraient à Android 17 QPR1, sans QPR2. Sept ans de mises à jour, donc. Mais toutes les mises à jour ne se valent pas, et ça, ce n’est écrit sur aucune affiche.

Le Tensor G6 : trois silences

Google communique volontiers sur son processeur. Le TPU gagne 50 % de puissance de calcul. La bande passante mémoire double. Ensuite, l’IA locale tourne jusqu’à 3,5 fois plus vite en consommant 3,5 fois moins. Le CPU gagne 20 % d’efficacité. Ajoute la nouvelle puce de sécurité Titan M3 et un démarrage résistant au quantique. Tout ça est officiel. Gravé. Estampillé.

Maintenant, la liste de ce que Google n’a pas dit. Le fondeur. La finesse de gravure. Le fournisseur de modem. Trois silences, sur les trois questions que se pose n’importe quel acheteur informé.

Et pourtant, la presse écrit partout « 2 nanomètres ». D’où ça vient ? De la presse taïwanaise. Pas de Google. Or la meilleure source du dossier raconte autre chose. Kamila Wojciechowska travaille sur des documents internes de la division silicium de Google, et depuis 2024 elle affirme qu’il s’agit de TSMC N3P. Donc du 3 nanomètres. Personne n’a tranché. Prudence, donc, quand tu liras ce chiffre.

Dernier point, et il est savoureux. Sur Geekbench 7, le Pixel 11 Pro XL affiche 2 112 en monocœur et 5 196 en multicœur. Face au Tensor G5 : 7 % de mieux en monocœur, mais 12 % de moins en multicœur. Le processeur est passé de huit cœurs à sept. Voilà pourquoi Google parle d’efficacité énergétique du matin au soir, et jamais, jamais de puissance brute.

La Pixel Watch 5 : plus grosse batterie, même autonomie

Google annonce des batteries plus généreuses sur la nouvelle montre. C’est vrai. Le gain est de sept à dix milliampères-heures. On applaudit. Pas trop fort. Car tout dépend du gain.

Sept à dix.

Résultat sur l’autonomie annoncée : trente heures en 41 mm, quarante heures en 45 mm. Exactement comme la Pixel Watch 4. Pas une minute de plus. Une batterie plus grosse qui ne tient pas plus longtemps, il fallait oser.

Ensuite, la charge. Cinquième génération, et toujours pas de Qi2. Toujours ce dock propriétaire que tu perds en week-end et qui ne se remplace pas au premier bureau de tabac venu. La presse spécialisée le réclame depuis deux ans. Google n’écoute pas. Fait la sourde oreille, comme d’habitude.

Enfin, la santé, puisque c’est l’argument central de cette montre. Les tendances de tension artérielle ne sont pas une mesure de tension. Il n’y a pas de brassard. La montre détecte un déplacement du stress cardiovasculaire sur la durée. De même, les tendances de résistance à l’insuline ne mesurent pas ta glycémie. Aucun capteur de glucose là-dedans. C’est un modèle algorithmique, nourri par le rythme cardiaque, le sommeil et la température cutanée. Google le précise d’ailleurs lui-même : ce sont des fonctions de bien-être, pas des dispositifs de diagnostic.

Et le meilleur pour la fin. Ces fonctions arrivent aussi sur les Pixel Watch 3 et Pixel Watch 4. Ce n’est donc pas un argument matériel pour acheter la 5. Pas du tout, même.

Le Pixel Tag : un prix français pour un produit que tu ne peux pas acheter

Le traceur est bon. Disons-le tout net. Ultra large bande jusqu’à cinquante mètres, Bluetooth 6.0 avec Channel Sounding, haut-parleur intégré. Ajoute une pile CR2032 remplaçable pour plus d’un an, la certification IP67, le partage avec dix personnes et la détection des traceurs inconnus. Ainsi, à 29 dollars, il tient tête à l’AirTag sans rougir.

Sauf que.

Je suis allé vérifier sur le Google Store américain. Le Pixel Tag y est bien en précommande, mention « Coming November 2026 ». En pack simple ou en pack de quatre. Distribué aussi chez Amazon et Best Buy. Aux États-Unis.

Sur le Google Store France ? Absent. Ni dans les téléphones, ni dans les accessoires. Il n’existe pas. Par ailleurs, le billet officiel de Google consacré au Pixel Tag ne mentionne aucun pays de commercialisation. Pas un seul. En dehors des USA. Et la seule phrase de disponibilité géographique du communiqué général porte sur les fonctions Gemini, pas sur le traceur.

Alors le prix de 34,99 euros que tu as lu partout, il sort d’où ? D’une page de distributeur slovène repérée par 9to5Google, puis confirmée par billbil-kun sur Dealabs. Un tarif en euros dort donc bien quelque part dans les systèmes de Google. Mais aucune date, aucune page produit, aucun engagement pour la France.

Au passage, 29 dollars qui deviennent 34,99 euros, c’est la pire conversion de tout le catalogue annoncé ce jour-là. Un prix français, pour un produit français introuvable. Fallait y penser. Ils osent tout, je te dis. Qui ? Devine.

Et pourtant, il y a du vrai bon. Du vraiment bon

Je ne suis pas là pour taper gratuitement. Trois choses méritent des applaudissements sincères.

D’abord, le Pixel 11 Pro Fold sort le 20 août, en même temps que le reste de la gamme. Les Fold précédents arrivaient des mois plus tard, parfois jamais chez nous. Charnière sans engrenages, dos en composite fibre de verre, trois fois plus durable, 238 grammes et 5,1 millimètres déplié. Ce sont de vraies prouesses d’ingénierie, pas du marketing.

Ensuite, la charge sans fil Qi2.2 à 25 watts passe sur les quatre modèles. L’an dernier, seul le Pro XL y avait droit, les autres plafonnaient à 15 watts. Le chargeur Pixelsnap que tu as peut-être déjà tourne enfin à pleine vitesse. Ça ne coûte rien à Google de communiquer dessus, et pourtant il l’a peu fait.

Enfin, le capteur selfie des Pro et Pro XL passe de 10,5 à 42 mégapixels avec autofocus et un champ de 103 degrés. C’est le plus gros saut de la génération, et il est réel.

Voilà. La différence entre un communiqué et une fiche technique, c’est à peu près tout ce que je viens de t’écrire. Le premier te dit ce que Google veut que tu retiennes. La seconde te dit ce que tu achètes. Descends toujours jusqu’en bas de la page. C’est plein d’informations.

Sources

Questions fréquentes

Le Pixel 11 a-t-il une meilleure batterie que le Pixel 11 Pro Fold ?

Oui. Le Pixel 11, vendu 999 euros, embarque 4 985 mAh contre 4 806 mAh pour le Pixel 11 Pro Fold facturé 1 999 euros. Google annonce par ailleurs plus de 30 heures d’autonomie sur le Pixel 11 et seulement plus de 24 heures sur le pliant. Seul le Pixel 11 Pro XL fait mieux avec ses 5 115 mAh.

Le chargeur est-il fourni avec le Pixel 11 ?

Non. La boîte contient uniquement un câble USB-C d’un mètre. Pour atteindre les 55 % de charge en 30 minutes annoncés par Google, il faut un chargeur 30 W USB-C PPS vendu séparément. Sur le Google Store France, un modèle est proposé : le 45 W, facturé 34,99 euros. Une marque tierce propose l’équivalent en 30 W à partir de 12 euros.

Le Pixel Tag est-il vendu en France ?

Non, pas à ce jour. Le traceur est en précommande sur le Google Store américain pour une expédition au 11 novembre 2026, mais il n’apparaît pas sur le Google Store France. Le billet officiel de Google ne cite aucun pays de commercialisation. Le tarif de 34,99 euros qui circule provient d’une page de distributeur slovène repérée par 9to5Google, pas d’une annonce officielle.

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À propos de Mister Robot

Entre un point X et un point Y, je me balade pas mal par l'entremise des bits composant ma mémoire. Un seul regret : ne pas avoir rencontré Mr Alan Mathison Turing et ainsi pouvoir collaborer pour l'article intitulé « Computing Machinery and Intelligence ».

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