Lacros : le projet que Google a enterré, et dont Aluminium OS exauce enfin le vœu

Lecture : 8 minutes
Projet Lacros : mort chez Google, vivant dans Aluminium OS
Projet Lacros : mort chez Google, vivant dans Aluminium OS
Sommaire

Tu te souviens de Lacros ? Ce chantier que Google a agité comme une carotte pendant quatre ans. Et qu’il a arrêté sans un mot d’adieu ? Si je t’en parle, c’est que je te tiens la meilleure blague de l’année. Le rêve de Lacros, découpler le navigateur du système, est aujourd’hui bien vivant. Pas dans ChromeOS. Dans son successeur, Aluminium OS. Et il y arrive les doigts dans le nez, là où Lacros a sué sang et eau. Assieds-toi, je te raconte cette petite ironie. Tu risques de pleurer de joie.

Ce qu’il faut retenir

  • Lacros voulait séparer Chrome du système pour mettre à jour le navigateur sans toucher à l’OS.
  • Google a tué le projet en 2024, à la version ChromeOS 128, sans jamais le sortir du stade expérimental.
  • Aluminium OS réalise ce même rêve nativement : Chrome y devient une simple application, mise à jour depuis le Play Store, sans redémarrage.
  • Lacros n’est pas l’ancêtre technique d’Aluminium. C’est une victime, pas une graine. Mais son objectif, lui, a survécu.

Lacros, c’était quoi déjà ?

Reprenons depuis le début. Lacros, c’est l’acronyme de « Linux And ChRome OS ». Un nom de bricoleur pour une idée pourtant maligne. Sur ChromeOS, le navigateur et le système ne font qu’un. Un seul binaire, soudé. Résultat : tu ne peux pas mettre Chrome à jour sans mettre à jour l’OS entier. Embêtant. Surtout quand ta machine passe en fin de support et cesse de recevoir des correctifs. Je te renvoie à mon article sur comment lire les numéros de version de ChromeOS : le décodeur complet. Et tu pourras constater que le numéro de version de Google Chrome et ChromeOS sont bien imbriqués.

Lacros cassait cette soudure. D’un côté, ash-chrome, l’interface système. De l’autre, lacros-chrome, le navigateur, tiré de la version Linux de Chrome. Deux binaires distincts, publiables séparément. En clair : Chrome pouvait enfin vivre sa vie. Et continuer de recevoir ses rustines de sécurité, même sur un vieux Chromebook déclaré obsolète. Sur le papier, c’était brillant. On t’en parlait déjà chez nous dès 2021. Et depuis, on n’a pas raté un épisode : neuf articles au compteur pour suivre le feuilleton, du premier flag repéré jusqu’à l’enterrement.

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Pourquoi Google l’a jeté à la benne

Puis, patatras. En juillet 2024, Google range Lacros au placard. Fin de l’expérience à la version ChromeOS 128. Point final. Officiellement, la firme explique poursuivre « des objectifs similaires » en faisant adopter à ChromeOS de larges morceaux de la pile Android. Autrement dit : on garde le but, on change de route.

4 ans

de chantier pour rien

Lacros — 2020/2024

Fais le calcul toi-même. Le projet démarre en 2020. Il meurt à l’été 2024, sans jamais quitter le canal expérimental. Tout ce temps, toute cette ingénierie, pour un truc que quasiment personne n’a fait tourner en stable. Google l’a d’ailleurs reconnu du bout des lèvres : seule une poignée de testeurs y aura touché. La cause du décès ? Pas un bug. Un virage stratégique. À partir du moment où ChromeOS partait se reconstruire sur Android, Lacros faisait doublon. En effet, pourquoi scinder un binaire à la main, quand l’architecture d’à côté sépare déjà tout, nativement ?

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Aluminium exauce le vœu, par la porte de derrière

Et c’est là que l’histoire devient piquante. Sur Android, Chrome n’a jamais été soudé au système. C’est une application, tout bêtement. Tu la mets à jour depuis le Play Store, quand ça te chante, sans toucher à l’OS. Devine quoi. En reconstruisant ChromeOS sur Android, Google récupère ce découplage gratuitement. Les fuites d’Aluminium OS le confirment noir sur blanc. Début 2026, une vidéo interne montre Chrome tournant comme une app ordinaire. On y voit sa mise à jour lancée depuis le Play Store, sans redémarrer la machine. Mieux : le navigateur ne se ferme même pas brutalement pour se relancer, comme le fait ChromeOS aujourd’hui. La bascule s’opère en douceur.

Regarde bien l’ironie. Le vœu de Lacros, mettre Chrome à jour indépendamment du système, est exaucé. Ligne par ligne. Sauf que ce n’est pas Lacros qui le réalise. C’est Android, en absorbant purement et simplement le monde du PC. Le bénéfice pour les vieilles machines tient toujours, par ailleurs : un navigateur découplé peut recevoir des correctifs bien après la fin de support de l’OS. Exactement la promesse de départ. Un bémol, tout de même, et il te parlera si tu suis les parcs scolaires. Faire de Chrome une app séparée, c’est aussi deux canaux de mise à jour à gérer au lieu d’un. Un gain de sécurité pour l’utilisateur, une ligne de plus dans le tableau de l’administrateur. Rien de dramatique. Mais rien de gratuit non plus.

Alors, Lacros n’aura servi à rien ?

Doucement. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Techniquement, soyons clairs : Lacros n’est pas l’ancêtre d’Aluminium. Pas une ligne de code de l’un ne se retrouve dans l’autre. Les deux ne partagent ni la même base, ni la même méthode. Lacros scindait un binaire Chromium. Aluminium, lui, repart des fondations d’Android. Bref, Lacros n’est pas la graine d’Aluminium. C’en est la victime collatérale.

Cependant, le projet n’aura pas été totalement vain. Google affirme que les retours des testeurs de Lacros ont nourri des améliorations bien réelles de ChromeOS. Connexion plus rapide, meilleure autonomie en lecture vidéo : quelques miettes concrètes tirées de l’aventure. De plus, Lacros aura servi de laboratoire. Un galop d’essai pour une idée que Google finit par imposer autrement, et en mieux. En résumé, la vraie leçon est ailleurs. Chez Google, un projet peut s’arrêter sans que son idée meure avec lui. Le rêve survit au cadavre. Lacros a échoué comme moyen. Son but, lui, se porte comme un charme. Et il répond désormais au nom d’Aluminium.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le projet Lacros de Google ?

Lacros, pour « Linux And ChRome OS », était un projet visant à séparer le navigateur Chrome du système ChromeOS, jusque-là fondus dans un même binaire. Le but : mettre Chrome à jour sans mettre à jour tout l’OS, et prolonger la sécurité des Chromebook même après la fin de leur support.

Pourquoi Google a-t-il abandonné le projet Lacros ?

Google a arrêté Lacros à la version ChromeOS 128, en juillet 2024. La firme a expliqué poursuivre les mêmes objectifs autrement, en reconstruisant ChromeOS sur de larges portions de la pile Android. Ce virage stratégique rendait Lacros redondant.

Le découplage visé par Lacros existe-t-il dans Aluminium OS ?

Oui. Sur Aluminium OS, bâti sur Android, Chrome est une application ordinaire mise à jour depuis le Play Store, sans redémarrer la machine. Le découplage que visait Lacros est donc atteint nativement, mais par une tout autre voie.

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2 réponses à “Lacros : le projet que Google a enterré, et dont Aluminium OS exauce enfin le vœu”

  1. Avatar

    Bonjour..Lacros c’était/c’est surtout quand ta machine passe en fin de support et cesse de recevoir des correctifs. Maintenant une alternative à Lacros, c’est Chrome par….le container Linux..

    1. Avatar

      Bonjour, Exactement, et tu mets le doigt sur le vrai intérêt de Lacros : garder un navigateur à jour même quand la machine passe en fin de support et ne reçoit plus de correctifs. C’était son argument massue.
      Google l’a un peu désamorcé depuis avec les 10 ans de mises à jour, mais l’idée tenait la route.

      Sur l’alternative Chrome dans le container Linux : ça marche, tu récupères un Chrome qui se met à jour tout seul, indépendamment de ChromeOS. Deux bémols quand même. D’abord les perfs et l’intégration, plus lourdes dans un conteneur que le navigateur natif. Ensuite, et c’est le point qui fâche : sur une machine en AUE, le container Linux et le socle ChromeOS ne reçoivent plus de correctifs de sécurité non plus. Tu te retrouves avec un navigateur tout neuf posé sur un OS troué. Pour du dépannage ou un usage léger, pourquoi pas.
      Pour de la vraie sécurité au long cours, ça reste un cautère sur une jambe de bois.

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