Sommaire
- A retenir
- Federighi pose trois axes, et l’ordre n’est pas innocent
- MacOS Golden Gate et iOS 27 : on polit, on ne révolutionne pas
- Siri IA : la promesse de 2024 enfin debout
- Le routage en trois étages, là où tout se joue
- Les Extensions : la forteresse pose une porte d’entrée
- Apple Intelligence partout, et le grand emprunt à Google
- Le salon, le HomePad et homeOS
- Ce qui te concerne directement, l’ami
- Le calendrier
- Verdict
- FAQ Foire Aux Questions
- Sur quel modèle tourne le nouveau Siri ?
- Le nouveau Siri sera-t-il disponible en Europe au lancement ?
- Quand sortira iOS 27 ?
- Produits les plus vendus
- 100 trucs et astuces sur ChromeOS et Chromebook
- Chromebook le guide
- Guide de démarrage rapide pour Chromebook
- Partager :
Lundi 8 juin, 19 heures heure de Paris. Tim Cook monte sur la scène de l’Apple Park pour la dernière fois en tant que PDG. Il le sait, on le sait. Le 1er septembre, il passe la main à John Ternus et glisse vers un fauteuil de président exécutif. Alors pour son baroud d’honneur, Apple sort le grand jeu. Un nouveau Siri, reconstruit de zéro, présenté comme la rédemption après deux ans d’humiliation.
Sauf qu’il y a un détail. Le cerveau de ce nouveau Siri, il n’est pas signé Apple. Il est signé Google. Tu as bien lu. La firme qui a passé une décennie à te vendre la confidentialité comme une religion vient de confier l’intelligence de son assistant phare à son plus vieux rival. Et elle a passé le reste de la soirée à te jurer, la main sur le cœur, que tes données restent sacrées. C’est cette contradiction qui définit toute la keynote. On va la décortiquer ensemble.
A retenir
Apple a présenté à la WWDC 2026 un Siri entièrement reconstruit dont l’intelligence cloud repose sur un modèle Gemini sur mesure de Google, soulevant une contradiction frontale avec son discours historique sur la confidentialité.
Federighi pose trois axes, et l’ordre n’est pas innocent
Cook cède vite la scène à Craig Federighi. Trois axes pour cette édition, annonce-t-il : les améliorations des plateformes, la confiance et la sécurité, et enfin « un grand bond en avant pour Apple Intelligence ».
Regarde bien cet ordre, l’ami. La confidentialité passe en deuxième, avant même l’IA. Le matin même, un panneau planté devant l’Apple Park accusait Apple d’être « powered by child sexual abuse », rappelant la détection de contenus pédocriminels abandonnée par la firme. Le soir, Apple consacre un chapitre entier à la protection des enfants, refilant d’ailleurs la responsabilité aux développeurs via la déclaration de tranche d’âge. Le hasard n’existe pas dans une keynote millimétrée.
Quant au gros morceau, l’IA, il est gardé pour la fin et emballé dans le superlatif. On y arrive.
MacOS Golden Gate et iOS 27 : on polit, on ne révolutionne pas
Avant Siri, Apple s’occupe de la vitrine. Le prochain MacOS s’appelle Golden Gate, dévoilé dans un sketch avec un van Volkswagen et une figurine de Federighi sur le tableau de bord. Apple poursuit sa série de lieux californiens, après Tahoe. Les paris Big Bear et Emerald sont morts.
Côté iOS 27, on reste dans le raffinement. Les icônes d’apps gagnent en relief et en profondeur grâce à des éléments Liquid Glass retravaillés. Surtout, Apple livre enfin le curseur de transparence, cette fonction prévue pour iOS 26 et abandonnée pour raisons techniques. Tu pourras désormais doser toi-même l’effet de verre, au lieu de subir le choix de Cupertino. Une réponse directe aux critiques de lisibilité de l’an dernier.
Rien de révolutionnaire ici. iOS 27 est une release de nettoyage, et Apple ne s’en cache pas.
Siri IA : la promesse de 2024 enfin debout
Federighi officialise ce que tout le monde savait : « Nous avons entamé une collaboration étroite avec Google » cette année. En s’appuyant sur les modèles Gemini, Apple a bâti des modèles tournant à la fois sur l’appareil et sur ses serveurs, avec des gains massifs et du multimodal. La pique du même Federighi contre ceux qui font « de l’IA pour l’IA » ne manque pas de sel, venant du retardataire obligé de tendre la main à Google pour rattraper son retard.
Puis Mike Rockwell, vice-président de l’ingénierie Siri, dégaine le clou du spectacle. « Nous avons reconstruit Siri avec une IA puissante, et nous présentons aujourd’hui une version entièrement nouvelle. Nous l’appelons Siri IA. »
Le vieux Siri qui ne savait que poser un minuteur est mort. Le nouveau est conversationnel, garde l’historique de tes échanges dans une app dédiée synchronisée de façon privée via iCloud, comprend ce qui est à l’écran et agit dans tes apps. Les démos s’enchaînent : retrouver un dessert mentionné dans tes messages, composer un menu de soirée, ajouté une photo précise à un album partagé d’un simple « ajoute celle avec Bryce, Madison et Quinn », fouiller ton disque dur pour comparer des devis dans un tableau, ou retrouver le message de ton gosse puis rédiger un courriel au prestataire concerné.
Tu peux invoquer Siri IA depuis n’importe où, en glissant vers le bas depuis l’îlot dynamique ou par un appui long sur le bouton Action. Tu peux même te fabriquer une voix sur mesure. L’assistant débarque sur watchOS avec une nouvelle grille d’apps, et sur visionOS avec une visualisation 3D que tu actives juste en la regardant, sans dire « Dis Siri ».
C’est, sans exagérer, le plus gros chamboulement de Siri depuis sa naissance en 2011.
Le routage en trois étages, là où tout se joue
Voici la mécanique, l’ami, et c’est le cœur du sujet. Siri IA répartit tes requêtes sur trois niveaux selon leur complexité. Les tâches simples restent sur l’appareil, traitées par les modèles maison d’Apple, sans qu’aucune donnée ne quitte ton iPhone. Les requêtes moyennes montent vers le Private Cloud Compute d’Apple, sur silicium maison. Et les requêtes les plus lourdes, les plus exigeantes en raisonnement, partent vers Google Cloud, sur des puces Nvidia Blackwell B200.
Le modèle Gemini en question est sur mesure, environ 1,2 billion de paramètres selon les informations de Bloomberg confirmées publiquement par le PDG de Google Cloud Thomas Kurian. Il utilise une architecture mixture-of-experts, qui n’active qu’une fraction des paramètres par requête, ce qui maintient la puissance d’un modèle géant tout en limitant la latence. Apple paierait environ un milliard de dollars par an pour ce modèle, dans un contrat pluriannuel.
Apple jure que tout est verrouillé. À chaque étape, les requêtes sont anonymisées, détachées de ton identifiant Apple et tokenisées avant d’atteindre Google. Le contrat interdirait à Google d’utiliser ces requêtes pour entraîner ses futurs modèles. Et le chiffrement matériel des puces Blackwell garderait tes données illisibles, même pour l’opérateur du cloud, pendant le traitement.
Voilà le grand écart. La fonction la plus puissante de ton iPhone tourne sur les serveurs de Google. Les fonctions axées vie privée restent en local. Une analyse en direct a résumé le milliard annuel d’une formule cruelle : ce n’est pas une licence, c’est « une prime à la reddition ». Apple ne pouvait plus bâtir un assistant compétitif tout seul, et il l’admet en signant un chèque à son rival.
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Soutenir MyChromebook.frLes Extensions : la forteresse pose une porte d’entrée
Deuxième renversement de la soirée, peut-être le plus stratégique. iOS 27 introduit les Extensions, un cadre qui ouvre Siri, les outils d’écriture et Image Playground aux fournisseurs d’IA tiers, via une section dédiée de l’App Store.
Concrètement, tu pourras définir Claude, ChatGPT, Gemini ou Grok comme IA préférée pour les fonctions Apple Intelligence. Apple abandonne son modèle à fournisseur unique, ChatGPT, pour une plateforme ouverte et concurrentielle. Les réglages vivront dans la section Apple Intelligence et Siri. Apple teste Claude et Gemini comme deux premiers partenaires tiers, aux côtés de l’intégration ChatGPT existante.
Pour une boîte qui enfermait historiquement ses utilisateurs dans son jardin clos, c’est un séisme. Et un cadeau d’un milliard d’appareils offert à Anthropic, OpenAI et Google.
Apple Intelligence partout, et le grand emprunt à Google
Le reste de la keynote déroule les fonctions Apple Intelligence, et c’est là que ça devient piquant. Plusieurs nouveautés sentent furieusement le décalque de Google.
L’app Messages devient proactive, lit tes conversations et te suggère des actions. Engadget le note sans détour : ça ressemble à s’y méprendre au Magic Cue de Google. Le « Contexte d’appel » dans l’app Téléphone va chercher ton code de confirmation dans Mail pendant que tu appelles une compagnie aérienne. Quasiment identique au Magic Cue des Pixel 10. Et la nouvelle Visual Intelligence sur Mac, qui te laisse entourer une zone à l’écran pour en tirer du contexte, c’est le cousin du Circle to Search de Chrome.
Apple loue le moteur de Google, puis lui emprunte ses idées d’interface. La frontière entre inspiration et copie devient floue.
Pour le reste : Safari range tes onglets par thèmes et les surveille à ta place avec une fonction « Me prévenir ». L’app Mots de passe peut changer automatiquement tes identifiants compromis. Le Calendrier accepte le langage naturel. L’app Maison décrit ce que voient tes caméras et retrouve un incident précis en croisant plusieurs flux, confort et surveillance sur la même pièce. Image Playground débloque le photoréalisme avec le modèle maison et s’ouvre aux développeurs via une API. Et Photos hérite du remplissage génératif via les outils Étendre et Recadrage Spatial, qui inventent les pixels manquants, le tout traité sur le cloud privé. Apple jure aider les photographes « dans le respect de l’instant original ». Fabriquer du décor qui n’a jamais existé tout en jurant fidélité au réel, voilà le marketing maison dans toute sa splendeur.
Le salon, le HomePad et homeOS
Apple ne lâche pas de matériel ce soir, mais il pose les rails. La firme présente HomeOS, un nouveau système pour son futur HomePad, un hub combinant un haut-parleur HomePod, un écran de 7 pouces et une puce A18. tvOS 27 reçoit aussi des fonctions d’intégration maison pensées pour fonctionner avec le HomePad comme hub domestique. Le HomePad arriverait à l’automne. Apple veut entrer dans ton salon, et il prépare le logiciel avant le hardware.
Ce qui te concerne directement, l’ami
Maintenant le passage qui pique pour nous, en Europe. Les versions les plus performantes de Siri seront réservées aux derniers iPhone et iPad, les développeurs pouvant tester dès aujourd’hui. Mais Apple le dit noir sur blanc : pas de disponibilité immédiate dans l’Union européenne, et la Chine attendra aussi le temps de la mise en conformité réglementaire. L’Europe encore reléguée à cause du bras de fer autour du DMA, on connaît la rengaine.
Siri IA démarrera par ailleurs en anglais seulement, les autres langues arrivant « rapidement », formule maison qui veut souvent dire patiente.
Côté développeurs, c’est du sérieux. SiriKit est officiellement déprécié, place aux App Intents pour intégrer le nouveau Siri, avec deux à trois ans pour migrer. Core ML cède la place à un nouveau framework Core AI. Xcode embarque un assistant de codage agentique capable de simuler des apps entières, Federighi osant le qualifier de « meilleur endroit » pour ce genre d’exercice, ce qui a fait tiquer pas mal de devs dans la salle. Le multimodal maison s’ouvre aussi aux apps tierces, avec les images en entrée du framework des modèles de base.
Le calendrier
Les bêtas développeurs des six OS, iOS 27, iPadOS 27, macOS 27, watchOS 27, tvOS 27 et visionOS 27, sont parties dès la fin de la keynote. Les bêtas publiques sont attendues en juillet, la sortie grand public à l’automne avec la gamme iPhone 18. Le nouveau Siri arrivera en bêta encadrée à ce moment-là, avec un déploiement progressif.
Note pour le matériel : MacOS Golden Gate abandonne les Mac Intel, Apple Silicon obligatoire. Donc les Mac Pro de 2019 à plus de 6000 euros restent le tapis. Ambiance crispée pour certains.
Verdict
Cook a tiré sa révérence sur une adresse aux développeurs. Élégant, sincère même. Mais l’histoire retiendra que le clou de son dernier show tournait sur les serveurs de Google. C’est la grande leçon de cette WWDC 2026, l’ami. Apple n’a pas gagné la course à l’IA, il a acheté son ticket d’entrée à un rival, pour un milliard par an. Et il a passé deux heures à habiller cette dépendance d’un discours sur la confidentialité, tout en empruntant au passage trois ou quatre idées d’interface à ce même rival. Le nouveau Siri a l’air bon, en démo. Reste à voir s’il tiendra debout sur les iPhone à l’automne, lui qui s’est fait attendre deux ans et a déjà coûté 250 millions de dollars en règlement à l’amiable.
On en reparlera quand la bêta sera proposé. D’ici là, méfie-toi des superlatifs.
FAQ Foire Aux Questions
Sur quel modèle tourne le nouveau Siri ?
Les requêtes les plus lourdes sont routées vers un modèle Gemini sur mesure d’environ 1,2 billion de paramètres, hébergé sur Google Cloud sur des puces Nvidia Blackwell B200. Les tâches simples restent en local sur l’appareil, et les requêtes moyennes passent par le Private Cloud Compute d’Apple.
Le nouveau Siri sera-t-il disponible en Europe au lancement ?
Non. Apple a indiqué que les versions les plus performantes de Siri ne seraient pas disponibles immédiatement dans l’Union européenne, pour des raisons de conformité réglementaire. La Chine est également concernée par ce retard.
Quand sortira iOS 27 ?
Les bêtas développeurs sont disponibles depuis la fin de la keynote, les bêtas publiques sont attendues en juillet, et la sortie grand public se fera à l’automne 2026 avec la gamme iPhone 18.






