Sommaire
Quatre nouvelles, et un fil qui les relie sans que personne l’ait fait exprès. Google a modifié une page. DMA oblige. Sans rien annoncer. À trois semaines de l’échéance qui l’oblige à ouvrir ses données de recherche aux concurrents. Deuxième nouvelle, toujours Google, qui trouve que son équipe anti-spam se porte très bien. Merci de s’intéresser à leur santé. Pendant ce temps, 82 % d’URL en plus se font éjecter du top 100. On quitte Mountain View, direction Berlin. Nos cousins germains se sont fait aspirer 5,79 To. Bien entendu, le pirate a mis un prix dessus, avec une date. Et on finit chez un vendeur de plantes français, parce qu’il fallait bien que la série des fuites continue. Tu vas voir, elle continue. Quand va-t-elle s’arrêter ? On ne sait pas.
OFFICIELDMA
Google a réécrit le mode d’emploi. Il ne l’a dit à personne.
Le 31 août, la page qui explique aux moteurs de recherche concurrents comment obtenir les données de Google en Europe a été modifiée. Elle porte désormais la mention « Last updated 2026-08-31 UTC ». Google y écrit avoir « rafraîchi la présentation du programme, les critères d’éligibilité et les modalités de candidature ». Aucun billet de blog, aucun communiqué. Un site spécialisé l’a repérée, c’est tout. Pour une entreprise qui publie trois annonces par jour, le silence est une méthode.
Ce que tu peux enfin lire noir sur blanc, ce sont les conditions. Pour toucher aux données de classement, de requêtes, de clics et de vues de Google dans l’Espace économique européen, il faut avoir opéré un moteur de recherche dans l’Union pendant deux années consécutives. Ou avoir été fondé il y a moins de deux ans, mais avoir levé plus de 50 millions d’euros. Il faut aussi 50 000 utilisateurs mensuels moyens minimum dans l’Union sur l’année écoulée. Ne pas être contrôlé, « directement ou indirectement », par des acteurs étatiques hors EEE. Ne pas être lié à des entités sous sanctions. Côté facture, Google se limite aux « coûts supplémentaires de mise à disposition des données, ainsi qu’à un taux de rendement spécifié ». Traduction : il ne gagne rien dessus. Enfin, il le dit.
Et pour vérifier que tu es bien sage, un rapport de certification de niveau 1 par un auditeur tiers indépendant avant d’obtenir le moindre accès, puis un niveau 2 en surveillance continue. Rien de tout cela n’est illégal. C’est même exactement ce que l’article 6(11) du règlement sur les marchés numériques réclame. Reste une question de calendrier. Le 23 juillet, la Commission européenne infligeait à Google une amende de 890 millions d’euros, assortie d’une injonction de refonte sous soixante jours. L’échéance tombe vers le 21 septembre. Trois semaines. Et la Commission, elle, n’a rien publié : son fil d’actualité s’arrête au 23 juillet, sa page sur le partage des données de recherche au 16 avril. Un des deux camps bouge en silence. Ce n’est pas celui qui a écrit l’amende.
Une réserve, parce qu’on est carré ici : la page affiche la date de sa mise à jour, pas l’heure. Impossible de jurer à la minute près de quand elle a changé. Et le rapprochement avec le 21 septembre, c’est ma lecture. Google, lui, n’a rien expliqué du tout.
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82 % d’URL éjectées en plus. Google répond « oui, ça va ».
La question était simple. Gagan Ghotra demandait publiquement si l’équipe anti-spam de Google avait encore les moyens de faire son travail. Rajan Patel, vice-président ingénierie de Google Search, a répondu trois mots : « Yes it is. » Voilà. Tu as ta communication de crise, elle tient sur une ligne.
Le contexte, lui, est un peu plus bavard. Mordy Oberstein, de SE Ranking, a mesuré les effets de la mise à jour anti-spam d’août 2026 et sort un chiffre : 82 % d’augmentation du nombre d’URL que Google a éjectées du top 100. Il prend soin de préciser pourquoi c’est brutal, et il a raison de le préciser : c’est une mise à jour anti-spam, pas une mise à jour de l’algorithme principal. Une mise à jour principale, ça rebat les cartes. Une mise à jour anti-spam, ça sort des sites du jeu.
Glenn Gabe, de son côté, a documenté les dégâts site par site. Un cas monté à 1,3 million d’URL, qu’il décrit sobrement comme « visiblement très programmatique ». Un autre avec près de 250 000 URL indexées, en chute lourde. Tu vois le profil. Ce ne sont pas des blogs personnels qui prennent, ce sont des fermes de pages générées à la chaîne.
Alors bien sûr, tout le monde tombe d’accord. Google dit qu’il a les moyens, les chiffres disent que ça tape fort, et les deux affirmations sont compatibles. Reste que la réponse est arrivée en trois mots sur un réseau social, et pas dans un billet officiel. Une réserve pour finir : le message d’origine n’a pas été ouvert en première main ici, seule la reprise l’a été.
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Soutenir MyChromebook.frBerlin s’est fait vider 5,79 To. Le pirate a mis un prix, et une date.
Reprenons dans l’ordre, parce que la chronologie fait tout le sujet. Le 14 août, l’opérateur informatique du Land de Berlin détecte des activités anormales et débranche du réseau régional deux administrations : le Développement urbain et l’Environnement. Sauf que l’exfiltration, elle, a eu lieu entre le 7 et le 12 août. Cinq jours d’avance sur la détection. Tu connais la chanson, elle se joue aussi en France.
Le groupe Rhysida revendique 5,79 téraoctets et 1,44 million de fichiers. Dans le lot : 46 500 contrats, des dossiers pénaux et des procédures contraventionnelles, des courriels, des listes de salaires, des mots de passe en clair, des IBAN. Et, plus inquiétant que tout le reste, des analyses d’infrastructure critique portant sur le réseau d’eau. On n’est plus sur du fichier client.
Le prix est affiché : 2 millions d’euros en bitcoins, avec un plancher d’enchères à 30 BTC. Le délai aussi : six jours à compter du 28 août, ce qui nous met au 3 septembre. Après quoi les données partent aux enchères publiques. Et c’est là que Berlin fait quelque chose qu’on n’a pas beaucoup vu de ce côté-ci du Rhin. Le maire Kai Wegner et la sénatrice à l’Intérieur Iris Spranger montent au créneau publiquement, le 28 août, pour dire une phrase et une seule : « le Land de Berlin ne se laisse pas rançonner ». Pas un communiqué anonyme. Deux noms, une position, une date.
La ville reconnaît le vol de données. Elle ne confirme pas le volume, et elle a raison de ne pas le faire : les 5,79 To et les 46 500 contrats sont les chiffres du pirate, pas de l’administration. Elle précise aussi qu’aucune donnée électorale n’a été touchée, à quelques semaines des régionales. Une dernière réserve, importante : tout ce qui précède s’est joué entre le 14 et le 29 août. Ce qui est neuf, c’est la vague de presse allemande du 31, pas l’attaque.
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1,3 million de lignes et 1 500 IBAN chez un vendeur de plantes
Cette fois ce n’est ni un ministère, ni une fédération, ni une enseigne nationale. C’est Herbiolys, qui vend de la phytothérapie, aux particuliers comme à un réseau de pharmacies, de magasins bio et de professionnels de santé. Et c’est justement pour ça que ça vaut le coup d’en parler. Tu peux être une PME discrète et te retrouver avec un million de lignes dans la nature.
Le pirate se fait appeler « Sophia ». Il revendique 1,3 million de lignes et, surtout, 1 500 IBAN uniques. Le reste est du même tonneau : identités complètes, dates de naissance, adresses postales, courriels, téléphones, hachages de mots de passe, commandes et montants, références PayPal, et des cartes bancaires partiellement masquées. Partiellement. Retiens ce mot, il fait beaucoup de travail dans une phrase.
Deux détails changent la nature du dossier. D’abord, le point d’entrée n’est pas précisé : on ne sait pas par où c’est passé. Ensuite, et c’est le plus embêtant, ces données ne dorment pas dans une vieille sauvegarde oubliée. On y trouve des comptes, des paiements, des commandes et des points de retrait enregistrés en août 2026. Autrement dit : c’est frais. L’intrusion est contemporaine, même si le calendrier technique exact reste flou.
Quant à l’entreprise, elle n’a rien dit. Pas de communiqué, pas d’information aux clients, rien. Là encore, on connaît la mécanique. Le pirate publie, les traqueurs relaient, et le principal intéressé attend de voir si ça retombe. Une réserve, parce qu’elle compte : tout ce qui précède repose sur une source unique, et rien n’a été confirmé par Herbiolys.
Quatre nouvelles, deux camps. D’un côté ceux qui modifient une page sans rien dire et répondent en trois mots. De l’autre ceux qui affichent un prix, une date et une échéance. Devine lesquels sont les honnêtes gens.
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