A un train de sénateur Google va !

Même si tous les jours ou presque, nous vous informons sur des nouveautés au niveau Chrome OS, il faut reconnaître que Google avance à un pas de sénateur dans la mise en application de celles-ci. Il y a un delta entre la proposition sur le canal DEV et l’intégration sur le  canal Stable. Nous en avons pour preuve la mise en place effective de la refonte de Fonds d’écran.  Le 6 mars Nicolas annonçait « Une refonte complète de la fonction Fonds d’écran sur Chrome OS »  où l’application allait passer de quelque chose de terne et presque insipide à une présentation claire avec une proposition de plusieurs dizaines de nouveaux fonds d’écrans. Bref, de quoi rendre votre Chromebook encore plus beau. Plusieurs mois ont passé et nous avons pu déclamer « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » car la refonte de  Fonds d’écran n’était toujours pas effective dans la version 68.0.3440.87 (Build officiel) (64 bits). Pourtant, en cherchant bien, il suffisait d’aller sur le canal Stable et d’entrer l’url chrome://flags/#enable-new-wallpaper-picker, activer la fonction et redémarrer votre Chromebook pour voir apparaître la nouvelle version de Fonds d’écran.

La culture de la construction d’une application

Alors pourquoi un tel delta entre la proposition et la mise en place effective d’une amélioration de Chrome OS ? La réponse se trouve selon nous dans la culture même de la construction du « matériau » sur lequel Chrome OS a été construit. 
Il s’appuie en effet sur un embranchement de la distribution GNU/Gentoo Linux, dite source. Celle-ci « a été conçue pour être modulaire, portable et optimisée pour le matériel de l’utilisateur. Ainsi, la majeure partie des programmes devront être compilés à partir du code source. Toutefois, certains logiciels disponibles sous forme de paquets précompilés pour différentes architectures peuvent également être utilisés. Ceci est géré grâce au logiciel Portage de Gentoo Linux ». (source Wikipédia)

Comme nous le disions, ce n’est pas dans le matériau qu’il faut trouver les réponses mais plutôt dans la manière dont les développeurs sont amenés a y travailler. Ainsi, ne peut pas développer Gentoo qui veut. Pour ce faire, il faudra passer par un système de cooptation, dixit le site Wikipédia, car  » pour devenir développeur (de Gentoo), un individu doit avoir un tuteur parmi les développeurs. Le candidat doit répondre à un questionnaire, faire valider ses réponses par son tuteur et améliorer ses réponses en fonction des conseils qui lui sont donnés. Une fois que le tuteur est satisfait des réponses, il ouvre un bug pour indiquer au projet « recrutement » qu’un nouveau candidat est prêt. Le candidat doit alors répondre à un second questionnaire et suivre la même procédure d’aller-retours avec son tuteur. Parallèlement au second questionnaire, le candidat doit s’entretenir avec un membre de l’équipe des recruteurs pour vérifier ses connaissances des politiques de Gentoo Linux. Lorsque le recruteur est satisfait de l’état des connaissances du candidat, ce dernier est admis dans le projet, et ses accès sont créés.« 

En lisant ce processus d’admission, n’a-t-on pas l’impression de retrouver celui-ci dans la manière dont les applications Chrome OS sont proposées puis validées ? Et cela est somme toute logique, car on ne peut pas imaginer des développeurs de Gentoo Linux ne travaillant pas au développement de Chrome OS. Au vu des exigences des fondateurs de Google, le contraire en serait étonnant et surtout, offrir à ces hommes et ces femmes des possibilités de « modelage » au gré de leurs envies d’un matériau brut en quelque chose donnant des possibilités immenses, comme peut l’être Chrome OS, doit être jubilatoire si ce n’est pas plus. Le modèle et processus de validation des applications Chrome OS n’est donc pas dû au hasard et il s’appuie sur un passé ayant fait ses preuves sur des individus. Il était donc normal que l’on retrouve celui-ci dans ce format là.

Un certaine liberté dans un projet

Mais le parallèle Gentoo Linux/Google ne s’arrête pas là. La société est connue pour laisser un temps de 20% de son activité professionnelle à tous ses employés pour développer s’ils le désirent un projet pouvant être ensuite repris par l’entreprise.  Qu’il soit refusé ou n’aboutisse pas, le créateur n’aura pas à se justifier. Maintenant intéressons-nous au mode de fonctionnement de Gentoo/Linux au niveau développement. En voici les principaux points :

“…..ce document établit la notion de « projet » comme étant un groupe de développeurs travaillant pour atteindre un ou plusieurs buts. Le document précise que :

  • l’existence d’un projet est caractérisée par l’existence d’une page web maintenue sous l’URL : www.gentoo.org/proj/en/<nom du projet> ;
  • un projet doit avoir un ou plusieurs responsables sélectionnés au moins annuellement (la tenue d’une élection n’est pas requise) ;
  • un projet peut contenir des sous-projets ;
  • tout (ou tout le monde) n’a pas besoin d’un projet ;
  • les projets n’ont pas besoin d’avoir une existence à long terme ;
  • différents projets peuvent très bien se contredire, et ce n’est pas un problème ;
  • n’importe quel développeur peut créer un projet en créant la page web du premier point et en envoyant une request for comments (demande de commentaires) sur la liste gentoo-dev. À noter que ce document ne fournit aucun moyen pour la communauté de bloquer un nouveau projet, même si les commentaires sont globalement négatifs.

On retrouve là encore une similitude du mode de développement de Gentoo Linux et le protocole mis en place par Google qu’il concerne aussi bien sa direction ou le management de ses employés.

A travers le mode de fonctionnement mais aussi la manière de développer Gentoo Linux, nous avons pu comprendre un peu mieux la culture de Google et sa manière de travailler. Demain, si vous vous questionnez sur le train de sénateur pris par Google dans la mise en oeuvre, l’évolution et validation de ses mises à jours, vous pourrez toujours vous référer au mode de fonctionnement des développeurs autour de Gentoo. Et ainsi laisser le temps au temps s’installer.

Et vous que pensez-vous de cette théorie sur le mode de fonctionnement de Google ? En auriez-vous plutôt une autre ?

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