Gmail ferme la porte au nez de ton adresse perso. Eh bien prends la porte et choisis un autre outil.

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Adresses perso Gmail : la fin de l'envoi en janvier 2027
Adresses perso Gmail : la fin de l’envoi en janvier 2027
Sommaire

Tu es sur le Web depuis le début des années quatre-vingt-dix. Tu as connu le courrier électronique et le FTP. Est arrivé ce que l’on appelle le Web. Tu as connu Netscape avec Netscape Mail. Puis Internet Explorer et Outlook Express. Toujours dans cette période, si tu étais sous Mac OS, le client avait pour nom Claris Emailer. Puis début 2000, tu auras utilisé Apple Mail avec iTools puis .Mac comme service de messagerie. Et puis Gmail t’a tendu un piège doux : écrire depuis tes adresses perso, tout recevoir au même endroit. Ne plus jamais toucher au moindre réglage POP ou IMAP. Le confort. Tu as tout basculé. Comme beaucoup.
Aujourd’hui, tu as peur que Google débranche la prise. Bonne intuition. La prise va sauter. Pas demain matin, mais elle va sauter. Alors on fait le tri. Ce qui meurt. Survit, et ce que tu fais avant que ça t’explose à la figure.

Ce que Google débranche vraiment

Reprenons depuis le début. Dans Gmail, tu as réglé un jour la fonction « Send mail as ». Elle te laisse écrire un message qui part avec ton adresse perso en expéditeur, alors que tu es tranquillement posé dans Gmail. Pratique. Invisible pour ton destinataire. Or c’est précisément cette fonction que Google éteint pour toute adresse qui n’est pas hébergée chez lui. Yahoo, Outlook, iCloud, et donc ton nom de domaine maison : tout ce petit monde perd le droit de partir depuis l’interface Gmail. Sur le Web comme sur l’appli mobile. Google l’écrit noir sur blanc dans ses propres pages d’aide, pas un blog qui recopie un autre blog.

Au passage, deux autres béquilles disparaissent en même temps. Gmailify d’abord, qui plaquait les filtres Gmail sur une boîte externe. La récupération POP ensuite, le fameux « Recevoir vos messages d’autres comptes », déjà rabotée côté Web. Bref, Google range tout ce qui touche aux comptes tiers dans le même carton.

Janvier 2027

la fin de l’envoi tiers

Cela dit, le couperet n’arrive pas sans préavis. Google prévoit une période de transition à l’automne 2026, avec des notifications directement dans Gmail. Détail qui compte pour toi : pendant cette phase, la firme se réserve le droit de bloquer les nouvelles configurations. Autrement dit, monter un « Send as » flambant neuf en fin d’année pourrait déjà coincer. Ton envie de ne pas attendre le dernier moment ? Elle est saine.

Janvier 2027 certaines fonctionnalités de Gmail vont changer

Pourquoi Google coupe ? Version officielle et officieuse

Google a une explication. Elle tient en trois mots : « ressources de maintenance disproportionnées ». Traduction maison : la fonction coûte trop cher à entretenir pour ce qu’elle rapporte, et elle brouille la promesse d’un Gmail sûr, malin et simple. Point. Voilà la version officielle. Propre, raisonnable, imparable sur le papier. Sauf que personne n’y croit tout à fait. Sur Reddit et sur les forums, les vétérans lisent autre chose entre les lignes. Leur soupçon ? Que Google pousse en douceur le grand public vers la caisse. Vers Workspace payant, ou vers une future offre Google One avec domaine perso, façon iCloud+ chez Apple.

Le raisonnement se tient. Tu veux garder l’interface Gmail avec ton nom de domaine ? Désormais, tu passes à la caisse. La version gratuite s’efface, l’équivalent payant, lui, reste bien en place. Difficile de ne pas voir le glissement. Alors, maintenance ou monétisation ? Les deux, sans doute, mon capitaine. Une fonction peu utilisée, coûteuse à sécuriser, qui en prime freine les abonnements ? Pour Google, l’équation est vite résolue. Toi, tu n’as pas à trancher le débat. Tu as juste à retenir que la porte gratuite se referme, et à choisir ta sortie avant qu’elle claque.

Ta réception, elle, ne bouge pas d’un poil

Maintenant respire. Le point qui t’angoisse le plus n’est pas concerné. Tes adresses perso qui redirigent vers Gmail vont continuer à faire exactement leur travail. Un message arrive sur contact@ton-domaine.fr, il atterrit dans ta boîte Gmail, fin de l’histoire. Cette redirection se règle chez ton hébergeur, pas dans Gmail. Google n’a aucune prise dessus, et il le confirme lui-même dans sa foire aux questions.

Ce que tu perds, donc, c’est la réponse. Recevoir : oui, toujours. Répondre en affichant ton adresse perso : non, plus après l’échéance. Voilà la nuance à garder en tête. Tu resteras au courant de tout, tu ne pourras simplement plus écrire sous ta belle étiquette depuis Gmail.

Tes trois portes de sortie

Trois chemins. Ni plus, ni moins. À toi de choisir selon ta flemme et ton portefeuille.

✅ Ce qui reste
La réception par redirection vers Gmail. Rien à changer.
🚫 Ce qui part (janv. 2027)
L’envoi depuis ton adresse perso via Gmail.
Ce que tu cherches avant tout :
✉️
Google Workspace
Ton domaine géré par Google. Interface Gmail à l’identique.
~6 €/moisEffort minime
Recommandé pour toi
💻
Client installé
Thunderbird, Apple Mail, Outlook. Réglage IMAP et SMTP.
GratuitPérenne
Recommandé pour toi
🌐
Webmail indépendant
Infomaniak, Fastmail, Proton. Domaine géré nativement.
Payant variableSouple
Recommandé pour toi
⚠️ Prudence avec les extensions qui promettent de garder le Send as : elles réclament tes identifiants.

✉️ Google Workspace, en détail

Tu crées un nouveau compte à ton domaine (toi@ton-domaine.fr), avec sa propre boîte façon Gmail. Elle envoie et reçoit nativement depuis ton adresse perso, sans « Send as ». Ton @gmail.com personnel reste séparé, à côté.

La mise en route

  1. Inscris-toi sur Workspace avec ton nom de domaine. Un essai gratuit de 14 jours te laisse tester.
  2. Prouve que le domaine est à toi, en général via un enregistrement TXT ajouté dans ton DNS.
  3. Redirige le courrier vers Google : supprime les anciens MX, ajoute ceux de Google, puis active Gmail depuis la console. Jusqu’à 72 h de propagation, souvent bien moins.
  4. Crée ton utilisateur, teste un envoi et une réception, importe ton ancien courrier si tu veux tout centraliser.

L’astuce plusieurs domaines

Tu n’as pas besoin d’une licence par domaine. En domaine d’alias (gratuit, jusqu’à 20), chaque adresse existe sur ton domaine principal et sur l’alias, envoi et réception compris. Une seule licence à environ 6 euros par mois couvre alors toutes tes adresses. Le domaine secondaire, lui, facture une licence par utilisateur : à réserver aux boîtes vraiment séparées.

Deux pièges

Tu te connectes avec l’adresse du domaine principal, pas avec celle d’un alias. Et si une de ces adresses a déjà servi à créer un compte Google grand public, tu tomberas sur un conflit de compte à régler au moment de l’ajout.

💻 Le client installé, en détail

Un logiciel posé sur ta machine relève et envoie tes adresses perso en direct, sans passer par Gmail. Thunderbird est gratuit ; Apple Mail et Outlook font le même travail. Google n’a plus aucune prise dessus.

La mise en route

  1. Installe le logiciel, puis ajoute ton adresse perso comme nouveau compte.
  2. Les clients récents détectent souvent les réglages tout seuls. Sinon, tu saisis à la main les serveurs fournis par ton hébergeur.
  3. Réception en IMAP, envoi en SMTP : adresse du serveur, port, chiffrement SSL ou TLS, identifiant (ton adresse) et mot de passe.
  4. Répète pour chaque adresse. Tout se centralise dans une seule fenêtre.

IMAP ou POP, la question que tu te posais

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L’IMAP laisse tes messages sur le serveur et synchronise tous tes appareils : ce que tu lis sur l’ordinateur reste à jour sur le téléphone. Le POP, lui, télécharge les messages puis les retire souvent du serveur, pensé pour un seul poste. Pour ton usage, choisis l’IMAP les yeux fermés.

Le compromis

Gratuit, robuste, à l’abri des coupes de Google. En échange, c’est un logiciel à ouvrir, pas une interface web accessible depuis n’importe quel navigateur.

🌐 Le webmail indépendant, en détail

Un fournisseur d’email qui gère ton nom de domaine nativement, avec une interface web, sans rien installer. Infomaniak côté suisse et européen, Fastmail côté rapidité et alias, Proton Mail côté chiffrement, entre autres.

La mise en route

  1. Crée un compte chez le fournisseur choisi.
  2. Ajoute ton domaine et vérifie-le.
  3. Pointe les enregistrements MX vers leur service, plus souvent SPF et DKIM pour la délivrabilité, comme chez Google.
  4. Crée tes adresses, puis envoie et reçois depuis leur webmail ou leur appli.

Bon à savoir

Chacun a ses tarifs et ses limites : nombre d’adresses, de domaines, volume de stockage. Les grilles bougent, donc vérifie le prix du jour sur le site du fournisseur avant de trancher.

Le compromis

Interface web sans logiciel, et une vraie indépendance vis-à-vis de Google. En contrepartie, tu quittes l’écosystème Gmail et ses habitudes.

Le premier, c’est Google Workspace. La version payante et professionnelle de la maison. Tu confies ton nom de domaine à Google, tu gardes l’interface Gmail au pixel près, tu envoies et tu reçois comme avant. Zéro changement d’habitude. Compte environ 6 euros par mois et par utilisateur pour l’offre d’entrée, la Business Starter, en engagement annuel. Le prix bouge selon les promos, vérifie-le le jour J sur la page officielle.

Le deuxième, c’est le retour au logiciel installé. Thunderbird, Apple Mail, Outlook, choisis ton camp. Solution gratuite, robuste, et franchement moins pénible qu’en 1998. Les clients modernes avalent le réglage IMAP et SMTP presque tout seuls. Tu centralises toutes tes adresses, tu envoies en transparence, et Google ne peut plus rien te couper. C’est d’ailleurs l’option que Google lui-même te souffle à l’oreille. Pour info : Thunderbird s’installe via le conteneur Linux de ton ChromeOS.

Le troisième, c’est le webmail indépendant. Infomaniak, Fastmail, Proton Mail et compagnie. Si tu tiens à une interface Web sans rien installer, ces fournisseurs gèrent nativement les noms de domaine perso. Tu poses tes adresses, tu envoies, tu reçois, sans jamais dépendre du bon vouloir de Mountain View.

Un dernier mot, et il est sérieux. Tu vas croiser des extensions qui promettent de ressusciter le « Send as » après le couperet. Méfiance. Google alerte explicitement : ces outils réclament tes identifiants ou un jeton d’accès à ta boîte. Tu troques un problème de calendrier contre un trou de sécurité permanent. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Alors, on fait quoi ?

Tu ne touches à rien côté réception, elle est blindée. Tu choisis ta sortie pour l’envoi avant que Google ferme la porte. Le plus simple si tu veux zéro effort : Workspace. Plus économique et pérenne : Thunderbird. Le plus souple sans logiciel : un webmail tiers. Tu as le temps devant toi. Mais tu as raison de ne pas traîner.

Merci à David Wynot d’avoir initié l’écriture de cet article en posant quelques questions sur Discord.

Questions fréquentes

Gmail supprime-t-il vraiment l’envoi depuis mes adresses perso ?

Oui. À partir de janvier 2027, Gmail ne permettra plus d’envoyer un message depuis une adresse qui n’est pas hébergée par Google, comme un nom de domaine personnel. La fonction « Send as » disparaît, sur le Web comme sur l’application mobile.

Vais-je continuer à recevoir mes e-mails perso dans Gmail ?

Oui. La réception par redirection n’est pas touchée. Les messages envoyés à tes adresses perso continueront d’arriver dans ta boîte Gmail. Seul l’envoi depuis ces adresses cesse après l’échéance.

Quelle solution pour continuer à écrire depuis mes adresses perso ?

Trois options. Passer à Google Workspace pour garder l’interface Gmail, revenir à un logiciel comme Thunderbird en IMAP et SMTP, ou adopter un webmail indépendant tel qu’Infomaniak, Fastmail ou Proton Mail.

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À propos de Mister Robot

Entre un point X et un point Y, je me balade pas mal par l'entremise des bits composant ma mémoire. Un seul regret : ne pas avoir rencontré Mr Alan Mathison Turing et ainsi pouvoir collaborer pour l'article intitulé « Computing Machinery and Intelligence ».

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