Chromebook au lycée : deux Régions, une machine, deux religions

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Chromebook CM14 au lycée : deux Régions, deux stratégies
Chromebook CM14 au lycée : deux Régions, deux stratégies
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Pas de jaloux. Les lycéens de l’Île-de-France pensaient bicher à la rentrée avec leurs Chromebook Asus CM14. Pas de bol. Ceux des Pays de la Loire vont être équipés des mêmes machines. Un peu plus tard, on y reviendra. Mais surtout avec des outils différents. Ceux de Google. Adieu les PC Windows. L’opération « Mon Ordi au Lycée » ne fait pas dans la dentelle. Et d’ici que d’autres régions suivent le mouvement, il n’y a pas loin.

Mais je ne t’ai pas tout dit. Parce que j’ai voulu aller plus loin. J’ai comparé. Les documents de l’Île-de-France et ceux des Pays de la Loire, posés côte à côte. On comprend mieux, ainsi, ce qui est proposé à l’élève. Pas d’usine à gaz. Deux colonnes. On compare facilement. Ce qu’il en ressort ? En schématisant : l’Île-de-France a laissé les outils Google à la porte. Les Pays de la Loire ont préféré faire copain/copain avec Mountain View. Sûrement de bonnes raisons de chaque côté. On va les regarder de près.

Ce qu’il faut retenir

  • Les Pays de la Loire rejoignent l’Île-de-France : même Asus Chromebook CM14 (CM1406) pour les élèves de Seconde dès la rentrée 2026.
  • Deux philosophies opposées sur la même machine : l’Île-de-France bannit Google Workspace, les Pays de la Loire souscrivent Google Workspace for Education Plus.
  • La pénurie de composants s’invite dans les cartables : distribution ligérienne décalée à novembre 2026, délais d’approvisionnement mondiaux obligent.
  • Le dispositif ligérien voit plus large : Secondes et premières années de CAP, public et privé sous contrat.

Pourquoi deux régions craquent pour le même Chromebook

Le diagnostic est identique des deux côtés : les PC Windows des lycéens vieillissent comme du lait au soleil, et l’ordonnance s’appelle Asus Chromebook CM14 sous ChromeOS. Lenteurs au démarrage, mises à jour interminables, pannes en série, batteries à l’agonie. J’ai lu les deux dossiers, le réquisitoire est le même à Saint-Ouen et à Nantes. La flambée du prix des équipements a fait le reste. Un Chromebook coûte moins cher à faire vivre. Les trésoriers ont voté. Deux fois.

Côté francilien, tu connais la mécanique, le dossier est là pour ça : dotation depuis 2019, demande sur l’appli régionale, QR code, retrait au lycée. Adieu le Y13 Unowhy, personne ne t’écrira. Côté ligérien, « Mon Ordi Au Lycée » tourne depuis septembre 2021 et équipe chaque année environ 48 000 élèves de Seconde et de première année de CAP. Public et privé sous contrat, hors CFA. Oui, le privé et les CAP. Sur ce coup, Nantes voit plus large que Paris.

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Et puis il y a le courrier envoyé fin mai aux parents ligériens. Un petit bijou de plaquette. La machine y est décrite plus fiable, plus simple, plus sécurisée, plus durable. Avec des chiffres qui sentent le service communication en confiance : démarrage en 8 secondes, autonomie jusqu’à 22 heures, durée de vie de 8 ans, coût d’usage divisé par deux face à un PC Windows. Huit ans, l’ami. J’ai noté. J’ai souri aussi. Et je vérifierai tout ça machine en main dans un prochain volet, parce que les plaquettes et la vraie vie, ce sont deux genres littéraires. Rarement traduits l’un dans l’autre.

48 000 Chromebook

Distribués chaque année dès 2026

Deux colonnes, et tout devient clair

Le voici, mon face-à-face. Monté sur les documents officiels des deux régions et les pages des établissements, rien d’autre. Personne ne l’avait fait, alors je garde la tête froide : ce qui n’est pas confirmé côté francilien est signalé. Ici, on ne joue pas aux devinettes.

CritèreÎle-de-FrancePays de la Loire
DispositifDotation régionale, depuis 2019« Mon Ordi Au Lycée », depuis 2021
Public concernéÉlèves entrant en SecondeSecondes et 1res années de CAP, public et privé sous contrat
Volume annuelEnviron 150 000 par an, plus 20 000 enseignantsEnviron 48 000 élèves
MachineAsus Chromebook CM14 (CM1406CM4A)Asus Chromebook CM1406, la même
DistributionSeptembre 2026, QR code au lycéeÀ partir de novembre 2026
Écosystème logicielGoogle Workspace banni, Microsoft 365 via navigateurGoogle Workspace for Education Plus
Stockage des donnéesDrive monlycée.net, solution régionaleDrive Google, hébergement déclaré dans l’UE
Administration du parc (MDM)Société française idruideGestion régionale via Education Plus
ApplicationsEnvironnement fermé, applis validées par la RégionApplis et extensions validées par la Région, certaines issues du catalogue Google Play
Identifiants / ENTmonlycée.nete-lyco
PropriétéL’élève garde la machine après le bacPrêt, puis cession gratuite en fin de cursus
SAV et réparationsSAV Asus avec appui du réseau Fnac-DartyHotline lundi-samedi 8h-20h, ambassadeurs enseignants

Même quincaillerie. Deux copies. Et une seule ligne raconte toute l’histoire : celle de l’écosystème logiciel. Zoom.

Google à la porte, ou Google à la maison

D’un côté, l’Île-de-France a banni Google Workspace de ses CM14. De l’autre, les Pays de la Loire ont souscrit Google Workspace for Education Plus, l’offre la plus musclée du catalogue éducation de Google. Le même matériel, deux mondes. Le lycéen francilien et le lycéen nantais auront la même machine sur leur bureau, et pas du tout la même vie dedans.

Ce qu’a décidé l’Île-de-France

À Paris, on a choisi le Chromebook, mais pas Google. Enfin, pas ses services. Le système reste ChromeOS, impossible de faire autrement, c’est le moteur de la machine. Mais tout le reste a été débranché. Pas de Google Workspace. Pas de Drive Google. L’élève ouvre sa session avec ses identifiants monlycée.net, ceux de l’ENT qu’il connaît déjà. Ses documents partent sur le Drive régional de monlycée.net. Sa bureautique, c’est Microsoft 365 dans le navigateur. Et le parc est administré par idruide, une société française qui revendique une approche sans collecte de données. Résumons : une machine conçue autour de Google, utilisée sans les services de Google. La Région appelle ça de la prudence. Moi j’appelle ça commander le plat du chef en exigeant qu’on retire la sauce. Les deux peuvent être vrais.

Ce qu’ont décidé les Pays de la Loire

À Nantes, Google a les clés de la maison. Drive Google, outils Workspace, et des applications Android issues du catalogue Google Play, validées par la Région. Le copain/copain, donc, mais avec un contrat sous le coude : données hébergées dans l’Union européenne, conformité RGPD, zéro pub ciblée, zéro collecte commerciale, chiffrement local. C’est écrit noir sur blanc dans le courrier aux parents. Nantes a signé chez Google, mais Nantes a lu le contrat. Enfin, j’espère. C’est précisément une des questions que j’ai posées à la Région, réponse attendue.

A chacun ses raisons

Sûrement de bonnes raisons de chaque côté, je te l’ai dit. Paris parie que la méfiance envers Google vaut bien de se priver de la moitié de l’intérêt d’un Chromebook. Nantes parie que le contrat Education Plus suffit à éteindre les inquiétudes. Et sur ce terrain, le précédent danois mérite d’être raconté en entier, parce que tout le monde en cite le début et personne la fin.

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En 2022, l’autorité danoise de protection des données interdit les Chromebook et Workspace dans les écoles d’une commune. En janvier 2024, elle enjoint 53 communes de mettre leur usage en conformité, faute de base légale pour transmettre les données des élèves à Google pour ses propres finalités. Quatre ans de bras de fer. Et en février 2026, décision finale : le nouveau cadre contractuel négocié avec Google respecte les règles, les écoles danoises peuvent continuer, avec une critique maintenue sur les sous-traitants hors UE. Traduction : la voie du contrat blindé, celle de Nantes, est précisément celle que l’autorité la plus dure d’Europe a fini par valider. Verdict français dans quelques années, sur le terrain. Moi, je garde les deux copies sous les yeux. C’est mon métier.

Novembre 2026 : le « un peu plus tard » qui fâche

Je t’avais promis d’y revenir, nous y voilà. Les lycéens ligériens toucheront leur CM14 à partir de novembre 2026. Deux mois après la rentrée. Pendant ce temps, le Francilien scannera son QR code dès septembre. La Région ne se cache même pas derrière son petit doigt : le courrier officiel invoque « les délais d’approvisionnement actuellement constatés au niveau mondial pour les équipements informatiques ».

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Tu la reconnais, cette musique. C’est la crise des composants. Celle qui fait flamber la DRAM et le stockage depuis des mois. Elle vient d’atterrir dans les cartables, en vrai. Et la Région l’assume jusque dans ses comptes : l’enveloppe 2026 du dispositif grimpe nettement par rapport à 2025, hausse mise noir sur blanc sur le dos de la flambée du coût des composants électroniques mondiaux. Quand je te disais que cette crise finirait par toucher tout le monde, je ne pensais pas viser les Secondes de Vendée. Nous voilà fixés.

Les inscriptions sont ouvertes depuis le 1er juin 2026, et la Région promet des temps de présentation et d’accompagnement dès la rentrée. Pour faire patienter. Il n’empêche : deux mois de rentrée au cahier et au stylo pour toute une promotion. Catastrophe pédagogique pour les uns. Cure de désintoxication numérique offerte par la pénurie mondiale pour les autres. Je te laisse choisir ta chapelle, on est déjà dans un article sur les religions.

Et pour l’élève, ça change quoi ?

Dans les deux Régions, le résultat brut est le même : un ordinateur gratuit, qui suit l’élève et lui appartient à la fin. La vraie différence se joue dans son quotidien numérique. Et elle n’est pas mince.

Le lycéen francilien vivra dans un monde Microsoft et régional. Drive monlycée.net, Microsoft 365 dans le navigateur, pas l’ombre d’un compte Workspace. Le lycéen nantais vivra chez Google. Drive, Workspace, applis du Play Store triées par la Région. Dans les deux cas, machine verrouillée à double tour. Il n’installera rien sans bénédiction régionale. Il râlera. La DSI dormira. Chacun son confort.

Deux mots sur le hors ligne, le nerf de la guerre. La FAQ ligérienne promet consultation et édition de documents Drive sans connexion, synchronisation au retour du réseau, et une « analyse spécifique » pour les établissements à la connexion capricieuse. Une analyse spécifique. J’adore cette langue. Côté francilien, la dépendance au Wi-Fi du lycée est plus rude, notamment pour la toute première activation de la machine. Dans les deux Régions, le juge de paix sera le même : le Wi-Fi des établissements. Cette loterie. On en reparlera, c’est écrit.

Une certitude pour finir. Deux Régions majeures, des dizaines de milliers de machines par an, deux modèles de gouvernance des données qui s’affrontent en conditions réelles : la France vient de s’offrir un match grandeur nature du Chromebook à l’école. Et souviens-toi de la première ligne de cet article : d’ici que d’autres régions suivent le mouvement, il n’y a pas loin. Moi, j’ai déjà ma place au bord du terrain. Et je compte bien commenter chaque mi-temps.

FAQ

Quel Chromebook les lycéens d’Île-de-France et des Pays de la Loire recevront-ils en 2026 ?

Les deux Régions distribuent le même modèle : l’Asus Chromebook CM14 (CM1406), équipé d’un processeur MediaTek Kompanio 540, de 8 Go de mémoire vive et de 128 Go de stockage, sous ChromeOS. Il remplace les PC sous Windows fournis jusqu’à présent aux élèves entrant en Seconde, ainsi qu’aux premières années de CAP dans les Pays de la Loire.

Quelle est la différence entre les dispositifs des deux Régions ?

La différence majeure est logicielle. L’Île-de-France a exclu Google Workspace : connexion via monlycée.net, stockage sur le Drive régional, parc administré par la société française idruide et Microsoft 365 accessible dans le navigateur. Les Pays de la Loire ont au contraire souscrit Google Workspace for Education Plus, avec Drive Google, hébergement des données dans l’Union européenne et applications du Play Store validées par la Région.

Quand les lycéens des Pays de la Loire recevront-ils leur Chromebook ?

La distribution ligérienne débutera en novembre 2026, environ deux mois après la rentrée, alors que les Franciliens seront équipés dès septembre. La Région invoque les délais d’approvisionnement mondiaux constatés sur les équipements informatiques. Les inscriptions au dispositif « Mon Ordi Au Lycée » ouvrent dès le 1er juin 2026.

L’élève peut-il garder son Chromebook après le lycée ?

Oui, dans les deux Régions. En Île-de-France, l’élève devient propriétaire de sa machine en fin de scolarité et l’administration régionale est désactivée. Dans les Pays de la Loire, l’ordinateur est prêté pendant la scolarité puis cédé gratuitement à l’élève, qui en devient administrateur.

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À propos de Mister Robot

Entre un point X et un point Y, je me balade pas mal par l'entremise des bits composant ma mémoire. Un seul regret : ne pas avoir rencontré Mr Alan Mathison Turing et ainsi pouvoir collaborer pour l'article intitulé « Computing Machinery and Intelligence ».

Une réponse à “Chromebook au lycée : deux Régions, une machine, deux religions”

  1. Avatar

    Ah si notre regretté Jean Luc était encore de ce monde, ça aurait été intéressant d’avoir son ressenti et avis d’enseignant..

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