Je suis sûr que tu vas râler. Cette année, le Made by Google 2026 se regardera en pyjama. Le keynote qui nous présente le Pixel 11 démarre le 12 août à 18 heures. Pas n’importe où. À New York. Pourquoi pas sur la Lune tant qu’on y est ? Traduction pour toi comme pour moi. Cela commence à minuit pile. Donc dans la nuit du 12 au 13 août. Google n’a pas déplacé son show pour nous embêter personnellement. Non. Il a juste décidé que notre fuseau horaire ne pesait rien. Et ça, mine de rien, ça raconte toute une histoire. Je suis sûr que tu ne vas pas aimer.
Made by Google 2026 : minuit pour toi, prime time pour eux
D’abord, les faits, parce qu’ils sont têtus. Comme toujours. Le keynote démarre à 18h heure de l’Est des États-Unis d’Amérique. Dans la Grande Pomme. C’est du mastoc. C’est pas du Ronsard. C’est de l’amerloc. C’est Nougayork. Tout simplement. Mais chez toi, ça fait minuit. Même si c’est en août, pas dit que tu sois en vacances. Bon maintenant soyons clair. Les années précédentes, Google calait tout ça à 13h à New York. Soit 19h en France. On était heureux. Tu pouvais suivre le direct un verre à la main, tranquille. Relax.Raoul. Cette fois, il faudra choisir entre le live et ta nuit de sommeil.
📱 Made by Google : les cinq éditions précédentes
| Année | Date de la keynote | Lieu | Modèle phare présenté | Android au lancement |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | Mardi 19 octobre États-Unis : 13 h ET (10 h PT) France : 19 h |
Événement virtuel (Pixel Fall Launch) | Pixel 6 et 6 Pro | Android 12 |
| 2022 | Jeudi 6 octobre États-Unis : 10 h ET (7 h PT) France : 16 h |
New York | Pixel 7 et 7 Pro | Android 13 |
| 2023 | Mercredi 4 octobre États-Unis : 10 h ET (7 h PT) France : 16 h |
New York | Pixel 8 et 8 Pro | Android 14 |
| 2024 | Mardi 13 août États-Unis : 13 h ET (10 h PT) France : 19 h |
Mountain View (Californie) | Pixel 9 (9, 9 Pro, 9 Pro XL, 9 Pro Fold) | Android 14 * |
| 2025 | Mercredi 20 août États-Unis : 13 h ET (10 h PT) France : 19 h |
New York (Brooklyn) | Pixel 10 (10, 10 Pro, 10 Pro XL, 10 Pro Fold) | Android 16 |
| 2026 (à venir) | Mercredi 12 août États-Unis : 18 h ET (15 h PT) France : minuit (nuit du 12 au 13) |
New York | Pixel 11 (série) | Android 17 (attendu) |
* En 2024, le Pixel 9 est sorti sous Android 14, et non Android 15. En avançant son keynote de près de deux mois, d’octobre à août, Google a pris de vitesse sa propre feuille de route logicielle : Android 15 n’était pas prêt et est arrivé plus tard, par simple mise à jour. D’où son absence dans ce tableau : Android 15 n’a jamais servi d’OS de lancement à un Pixel phare, la colonne saute donc du 14 au 16.
Deux tendances se lisent dans ce tableau. D’abord le calendrier : rendez-vous en octobre jusqu’en 2023, puis bascule en août depuis 2024 pour devancer l’iPhone de septembre. Ensuite l’heure : jusqu’ici, le direct tombait entre 16 h et 19 h en France selon les années. En 2026, Google garde le créneau d’août mais déplace surtout l’horaire du keynote, à 18 h heure de l’Est, soit minuit chez nous.
Qu’on soit d’accord. Ce décalage n’est donc pas dans la date. Il est dans l’heure. Google a poussé son show en début de soirée américaine. Pourquoi ? Pour le spectacle. Pour faire le show. Comme toutes les stars. L’an dernier, le Made by Google ressemblait déjà à un talk-show, avec Jimmy Fallon à la baguette et un défilé de stars. Un créneau de 18h à New York, c’est le prime time1. Le public visé regarde la télé à cette heure-là. Pas toi. Tu somnoles devant l’écran. Malgré de nombreux cafés. Ou tu pionces. Pas besoin de compter les moutons.
Résultat, six heures d’écart te collent le lancement en pleine nuit. Ce n’est pas de la malveillance. C’est de l’indifférence. Un désintérêt patent. La nuance est importante, on y revient. Mais admets que le message est limpide. Le direct n’a jamais été pensé pour les Européens. Il l’est encore moins cette année. Considère-toi comme de la seconde zone. Tu paies. Et tu dis rien. Sinon ? On t’exclut encore plus. Un exemple ? Le débranchement de l’Espagne à Google News. Pendant huit ans. Leur tort ? Que Google verse une redevance obligatoire et irrénonçable aux éditeurs de presse.
Les vedettes pour le made by Google 2026
Dix bougies à souffler
Et le clou du spectacle ? C’est un anniversaire. Cette année, Made by Google fête ses dix ans. Le tout premier, c’était le 4 octobre 2016, à San Francisco, le jour où Google sortait le premier Pixel. Une décennie, donc. Le genre de cap où l’on remercie ceux qui suivent depuis le début. Toi, par exemple. Fidèle au poste depuis dix ans. Et pour fêter ça, Google t’offre quoi ? Une heure qui fait tomber la fête à minuit. Le gâteau, tu le regardes derrière la vitre, à l’heure où tu ronfles. Joyeux anniversaire quand même, Google. Va-t-il souffler les bougies lors de cette soirée ? Réponse le 8/12/2026.
Petit flash-back pour situer. Le premier Pixel, en 2016, ce n’était pas de la gnognotte. Snapdragon 821, 4 Go de RAM, 32 ou 128 Go de stockage, Android 7.1 Nougat tout frais sorti. Prix de lancement : 649 dollars le Pixel, 769 dollars le Pixel XL. Pour ce tarif, tu repartais avec l’un des meilleurs capteurs photo du moment, le stockage illimité de tes clichés en qualité d’origine, les grands débuts de l’Assistant Google, et même une prise casque. Joli pied de nez à l’iPhone 7, qui venait tout juste de la supprimer. À l’époque, il tenait la dragée haute à Apple. Un grand cru, de l’avis de ceux qui l’ont eu. Comme moi d’ailleurs. A sa sortie. Et il fonctionne encore. Le bougre. Bon pied. Bon œil.
L’Europe, éternelle dernière servie
Passons au cœur du sujet. Le vrai problème n’est pas l’heure du keynote. C’est ce qui arrive après. Parce que quand les nouveautés IA de Google débarquent, l’Europe attend. Souvent longtemps. Parfois pour rien. Souviens-toi du Pixel 9, en 2024. Plusieurs fonctions maison étaient absentes chez nous. Pire : pour faire parler Gemini Live en français, il fallait configurer le téléphone en anglais. Autrement dit, faire semblant d’être américain pour utiliser une fonction en français. On se pince. Donc, tu paies plein pot. Mais tu n’as pas droit à tout. Qui a dit que c’était du vol ? Pas moi.
Et ça continue. Cela ose tout. Même à cela qu’on les reconnaît. En 2026, Google a étendu son agent Gemini Spark2 à la quasi-totalité de la planète. Tout le monde a eu droit au jouet. Tout le monde. Tout le monde ? Sauf l’Espace économique européen3, le Royaume-Uni et la Suisse. Toi, tu regardes la vitrine, le nez collé au carreau.
160 pays
utilisent Gemini Spark, sauf l’Europe
Ajoute la note salée. Où il n’y a pas de gêne, il n’y a que du plaisir. Le Pixel 11 démarre autour de 899 euros, et grimpe jusqu’à 999 euros selon les modèles. Environ 100 euros de plus que le Pixel 10, crise des puces mémoire oblige. Crise ? Penses-tu. Entre le serveur et le smartphone, le choix a été vite fait. À cause du pognon ? Bien sûr. Donc tu paies plus cher, pour un appareil amputé de la moitié de ses tours de magie. Cerise sur le gâteau : Google n’a vendu ses Pixel en France qu’à partir du Pixel 3, fin 2018. La gamme existait pourtant depuis 2016. Deux ans à faire la tête. Le mépris a de la mémoire. C’était hier. Pareil. C’est aujourd’hui. Pareil. Et demain ? Sûrement pareil. Faut pas se gêner, je te dis.
Un contenu de qualité, sans publicité.
Vous aimez notre travail ? Soutenez notre indépendance en devenant membre sur Patreon.
Soutenir MyChromebook.frL’excuse qui s’effondre : Claude tourne, Gemini boude
Là, un petit malin va te sortir l’argument massue. Pensant que je vais réagir. Qu’il attende… « Mais c’est la faute de l’Europe et de ses règles. Le RGPD, l’AI Act, tout ça. » Séduisant. Sauf que ça ne tient pas trois secondes. En effet, si la régulation européenne rendait l’IA impossible, personne ne proposerait rien ici. Or ce n’est pas le cas. Les assistants concurrents fonctionnent en Europe. Claude, l’IA d’Anthropic, tourne chez toi pendant que l’agent de Google reste bloqué à la frontière. Même continent. Mêmes règles. Résultat opposé.
Donc l’argument « Bruxelles interdit l’IA » est faux. La preuve marche, littéralement, sur le bureau des Européens. Dans l’immeuble de la place du même nom. Il est au troisième étage. À gauche en sortant de l’ascenseur. Tout droit. Et suivre la moquette usée. Avant-dernier bureau. Frapper. Attendre. Longtemps ? Cela dépend. En tout cas, reste alors une question bien plus intéressante. Pourquoi les mêmes règles écrasent Google et laissent ses rivaux tranquilles ? La réponse tient en un mot. Un seul. Prêt à le compter ?
À qui la faute, alors ? Made by Google 2026 et le prix de la domination
Le mot, c’est gatekeeper.4 Un mot. Pas deux. C’est un. Mais faut que je te traduise. C’est le contrôleur d’accès, en français. Le DMA, la grande loi européenne sur le numérique.5 Elle a désigné six géants avec ce statut. Alphabet (donc Google), Apple, Amazon, Meta, Microsoft et ByteDance. Anthropic n’en fait pas partie. OpenAI non plus. L’IA générative n’est pas classée comme plateforme essentielle. Ces boîtes échappent donc aux obligations lourdes.
Voilà le fin mot. Les mêmes règles frappent Google et épargnent Claude, non par favoritisme, mais parce que Google est dominant et pas eux. Jusqu’à présent. Mais cela pourrait changer. Va savoir. Tout arrive. Pas d’auto-préférence. Interopérabilité forcée. Interdiction de coupler ses services à Android. Tout ça vise celui qui possède l’OS, le navigateur, la recherche et la bureautique. Tout le tralala quoi ! Un assistant sans empire à verrouiller ne déclenche rien. Mais demain, les rôles pourraient s’inverser.
Mieux encore. Le DMA ne se contente pas de laisser les rivaux tranquilles. Il force Google à leur ouvrir sa maison. Via l’article 6(7)6, Bruxelles passe à l’offensive. Il a sorti les gros couteaux. Longs canons. Et gros marteaux pour le récalcitrant. Google devra donner à ChatGPT et à Claude le même accès qu’à Gemini sur Android. Activation vocale, lecture d’écran, contexte utilisateur. Tout le paquet quoi. Mais il râle. Un peu. Beaucoup. Il peut. Mais l’entrée en vigueur est prévue vers juillet 2027.
Qui va aller au coin ?
Alors, à qui la faute ? Ni à un complot, ni à une Europe technophobe. Le consommateur européen est bien pénalisé, c’est vrai. Mais il paie le prix de la domination de Google. Pas une punition de Bruxelles. On ne tousse pas au fond de la classe. Petite cerise sur le gâteau. Le tableau se corse joliment. Google a investi deux milliards de dollars dans Anthropic, ce fameux « rival » que l’UE veut faire entrer sur Android. L’autorité britannique de la concurrence enquête d’ailleurs dessus. Enfin, un mot pour ceux qui croient que Bruxelles protège un canard boiteux. En avril 2026, ChatGPT pesait environ 70 % de l’usage des chatbots IA dans l’Union. Gemini n’était même pas en tête. Il a dû y avoir des dîners à la grimace. Suivez mon regard.
Bref, le Made by Google 2026 à minuit n’est que le hors-d’œuvre. Le vrai plat, c’est qu’en Europe, ce n’est pas l’IA qui est bridée. C’est l’incumbent. Et le fait qu’un challenger te serve ce que Gemini te refuse, c’est le DMA qui fonctionne exactement comme prévu. Ironie du sort : la loi censée te protéger du géant te rend service en musclant ses adversaires. Le géant, lui, râle. Forcément. Il râle. Et il donne l’impression de te punir du coup.
Notes de bas de page
- Prime time : la tranche de plus forte audience à la télévision américaine, en début de soirée. ↩︎
- Gemini Spark : l’agent IA autonome de Google, capable d’enchaîner des actions à ta place dans Chrome et Workspace. ↩︎
- EEE : l’Espace économique européen, soit l’Union européenne plus la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. ↩︎
- Gatekeeper (contrôleur d’accès) : statut attribué par le DMA aux plus grosses plateformes, avec des obligations que les autres n’ont pas. ↩︎
- DMA : le Digital Markets Act, le règlement européen entré en application en 2023 pour encadrer les géants du numérique. ↩︎
- Article 6(7) du DMA : la clause qui force le contrôleur d’accès à ouvrir aux concurrents les mêmes fonctions que celles réservées à ses propres services. ↩︎
Sources pour aller plus loin
- Commission européenne : le communiqué officiel de l’amende adtech de 2,95 milliards infligée à Google
- 9to5Google : l’annonce du keynote Pixel 11 et l’horaire de 18h qui te condamne à veiller
- The Next Web : comment l’UE s’apprête à forcer Google à ouvrir Android à ChatGPT et Claude
- Brief IA : pourquoi Gemini Spark reste bloqué en Europe pendant que le reste du monde y a droit
- KultureGeek : la liste des fonctions IA du Pixel 9 indisponibles en France dès le lancement
- Prix du Pixel 11 : la hausse que Google planque sous le tapis
- International Center for Law & Economics : les chiffres de parts de marché qui rappellent que Gemini n’est pas leader
Questions fréquentes
À quelle heure a lieu le Made by Google 2026 en France ?
Le keynote démarre le 12 août à 18 heures à New York, soit minuit pile en France, dans la nuit du 12 au 13 août. Les éditions précédentes commençaient vers 19 heures chez nous. Cette année, six heures de décalage repoussent donc le direct en pleine nuit pour les téléspectateurs européens.
Pourquoi le Made by Google 2026 commence-t-il si tard pour l’Europe ?
Parce que Google cale son événement sur le prime time américain, pas sur l’Europe. Un créneau de 18 heures à New York vise l’audience télé du soir aux États-Unis. Le décalage horaire fait le reste. Ce n’est pas une décision anti-européenne, plutôt une indifférence. Le direct n’a jamais été pensé pour nous.
Pourquoi des fonctions IA de Google sont-elles bloquées en Europe ?
Surtout parce que Google est un gatekeeper au sens du DMA, un statut qui lui impose des obligations que ses rivaux n’ont pas. Ajoute le RGPD et l’AI Act. Résultat, des outils comme Gemini Spark arrivent en dernier, ou pas du tout, alors que des concurrents comme Claude fonctionnent déjà en Europe.
Produits les plus vendus
LG Ultrafine™ 27U411A-B Écran PC 27" Le prix initial était : 104,99 €.88,99 €Le prix actuel est : 88,99 €.Voir le produit
ASUS Moniteur de Jeu VY249HGR Eye Care – 23,8 Pouces FHD (1920 x 1080) Le prix initial était : 129,99 €.79,00 €Le prix actuel est : 79,00 €.Voir le produit
KOORUI 24'' Ecran PC Gamer Incurvé, 180Hz 1ms Le prix initial était : 139,99 €.99,99 €Le prix actuel est : 99,99 €.Voir le produitCKB SHOW : Le Podcast
Rejoignez-nous chaque semaine pour décortiquer l'actualité Google, les dernières sorties Chromebook et les innovations en matière d'IA.

Bonjour Hélas la bureaucratie de l’UE calquée sur l’ex URSS est toujours en marche contre toutes les libertés