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Quatre ans. Voilà quatre ans que Google promet la mort des anciennes extensions Chrome. Quatre ans de sursis, de reports, de rustines. C’est fini. La pierre tombale a désormais une date gravée dessus : le 31 août 2026, les dernières extensions Manifest V2 seront supprimées du Chrome Web Store. Pas désactivées. Supprimées. Et sans billet retour.
Tu utilises Chrome ou un Chromebook ? Alors ça te concerne. Directement. On t’explique ce qui meurt, ce qui survit, et surtout ce que tu dois vérifier avant la fin de l’été. Parce qu’après, il sera trop tard.
Ce qu’il faut retenir
- Le 31 août 2026, toutes les extensions Manifest V2 restantes seront supprimées du Chrome Web Store.
- Une extension supprimée ne pourra plus jamais être réinstallée, ni recevoir de mise à jour.
- Le célèbre bloqueur uBlock Origin version classique est la victime la plus connue : son successeur officiel s’appelle uBlock Origin Lite.
- Sur Chromebook, impossible de fuir vers un autre navigateur de bureau : on te donne les vraies solutions.
- Le bon réflexe : vérifier dès maintenant tes extensions dans chrome://extensions et adopter leurs remplaçantes.
Manifest quoi ? Deux minutes de pédagogie
Le « manifest », c’est la carte d’identité d’une extension Chrome : un fichier qui déclare ce qu’elle a le droit de faire dans ton navigateur. Manifest V2, c’est l’ancienne génération de règles. Puissante. Trop puissante au goût de Google, qui lui reproche ses risques de sécurité et sa dette technique. Manifest V3, la nouvelle génération, est plus verrouillée : les extensions y ont moins de pouvoir sur ce qui transite dans le navigateur.
Sur le papier, c’est vendu comme un progrès pour ta sécurité. Dans les faits, le pouvoir retiré aux extensions, c’est surtout celui de filtrer finement le trafic. Devine quel type d’extension vivait précisément de ce pouvoir ? Les bloqueurs de publicité. Et devine qui vit de la publicité ? On te laisse deux secondes. Première lettre commence par un ….
Ce qui se passe exactement le 31 août
Précisons, parce que la nuance a son importance : le 31 août n’est pas le jour où tes extensions cessent de fonctionner. Ce jour-là est passé depuis longtemps. Google a désactivé les extensions Manifest V2 pour tous les utilisateurs avec Chrome 138, et Chrome 139 a supprimé leur support du navigateur, y compris la dérogation entreprise ExtensionManifestV2Availability. Plus récemment, les versions 150 et 151 ont éliminé les derniers contournements techniques qui maintenaient certaines fonctions en vie. Un ingénieur de Google, Devlin Cronin, a été limpide : les extensions MV2 ne sont plus autorisées dans aucune version supportée de Chrome, et leur code est retiré pour cause de complexité, de dette technique et de risques de sécurité.
Le 31 août, c’est l’acte final : la suppression pure et simple des fiches restantes du Chrome Web Store. Conséquence concrète, et c’est là que ça pique : une extension Manifest V2 encore installée sur une vieille configuration restera en place, mais ne recevra plus jamais de mise à jour et ne pourra plus être réinstallée une fois retirée de Chrome. Nouveau portable ? Navigateur réinstallé ? Extension supprimée par erreur ? Terminé. Le magasin ne la connaîtra plus.
31 août 2026
Fin des extensions Manifest V2
En résumé : ce qui te reste de Manifest V2 est un mort-vivant. Il tient debout, mais plus rien ne le soigne. Et fin août, on brûle même son dossier médical.
La victime célèbre : uBlock Origin
Impossible de raconter cette histoire sans son personnage principal. On t’avait raconté le sursis d’uBlock Origin : désactivé avec Chrome 138, enterré un peu vite par tout le monde, puis revenu par surprise sur le Web Store en mars 2026, version complète, toujours en Manifest V2, toujours vaillante. On t’avait aussi prévenu : le sursis avait une date d’expiration.
La voilà. Double peine, même. Côté navigateur, les versions 150 et 151 ont fermé les derniers contournements qui permettaient de réveiller les extensions MV2 : plus de flag, plus de béquille, plus de dérogation. Et côté magasin, le 31 août balaiera les fiches restantes, y compris celle du revenant. Cette fois, il n’y aura pas de deuxième résurrection : on ne resoumets pas une extension dans un magasin qui ne l’accepte plus.
Les recommandations de son développeur n’ont pas changé. Soit uBlock Origin Lite, la déclinaison compatible Manifest V3, aux capacités réduites : listes de blocage plus courtes, pas de filtrage dynamique. Soit un navigateur qui supporte encore Manifest V2, Firefox en tête, que le projet recommande pour retrouver toutes les fonctions.
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Soutenir MyChromebook.frD’autres navigateurs jouent les villages gaulois : Brave affirme que les extensions MV2 ne disparaîtront pas pour ses utilisateurs, Opera et Edge ont indiqué un maintien temporaire. Combien de temps tiendront-ils face au tronc commun Chromium qui supprime le code ? Mystère. Profites-en, mais ne bâtis pas ta maison dessus.
Et sur Chromebook ? Là, ça devient personnel
Sur un PC, la parade est simple : tu installes Firefox, tu migres tes favoris, tu tournes la page. Sur un Chromebook, c’est plus subtil : Chrome n’est pas un navigateur installé sur le système, il EST le système. Tu peux inviter d’autres navigateurs à la maison, en application Android ou Linux, mais aucun ne prendra sa place : Chrome reste celui du bureau, des liens et de l’écosystème. La question n’est donc pas « comment remplacer Chrome », mais « comment s’organiser autour de lui ». Trois options, du plus simple au plus complet.
Un : Un : rester dans Chrome avec uBlock Origin Lite et les remplaçantes Manifest V3. C’est la voie de la simplicité. Moins puissant, mais intégré, sans bidouille, et suffisant pour l’essentiel du quotidien. Cherche les alternatives directement sur le Web Store : Google affiche désormais des suggestions de remplacement pour les extensions désactivées.
Deux : Firefox en application Android. Le Firefox mobile supporte les extensions, dont uBlock Origin version complète. Confort de navigation d’une application Android sur grand écran, avec ses limites, mais le filtrage est là.
Trois : Firefox en application Linux, la solution des gourmets. Un vrai Firefox de bureau, extensions complètes, dans l’environnement Linux de ton Chromebook. Avec la précaution maison désormais habituelle : si ton environnement Linux fonctionne déjà, sauvegarde-le et évite le Powerwash, car toute réinstallation bascule sur la nouvelle architecture Baguette dont on t’a détaillé les surprises et les réparations.
Ta liste de contrôle avant le 31 août
Fait un contrôle complet. En cinq minutes, pas plus. Ouvre chrome://extensions dans ta barre d’adresse. Passe la liste en revue. Une extension désactivée avec un avertissement ? C’est une Manifest V2 : cherche sa remplaçante sur le Web Store dès maintenant, pendant que les suggestions de migration existent encore. Une extension à laquelle tu tiens et dont le développeur a publié une version V3 ? Installe la nouvelle version aujourd’hui, pas en septembre. Et si tu utilises encore un vieux Chrome non mis à jour pour garder une extension en vie : sache que tu troques une extension contre des failles de sécurité non corrigées. Mauvais calcul. Personne ne gagne à naviguer dans une passoire.
Un Manifest pour une meilleure sécurité
Reconnaissons une chose : Manifest V3 apporte de vraies améliorations de sécurité, et des extensions malveillantes ont réellement empoisonné le Web Store pendant des années. Le ménage n’était pas illégitime. Mais reconnaissons aussi le reste : une régie publicitaire qui décide seule des pouvoirs accordés aux bloqueurs de publicité, c’est le renard qui rédige le règlement intérieur du poulailler. Google a eu quatre ans pour prouver que Manifest V3 pouvait égaler les capacités de filtrage d’avant. Le développeur d’uBlock Origin, lui, a rendu son verdict en recommandant Firefox.
Le 31 août, une page de Chrome se tourne. À toi de choisir dans quel camp tu la tournes : celui qui subit, ou celui qui a vérifié ses extensions à temps. Voilà, c’est dit !
Quelques sources pour aller plus loin
FAQ
Que se passe-t-il le 31 août 2026 pour les extensions Chrome ?
Google supprime définitivement toutes les extensions Manifest V2 restantes du Chrome Web Store. Les extensions encore installées sur d’anciennes configurations resteront en place, mais ne recevront plus aucune mise à jour et ne pourront plus être réinstallées une fois retirées de Chrome. Les extensions elles-mêmes sont déjà désactivées dans le navigateur depuis Chrome 138.
Est-ce que uBlock Origin fonctionne encore sur Chrome ?
Non, la version classique d’uBlock Origin ne fonctionne plus sur Chrome, car elle repose sur des capacités de filtrage supprimées par Manifest V3. Son développeur recommande deux solutions : uBlock Origin Lite, compatible Manifest V3 mais aux capacités réduites, ou le passage à Firefox, qui continue de supporter Manifest V2 et permet de retrouver toutes les fonctions.
Comment garder un bon bloqueur de publicité sur Chromebook ?
Trois solutions existent. La plus simple : adopter uBlock Origin Lite ou une autre extension Manifest V3 depuis le Chrome Web Store. Pour un filtrage complet : installer Firefox en application Android, qui supporte les extensions dont uBlock Origin, ou installer Firefox dans l’environnement Linux du Chromebook pour retrouver un vrai navigateur de bureau avec extensions complètes.
Comment savoir si mes extensions Chrome sont concernées ?
Tapez chrome://extensions dans la barre d’adresse et passez la liste en revue. Une extension désactivée accompagnée d’un avertissement est une extension Manifest V2 condamnée. Cherchez sa remplaçante sur le Chrome Web Store dès maintenant : Google y affiche des suggestions d’alternatives Manifest V3 pour les extensions désactivées.



