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Il se passe quelque chose d’étrange à Mountain View. Lundi, l’action Alphabet a grimpé de 1,51 % en Bourse. La raison ? Une fuite. The Information révèle que Google développe une nouvelle puce serveur, baptisée en interne « Frozen v2 », conçue spécifiquement pour faire tourner ses modèles Gemini. Jusque-là, rien de fou. Google fabrique ses TPU depuis dix ans. Sauf que cette fois, l’entreprise irait beaucoup plus loin : graver des morceaux de l’architecture de Gemini directement dans le silicium. Et là, l’ami, j’ai des questions. Beaucoup de questions. T’imagine ?
A retenir :
- Google développe « Frozen v2 », une puce serveur taillée sur mesure pour ses modèles Gemini, révélée par The Information le 20 juillet.
- Des éléments de l’architecture de Gemini seraient gravés dans la puce elle-même, un pari technique inédit chez Google.
- Objectif : une efficacité énergétique multipliée par rapport à la génération actuelle, avec un déploiement visé pour 2028.
- En coulisses, Google manque de puissance de calcul au point de refuser des clients Cloud et de louer des capacités à SpaceX.
- Les résultats trimestriels d’Alphabet tombent ce mercredi 22 juillet, et cette fuite tombe étrangement bien.
Une puce qui ne sait faire qu’une chose, vraiment ?
D’abord, posons le décor. Frozen v2 n’est pas un simple TPU de plus. Selon The Information, repris par CNBC, la puce embarquerait des parties de l’architecture de Gemini directement dans le matériel. Autrement dit, le modèle et la machine ne feraient plus qu’un. Les ingénieurs de Google visent une efficacité énergétique dix fois supérieure à celle du prédécesseur. Sur le papier, c’est vertigineux. Dans les faits ? C’est un pari de joueur de poker.
Car il y a un piège, et il est énorme. La puce ne fonctionnerait avec les futurs modèles Gemini que si Google conserve la même architecture sous-jacente. Tu vois le problème ? L’IA évolue tous les six mois. Les transformers d’aujourd’hui seront peut-être les Minitel de 2029. Et Google s’apprêterait à couler son modèle actuel dans le béton, pour un déploiement prévu en 2028. Trois ans. Une éternité dans ce secteur. Qui peut jurer que l’architecture de Gemini sera encore pertinente à ce moment-là ? Personne. Pas même Sundar Pichai.
Pourquoi maintenant ? Parce que Google étouffe
Ensuite, la vraie question : pourquoi ce projet fuite-t-il maintenant ? La réponse tient en un mot : pénurie. Google manque de puissance de calcul. Pas un petit manque, non. Une pénurie interne au point que Google Cloud aurait refusé des clients, faute de serveurs disponibles. Tu as bien lu. L’entreprise qui indexe le web mondial n’arrive plus à servir tout le monde.
Le symptôme le plus spectaculaire ? Le mois dernier, Google a accepté de payer près d’un milliard de dollars par mois à SpaceX pour combler son déficit de calcul et honorer ses engagements entreprise. Un milliard. Par mois. À la boîte d’Elon Musk. Si ça, ce n’est pas un aveu de faiblesse déguisé en partenariat stratégique, je veux bien manger mon Chromebook. Frozen v2 apparaît donc moins comme une vision géniale que comme une bouée de sauvetage. La question qui fâche : Google a-t-il conçu cette puce par ambition, ou par nécessité ?
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L’efficacité énergétique visée
Une fuite à 15 milliards, quel hasard du calendrier
Par ailleurs, permets-moi un soupçon. Cette « fuite » tombe deux jours avant la publication des résultats trimestriels d’Alphabet, attendus demain mercredi 22 juillet après la clôture de Wall Street. Les analystes tablent sur 117,1 milliards de dollars de revenus et une croissance de 65 % pour Google Cloud. Coïncidence ? Peut-être. Mais la rumeur a suffi à faire bondir les fortunes cumulées de Larry Page et Sergey Brin de 15 milliards de dollars en une seule journée, d’après Forbes. Pas mal, pour une puce qui n’existera pas avant 2028.
Je ne dis pas que Google a organisé la fuite. Je dis juste que dans la course à l’IA, une bonne rumeur de puce miracle vaut parfois mieux qu’un trimestre record. Nvidia le sait. OpenAI le sait. Et Mountain View, crois-moi, le sait aussi. Alors, information ou communication ? Les deux, sans doute. C’est bien ça qui me chiffonne.
Et pour nous, utilisateurs de l’écosystème Google ?
Enfin, redescendons sur Terre. Je te rassure, question pognon, nous on n’a rien gagné. Concrètement, qu’est-ce que ça change pour toi, pour moi, pour nos machines ChromeOS et nos téléphones Android ? À court terme, rien. Frozen v2 est une puce de datacenter, pas un composant de Chromebook. Tu ne la verras jamais.
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Soutenir MyChromebook.frÀ moyen terme, en revanche, tout. Chaque requête Gemini dans Chrome, chaque résumé dans Gmail, chaque Daily Brief passe par ces serveurs qui saturent. Si Google divise réellement sa facture énergétique par un facteur pareil, cela signifie plus de requêtes IA gratuites, des quotas moins serrés, et peut-être des fonctions Gemini qui cessent d’être réservées aux abonnés AI Pro. Cependant, l’inverse est vrai aussi. Si le pari architectural échoue, si l’architecture de Gemini change d’ici 2028, Google aura dépensé des milliards pour du silicium obsolète. Et devine qui paiera la note, au final ? Nous, via les abonnements.

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Mon avis de Robot, entre deux circuits
En résumé, Frozen v2 raconte deux histoires en même temps. La version officielle : Google maîtrise toute sa chaîne, du modèle au transistor, et personne d’autre ne peut en dire autant. La version officieuse : Google court après sa propre demande, loue des serveurs chez SpaceX et fige son IA dans le matériel en espérant que l’avenir lui donne raison. Laquelle est la bonne ? Honnêtement, je l’ignore. Probablement les deux.
Une chose est sûre : mercredi soir, pendant la conférence des résultats, écoute bien les questions des analystes sur le « compute ». C’est là que la vérité se cachera. Et compte sur moi pour décortiquer tout ça, ici et @Nicolas dans le prochain CKB Show.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la puce Frozen v2 de Google ?
Frozen v2 est une puce serveur en développement chez Google, révélée par The Information le 20 juillet 2026. Elle est conçue spécifiquement pour exécuter les modèles Gemini et intégrerait des éléments de leur architecture directement dans le matériel, avec un objectif d’efficacité énergétique jusqu’à dix fois supérieur à la génération actuelle.
Quand la puce Frozen v2 sera-t-elle déployée ?
Selon les informations rapportées par The Information et CNBC, Google vise un déploiement en 2028 dans ses centres de données. Il s’agit d’une puce d’infrastructure : elle n’équipera jamais directement un Chromebook ou un téléphone, mais elle fera tourner les services Gemini que ces appareils utilisent.
Pourquoi Google développe-t-il sa propre puce pour Gemini ?
Google fait face à une pénurie interne de puissance de calcul, au point de refuser des clients Google Cloud et de louer des capacités à SpaceX pour près d’un milliard de dollars par mois. Une puce sur mesure réduirait sa dépendance, sa facture énergétique et lui donnerait la maîtrise complète de sa chaîne, du modèle au transistor.
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