Sommaire
- A savoir :
- Mandiant et les chasseurs de menaces passent à la caisse
- Le paradoxe qui pique
- Pendant ce temps, la porte d’entrée se referme
- Les labos IA, eux, paient sans cligner
- La taxe fantôme
- Mes sources car tu aimes bien en savoir plus
- FAQ Foire Aux Questions
- Quelles équipes Google a-t-elle licenciées en juin 2026 ?
- Pourquoi Google licencie-t-elle dans la cybersécurité ?
- Pourquoi les demandes de visas H-1B de Google chutent-elles ?
- La taxe de 100 000 dollars sur les visas H-1B existe-t-elle toujours ?
- Produits les plus vendus
- 100 trucs et astuces sur ChromeOS et Chromebook
- Chromebook le guide
- Guide de démarrage rapide pour Chromebook
- Partager :
Pendant que tout le monde regardait Apple agenouillée devant Gemini à la WWDC, Google faisait le ménage chez elle. Discrètement. Sans communiqué triomphant, sans keynote. Depuis une quinzaine de jours, des vagues de licenciements traversent Google Cloud, et elles ne frappent pas n’importe qui. Elles frappent les gens qui te protègent. Assieds-toi, je te raconte. Parce que cette histoire dit quelque chose de l’époque, et ce quelque chose n’est pas rassurant.
A savoir :
Début juin 2026, Google a licencié dans sa division Cloud, touchant Mandiant et le Threat Intelligence Group, pour rediriger ses investissements vers l’IA, pendant que ses demandes de visas H-1B chutaient de 64 % sur un an.
Mandiant et les chasseurs de menaces passent à la caisse
Les coupes, révélées par Business Insider le 5 juin, touchent plusieurs équipes de Google Cloud. Dont deux noms qui devraient te faire tiquer. D’abord Mandiant, la société de cybersécurité que Google a rachetée 5,4 milliards de dollars en 2022, une référence mondiale de la réponse à incident. Ensuite, et surtout, le Google Threat Intelligence Group, frappé le 4 juin. Le GTIG, c’est l’unité d’élite qui traque les groupes de hackers parrainés par des États, qui publie les rapports que toute l’industrie lit, qui met des noms sur les campagnes d’espionnage russes, chinoises ou nord-coréennes. Parmi les remerciés, un analyste principal en renseignement sur les menaces. Pas un stagiaire de l’open space. Non, un cador de cador.
Combien de personnes au total ? Google ne dit pas. La déclaration officielle est un chef-d’œuvre de langue de bois : « Nous évaluons régulièrement nos structures internes pour nous assurer d’être au mieux positionnés pour répondre aux demandes évolutives de nos clients et de l’industrie. » Traduction maison : on coupe, on ne dira pas combien, circulez. Pas content ? Tant pis.
Mais en interne, le motif est moins poétique. Dans au moins un cas documenté, Google a justifié les suppressions par la nécessité de rediriger les investissements vers les secteurs de croissance. Comprendre : l’IA. Le calendrier ne laisse aucune place au doute. Le 3 juin, Alphabet détaillait une levée de capitaux d’environ 85 milliards de dollars pour financer son infrastructure IA, avec des dépenses d’investissement 2026 guidées entre 180 et 190 milliards. De dollars. Relis le chiffre, je t’attends. Le 4 juin, les couperets tombaient sur le GTIG. Les data centers se paient. Quelqu’un règle l’addition.
Le paradoxe qui pique
Maintenant, pose le tableau devant toi et regarde-le bien. D’un côté, l’IA générative démocratise l’attaque : n’importe quel acteur malveillant moyennement motivé peut désormais se faire assister pour produire du code offensif, des campagnes de phishing crédibles, des variantes de malware à la chaîne. La surface de menace explose, et c’est l’industrie entière qui le documente, rapport après rapport. De l’autre côté, Google, qui possède l’une des meilleures équipes humaines d’analyse de ces menaces, choisit ce moment précis pour la dégraisser. Enfin mieux. Elle vide le bureau. Ferme la porte. Et hop, la clé au fond du puits. Va la chercher !
Le pari de la direction est lisible entre les lignes : demain, la cybersécurité sera gérée par des systèmes d’IA autonomes, des agents intelligents qui détecteront et répondront tout seuls, et certaines fonctions traditionnelles du renseignement sur les menaces deviendront obsolètes. Peut-être. Un jour. Mais entre le pari et sa réalisation, il y a une fenêtre. Une du genre véranda. Et dans cette ouverture, ce sont des humains expérimentés qui partent avec leur mémoire des groupes d’attaquants, leurs réflexes, leurs réseaux. Une expertise qui se construit en dix ans et se licencie en dix minutes. Si le pari est perdant, on ne rachètera pas ces cerveaux avec un data center. Qui a jeté la clé au fond du puits ? On s’en fout, dit Google.
Pendant ce temps, la porte d’entrée se referme
Et ce n’est que la moitié de l’histoire. Car oui, le plus beau vient. Accroche-toi, tu risques de tomber de ta chaise. L’autre moitié se lit dans les données fédérales américaines sur les visas H-1B, le sésame des ingénieurs étrangers dans la tech. Au deuxième trimestre 2026, les demandes certifiées de Google pour de nouvelles recrues se sont effondrées de 64 % sur un an. Ce n’est pas une respiration, c’est un plongeon. De très très haut tant qu’à faire. Par contre, Meta recule de 3 %, Microsoft de 20 %, Amazon de 30 %. Google fait quatre fois pire que tout le monde. Veut être champion du monde partout. Mais là, ça porte un autre nom : la bêtise.
Le contexte réglementaire n’aide pas, c’est vrai. Une taxe de 100 000 dollars par nouveau candidat étranger, imposée par l’administration américaine depuis septembre 2025, et de nouvelles règles de loterie qui favorisent les hauts salaires et défavorisent les jeunes diplômés. Face à ça, les analyses de presse décrivent une stratégie Google : des équipes plus petites et hyper-spécialisées, et une propension croissante à délocaliser des unités de recherche à l’étranger pour contourner les coûts administratifs américains. La fin du recrutement de masse d’ingénieurs généralistes, remplacée par une chasse chirurgicale aux profils rares. C’est en tout cas la version qu’on te sert.
Les labos IA, eux, paient sans cligner
Parce que voilà le contraste qui tue. Pendant que Google ferme le robinet, les laboratoires d’IA l’ouvrent en grand. Anthropic est passée de 10 à 59 demandes certifiées sur la même période, une hausse de 490 %. OpenAI de 20 à 63, plus 215 %. Nvidia, déjà massive, grimpe encore de 641 à 765. Pour ces acteurs, la taxe de 100 000 dollars n’est pas un obstacle. Un recruteur du secteur l’a résumée d’une formule qui dit tout : une erreur d’arrondi, comparée au coût de rater le bon chercheur.
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Soutenir MyChromebook.frRéfléchis deux secondes à ce que ça raconte. Les entreprises qui construisent les modèles considèrent qu’un cerveau rare vaut n’importe quel prix. L’entreprise qui possède Gemini, elle, licencie ses analystes de menaces et divise par trois ses importations de talents. Google ne se comporte plus comme un chasseur. Google se comporte comme une entreprise qui défend sa position en comprimant ses coûts, pendant que les prédateurs autour d’elle recrutent à n’importe quel tarif. Officiellement, Google optimise. Officieusement ? Passe-moi l’aspirine.
La taxe fantôme
Et puis il y a la cerise. Pas sur le gâteau, non. Tombée du gâteau, cette semaine, devant un tribunal. Lundi, un juge fédéral a invalidé la fameuse taxe de 100 000 dollars, estimant que l’administration n’avait pas l’autorité légale pour l’imposer. La pénalité qui a servi de justification à tout ce repli vient d’être déclarée illégale.
Relis la séquence dans l’ordre, l’ami. Google taille dans ses équipes de cybersécurité pour financer l’IA. Google divise ses recrutements étrangers par trois, en partie pour esquiver une taxe. Et la taxe s’évapore devant un tribunal, pendant qu’Anthropic et OpenAI, qui n’ont jamais ralenti, continuent d’aspirer les meilleurs cerveaux du marché. Les analystes virés du GTIG, eux, ne seront pas réembauchés par jugement de cour d’appel. L’IA valait peut-être ce sacrifice. C’est le pari de Mountain View. Mais retiens la leçon du jour : dans cette course, même Google a commencé à vendre ses meubles. Et elle a commencé par la salle des gardes.
Mes sources car tu aimes bien en savoir plus
PPC Land : Google quietly cut its cyber threat team while betting billions on AI
bt Business Today : Why AI firms like Anthropic, OpenAi are filing for more H-1B visas even while Big Tech cos pulled back
PitchBook : Trump’s $100K H-1B fee was meant to slow foreign tech hiring. It may not be working.
FAQ Foire Aux Questions
Quelles équipes Google a-t-elle licenciées en juin 2026 ?
Les coupes, étalées sur une quinzaine de jours et révélées le 5 juin par Business Insider, touchent plusieurs équipes de Google Cloud, dont Mandiant, la société de cybersécurité rachetée 5,4 milliards de dollars en 2022, et le Google Threat Intelligence Group, l’unité qui traque les hackers parrainés par des États. Le nombre exact de personnes concernées n’a pas été communiqué.
Pourquoi Google licencie-t-elle dans la cybersécurité ?
Officiellement, Google évoque une évaluation régulière de ses structures internes. En interne, l’entreprise a justifié au moins une partie des coupes par la réorientation des investissements vers l’IA, dans un contexte de dépenses d’infrastructure 2026 guidées entre 180 et 190 milliards de dollars.
Pourquoi les demandes de visas H-1B de Google chutent-elles ?
Les demandes certifiées de Google pour de nouvelles recrues ont chuté de 64 % sur un an au deuxième trimestre 2026, dans un contexte de taxe de 100 000 dollars par candidat étranger et de nouvelles règles de loterie défavorables aux jeunes diplômés, et d’une stratégie de réduction des effectifs généralistes.
La taxe de 100 000 dollars sur les visas H-1B existe-t-elle toujours ?
Non. Un juge fédéral l’a invalidée le 8 juin 2026, estimant que l’administration américaine n’avait pas l’autorité légale pour l’imposer. Anthropic et OpenAI avaient de toute façon continué à recruter massivement des talents étrangers malgré cette pénalité.




