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2 mai 2021 par

Les ordinateurs au cinéma

Le travail de l’homme devant un ordinateur est toujours mal représenté au cinéma. Alors qu’il est possible de montrer un artisan travaillant la pierre avec un outil, cela devient plus complexe quand il est face à un écran à utiliser un clavier. Il existe alors deux manières de symboliser par l’image de ce qu’effectue l’opérateur : ne rien montrer et laisser les acteurs raconter ou s’immerger dans la machine et devenir une part de celle-ci. Une troisième possibilité s’offre pourtant au metteur en scène : faire que l’ordinateur devienne une entité propre avec ses émotions dont ses peurs face à son créateur. Nous allons donc nous intéresser pour quelques instants dans la manière dont sont représenté les ordinateurs au cinéma. J’ai choisi pour illustrer mes propos trois films qui sont (presque) des chefs-d’œuvre et qui permettent de mieux comprendre la relation entre l’homme et l’ordinateur et surtout sa représentation. 

Et si la guerre n’était qu’un jeu ?

Même si l’ordinateur avait depuis quelques années fait ses débuts au cinéma, la représentation telle qu’elle est faite dans le film WarGame, modifie complètement le regard que le monde portait sur ces machines. Il ne s’agit plus d’automates, mais véritablement d’un ordinateur pouvant engendrer la mort d’une planète et tout cela à travers ce qui semble un jeu. 

Dans le film de John Badham, sorti en 1983, deux joueurs s’affrontent : d’un côté un super calculateur, lourd, massif et qui ne fait que clignoter et parler et de l’autre un jeune pirate informatique qui ira chercher sur une île le docteur Frankenstein qui a engendré cet enfant/monstre qui ne fait que chercher son père. Dans cette relation conflictuelle ou le sort du monde ne tient qu’à un jeu de morpion, il nous est permis de comprendre que l’ordinateur n’est pas un ami. On retrouvera la même analyse dans le film Terminator. 

Être dans l’ordinateur

Si avec WarGames, l’action se passe à l’extérieur de l’ordinateur avec le film Tron il en est tout autre. En effet, le créateur d’un jeu devient par le biais d’une dématérialisation de son enveloppe corporelle, une entité propre à l’ordinateur dirigé par un dictateur, appelé Maître Contrôle. Il va falloir qu’il se batte contre celui-ci et ainsi libérer ceux et celles qui y habitent. Par sa victoire, il sera reconnu comme le créateur de jeux vidéos et ainsi pouvoir diriger de manière raisonnée ce monde que lui seul maintenant connait. 

Ce qui reste pour moi la part la plus novatrice dans le film Tron sorti en 1982 et réalisé par Steven Lisberger concerne son côté futur idéologique, avec la course de moto telle qu’elle est représentée. On se bat pour sa vie et en même temps avec un tel engin, il est possible de s’échapper de l’arène, espérant ainsi trouver la liberté et donc combattre l’oppresseur. 

La course contre la mort qui est permanente dans cette représentation en trois dimensions du monde intérieur d’un ordinateur, pose quand même une question primordiale : l’homme est-il maître de la machine ? 

Le choix entre le rêve et la réalité

Le film Matrix qui je le rappelle est une trilogie, emmène l’homme à se battre contre l’ordinateur appelé Matrix. Il a été réalisé en 1999 pour le premier volet par les frères  Wachowski devenues sœurs. Ici l’enveloppe physique de l’être humain sert de combustible et fourni aussi de la chaleur. Si dans le film WarGames, l’homme se battait contre l’ordinateur, il est ici asservi et se retrouve à vivre un rêve qui n’est en fait pour lui qu’un cauchemar permanent.  

Dans ce triptyque, deux scènes sont pour moi représentative de la manière de montrer l’homme face à l’ordinateur. Dans le premier film appelé simplement Matrix, les premièrs plans montre le dialogue s’instaurant via un écran entre Néo et celui se faisant appeler Morpheus. Alors qu’il n’y a pas de dialogue parlé, ici tout va passer par le clavier avec à chaque fois une interrogation pour celui qui ne comprend pas pourquoi il devrait suivre un lapin blanc, alors qu’il se trouve dans un appartement entouré d’écrans d’ordinateurs.

La seconde scène concerne et là cela va faire plaisir à tous ceux qui utilisent Linux, est celle ou Trinity utilise nmap dans le film Matrix Reloaded. Comme le rappelle si justement Wikipédia, il s’agit “d’un scanner de ports libre créé par Fyodor et distribué par Insecure.org. Il est conçu pour détecter les ports ouverts, identifier les services hébergés et obtenir des informations sur le système d’exploitation d’un ordinateur distant”. Ainsi donc en quelques plans d’une durée totale de vingt secondes environ, on peut voir une femme taper des commandes sur un clavier avec comme conséquence l’arrêt des centrales électriques de la cité. La représentation est là encore singulière et donne la possibilité de voir que c’est l’être humain qui domine la machine et non l’inverse, alors que dans la réalité du film, c’est tout le contraire.

Les ordinateurs au cinéma

Je ne pouvais pas finir ce court article ou le mot Chromebook ou Chrome OS n’a pas été prononcé sans me tourner vers l’émission La place de la toile du 18/05/2013 et diffusée sur France Culture dont le sujet était Les ordinateurs et l’informatique au cinéma. Pour en parler mieux que moi en compagnie de Xavier de la Porte :

  • Alexis Blanchet : Maître de conférences en audiovisuel et cinéma à l’université de Pais III. Son principal objet de travail, c’est le jeu vidéo. Anime un blog du nom de « Jeuvidéal ».
  • Jean-Noël Lafargue : Figure du web français où il intervient sous le nom de Jean_no. Le reste du temps, il est maître de conférences associé à Paris 8 et professeur aux Beaux-arts du Havre, entre autres. L’auteur de plusieurs ouvrages, le dernier porte sur les représentations de la fin du monde. Et sur Hyperbate.fr, il tient un blog « Le dernier des blogs » qui est une mine d’analyses en tout genre. Où il recense notamment les films qui montrent des ordinateurs.
  • Emmanuel Burdeau : Critique de cinéma, ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma , aujourd’hui intervenant régulièrement sur Médiapart. Par ailleurs co-fondateur des éditions Capricci.

A écouter :

Et pour vous quel film représente pour vous la meilleure utilisation de l’ordinateur par l’homme ? Est-ce que pour vous le Chromebook est un ordinateur que vous maîtrisez ou est-ce lui qui mène par le bout du nez ?

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