Wave

16 janvier 2022 par

Le metteur en scène J.J. Beineix était un amoureux de la tartine comme de la musique

Le metteur en scène Jean-Jacques Beineix est décédé il y a quelques jours à l’âge de 75 ans. Pour ceux qui comme moi avaient 20 ans dans les années quatre-vingt, son premier film Diva fut un choc tant visuel que culturel. Il reste pour moi un cinéaste avant-gardiste tant dans la photographie que la mise en scène. Dialoguiste de la plupart de ses films, le metteur en scène J.J. Beineix était un amoureux de la tartine comme de la musique comme le prouve son premier film Diva. Grâce à cette création, il reçut le César de la meilleure première œuvre qui reste pour moi un chef-d’œuvre cinématographique à tout point de vue. 

Vous pouvez être étonné qu’un site traitant principalement des Chromebook comme de Chrome OS, s’intéresse un court instant à ce metteur en scène et plus spécifiquement au film Diva. Comme je l’ai dit, cela reste pour moi un chef-d’œuvre artistique qui a influencé toute ma génération autant en France comme dans bien d’autres pays. Même si à l’époque de sa sortie, il a été éreinté par les critiques, le public a su qu’il avait devant lui une œuvre importante du cinéma français. Au fil des années, il est devenu culte et quelques-unes des scènes sont devenus des références. Je pense entre autres à la scène de la tartine ou l’acteur Richard Bohringer (Gorodishs dans le film) s’élève à quelque chose de sublime. 

En ce temps-là

Imaginez un monde d’avant l’Internet ou les sorties cinématographiques du mercredi étaient annoncées par le biais des journaux. On trouvait ainsi l’information soit dans le journal du jour quand vous habitiez en dehors de Paris, soit dans l’hebdomadaire “L’Officiel des spectacles” consacré autant au cinéma qu’au théâtre. Si comme moi vous étiez un fan du septième art, ce petit hebdomadaire était tout stabiloté en quelques heures. Il s’agissait ensuite de courir dans tel quartier pour la séance de 14 heures, pour ensuite aller à celle de 16 heures toujours dans le même quartier et ensuite finir pour la séance de 21 heures dans tel autre cinéma. À chaque fois, j’inscrivais un score allant de 1 à 5 pour les meilleurs. 

C’est ainsi que j’étais “tombé” le cul par terre quand j’avais assisté à la première séance du film Diva. Comme il était possible de rester dans la salle, j’avais repiqué pour celle de 16 heures. J’en étais ressorti avec des étoiles dans les yeux et j’avais l’impression que le cinéma renaissait à travers la caméra de J.J. Beineix. J’ai revu plusieurs fois ce film, jusqu’à ce qu’il reçoive quatre récompenses à la cérémonie des Césars en 1982. 

Un petit postier

En ce temps-là, on allait donc au cinéma comme au concert pour voir des artistes que l’on ne pouvait pas regarder sur l’Internet. C’est un peu l’histoire de Jules (Frédéric Andrei) le postier amoureux d’une cantatrice lyrique jouée par Wilhelmenia Wiggins Fernandez (Cynthia Hawkins dans le film). Il va croiser en même temps une bande de malfaisants dont le chef de gang joué par Jacques Fabbri (Jean Saporta dans le film) n’est autre qu’un commissaire de Police. Je ne vous raconterai pas tout le film, mais sachez que l’amour est plus fort que tout. J’ai donc choisi trois scènes qui montrent à quel point J.J. Beineix était un grand metteur en scène. 

Un amoureux de musique

J.J. Beineix aura été un amoureux de la musique. Dès son premier film Diva il le montre en choisissant Vladimir Cosma pour la B.O du film. Celui-ci va sublimer par ses créations musicales certaines scènes comme on va le voir plus bas. Voici d’abord une interprétation du morceau intitulé Ebben? Ne andrò lontana, tiré de l’opéra La Wally composé par Alfredo Catalani en 1892. L’air de La Wally est chanté par Wilhelmenia Wiggins Fernandez et joué par l’orchestre symphonique de Londres, dirigé par Vladimir Cosma que l’on peut voir dans certains plans de cette scène. Justement, dans celle-ci on va voir Jules enregistrer clandestinement l’interprétation de La Wally par Cynthia Hawkins qui le chante elle-même puisque étant une chanteuse d’opéra et plus précisément une soprano. 

Un amoureux de la tartine

Richard Bohringer est monté d’un cran dans ce film. Il est devenu un grand, très grand acteur. Lui qui était sous exploité, même s’il avait joué dans le dernier métro de F. Truffaut, a pu montrer pleinement son art. Alors quittant la bluette de La boum, il a été féroce et en même temps drôle et attachant. Il a surtout sublimé le sandwich que l’on nous envie dans le monde entier. Pour apprécier la scène qui va suivre, en voici d’abord le monologue. Là aussi, le mot est porté très haut.

“La baguette, le couteau, pas trop mince pas trop épais. 

La mie, fraîche, mais pas trop. 

Ah, c’est tout un art. 

On nous envie dans le monde entier pour ça, nous autres les Français !

Regarde. 

Tu étales. 

Y’en a qui se défoncent à la colle d’avion, à la lessive, enfin des trucs compliqués, quoi.

Moi, mon Satori, c’est ça : le zen dans l’art de la tartine. 

Y’a plus de couteau.

Y’a plus de pain.

Y’a plus de beurre. 

Y’a plus qu’un geste qui se répète, un mouvement, l’espace, le vide…”

Si après cela vous n’avez pas envie d’un bon sandwich, je n’y comprends plus rien !

Le metteur en scène J.J. Beineix était un amoureux de la tartine comme de la musique

Je ne pouvais pas finir sans un des morceaux de Vladimir Cosma qui hante mes nuits bleues. Le morceau Sentimental Walk, accompagne une scène montrant Paris avec Jules et la cantatrice Cynthia Hawkins. Il tombe amoureux d’elle et elle se pose aussi des questions. Le bleu est partout et Paris sous les matins gris devient beau. 

Pendant un court instant, nous avons quitté le monde féroce qui nous entoure et vu que l’amour est plus fort que tout. Je ne peux que vous conseiller de regarder ce film que l’on trouve maintenant en location au format streaming. Si vous l’avez déjà vu, redécouvrez-le, je suis sûr que vous avez dû oublier certains plans. 

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