Si on en croit les rumeurs insistantes, 2025 marque la fin d’un cycle de quatorze ans d’évolution du Chromebook. On l’a vu grandir et évoluer, mais tout ça est sur le point de basculer : le ChromeOS qui nous attend en 2026 risque de n’avoir plus grand-chose à voir avec ce qu’on a connu jusqu’ici. Et par là même les Chromebook. Pour bien comprendre l’évolution de ces ordinateurs et donc de cet OS depuis la sortie du CR-48 jusqu’à aujourd’hui, j’ai été fouiller pas mal d’archives. Le but n’étant pas de vous proposer un tableau complet de tous les Chromebook, mais plutôt de ceux qui ont marqué leurs époques. Et comme on va le voir, ce n’est pas le Chromebook qui a fait ChromeOS mais plutôt l’inverse.
C’est donc un voyage dans le passé que je vous propose. Pas question de faire une liste scolaire dates par dates. L’idée, c’est de comprendre comment le matériel a porté cette révolution. C’est fascinant de voir comment on est passé du « presse-papier inutile sans Wi-Fi » (la vanne préférée des critiques à l’époque) à des machines sophistiquées, bourrées d’IA, capables de faire tourner des jeux AAA en streaming ou de virtualiser Linux. On va regarder de près ces machines emblématiques qui ont, petit à petit, changé nos habitudes et fait taire les sceptiques. Certains d’entre vous pourrons noter telle ou telle absence, mais comme toute sélection celle-ci est subjective.
Un certain jour de mai
C’était un certain 10 mai 2011. C’était un de ces moment de bascule dans la tech qu’on ne voit pas forcément venir. Il s’agissait de la présentation du premier Chromebook, le CR-48. Sur le coup, ça n’a pas fait le bruit d’un lancement d’iPhone. Pourtant, avec le recul de 2025, cette date pèse lourd. Car impossible de raconter cette histoire sans parler du Cr-48. Ce n’était même pas un produit à vendre, juste un test grandeur nature. Imaginez un appareil noir mat, un peu caoutchouteux au toucher, sans le moindre logo. Un truc d’espion. C’est lui qui a tout défini : fini la touche Verr Maj (bon débarras, remplacée par une touche Recherche) et adieu les touches F1-F12, remplacées par des commandes de navigateur. Le message était brutal mais clair : cet engin n’est pas là pour trier vos dossiers, il est là pour vous brancher directement sur le flux mondial.
Rappelez-vous l’informatique « d’avant ». Une usine à gaz. Il fallait gérer les pilotes, prier pour que la mise à jour Windows ne plante pas tout, et installer trois antivirus pour être tranquille. Chez Apple c’était un peu le même jeu mais sans les virus. Et des espaces disques long comme le bras. Google a dit stop. Leur proposition ? Une machine « stateless » (sans état). Un ordinateur amnésique où rien ne reste sur le disque dur, tout part dans le cloud. Ce n’était pas juste un PC pas cher ; c’était une nouvelle philosophie de vie numérique. C’était une autre idée de l’informatique qui aujourd’hui a pris une place importante, dans l’emploi des ordinateurs.
Premier pas commercial
Que faisiez-vous le 15 juin 2011 ? C’est le jour où Samsung et Acer ont posé les premiers Chromebook en rayon, matérialisant un pari complètement fou de Google : fusionner l’ordinateur et le navigateur web. L’idée était radicale. Et franchement risquée. Si le Cr-48 était le brouillon, le Samsung Series 5 était la copie qu’on rend au prof. Il avait la lourde tâche d’être le premier « vrai » Chromebook vendu en magasin, avec un OS qui donnait l’impression d’être en chantier permanent.
| Caractéristique | Détail Technique |
| Processeur | Intel Atom N570 (Dual-Core, 1.66 GHz) |
| Mémoire Vive (RAM) | 2 Go DDR3 |
| Stockage | 16 Go SSD (mSATA) |
| Écran | 12,1 pouces, 1280 x 800 (Matte, 300 nits) |
| Poids | 1,48 kg |
| Connectivité | Wi-Fi 802.11n, 3G optionnelle, VGA (via dongle) |
| Prix de lancement | 429 $ (Wi-Fi) / 499 $ (3G) |
Ce Samsung essayait de combler le vide laissé par les netbooks, ces petits PC lents et moches qui disparaissaient. Lui, au moins, il avait de l’allure avec sa finition blanche brillante . Son atout majeur ? Un écran mat de 300 nits, une vraie rareté à ce prix, qui permettait enfin de bosser dehors sans se voir dans le reflet.
Mais soyons honnêtes, à l’usage, c’était compliqué. Le coupable s’appelait Intel Atom N570. Ce processeur, conçu pour économiser de la batterie, tirait la langue sur le web de 2011, encore bourré de Flash. CNET le disait bien à l’époque : démarrer en 10 secondes c’est génial, mais si c’est pour ramer dès qu’on lance une vidéo, c’est frustrant. Le journaliste le désignait pas comme un ordinateur mais bien comme un netbook, montrant bien à quel bien le concept était encore mal compris. Le prix là aussi de 429 $ n’était pas compris surtout face à des PC Windows bien plus polyvalents. Malgré tout, il a prouvé que le concept de sécurité « Sandbox » tenait la route : une machine sans maintenance, c’était possible.
Pour en savoir plus : cnet.com
La démocratisation par la performance
Deux ans de flottement, et soudain, Acer trouve la recette magique avec le C720. Le deal était simple : on casse le prix, mais on booste le moteur.
| Caractéristique | Détail Technique |
| Processeur | Intel Celeron 2955U (Architecture Haswell) |
| Mémoire Vive (RAM) | 2 Go ou 4 Go DDR3L |
| Stockage | 16 Go ou 32 Go SSD |
| Écran | 11,6 pouces TN, 1366 x 768 |
| Autonomie | 8,5 heures (souvent dépassée en usage réel) |
| Poids | 1,25 kg |
| Prix de lancement | 199 $ – 249 $ |
Le C720, c’est le point de bascule. Pourquoi ? Grâce à l’architecture Haswell d’Intel. Fini les processeurs anémiques. Le Celeron 2955U était une vraie puce, dérivée des gros Core i5, juste un peu bridée. Résultat : une fluidité impeccable, même avec des tonnes d’onglets.
Bon, il ne fallait pas être trop regardant sur le reste. L’écran TN était médiocre (couleurs délavées garanties) et le plastique gris faisait vraiment « jouet ». Mais à 199 $, tout le monde s’en fichait ! C’est devenu la star des écoles américaines : pour le prix d’un MacBook, on équipait une classe entière. Les bidouilleurs l’ont adoré aussi, car on pouvait y installer Linux facilement (merci Crouton) et en faire un outil de dev ultra-portable. C’est la machine qui a tué l’idée que « Chromebook = lent ».
Pour en savoir plus : mobiletechreview.com
Le manifeste technologique
Alors que tout le monde se disait « Ah ok, un Chromebook c’est un truc pas cher pour les écoliers« , Google a lancé un pavé dans la mare : le Pixel. On ne jouait plus dans la cour de l’école, mais dans les bureaux des technos et ingénieurs. Je ne parle pas du smartphone de Google, mais bien de son ordinateur.
| Caractéristique | Détail Technique |
| Processeur | Intel Core i5-3427U (Dual-Core, 1.8 GHz) |
| Mémoire Vive (RAM) | 4 Go DDR3 |
| Stockage | 32 Go ou 64 Go SSD (+ 1 To Google Drive) |
| Écran | 12,85 pouces tactile, format 3:2, 2560 x 1700 (239 ppi) |
| Châssis | Aluminium Unibody Anodisé |
| Prix de lancement | 1 299 $ (Wi-Fi) / 1 449 $ (LTE) |
Un paradoxe total. Payer 1 300 $ pour une machine qui a 5 heures d’autonomie et qui ne fait « que du web », c’était commercialement suicidaire. Mais Google ne cherchait pas à en vendre des palettes, ils voulaient marquer le coup.
Le Pixel a imposé l’écran au format 3:2 . Google a eu le nez creux : le web est vertical, on scrolle vers le bas, donc on a besoin de hauteur, pas de largeur comme sur une télé. Aujourd’hui, Microsoft fait pareil avec ses Surface. Et que dire de la finition ? Charnière piano, alu usiné, clavier divin… Google a dit aux autres constructeurs : « Arrêtez de faire du plastique bas de gamme, ChromeOS mérite mieux« . Cela a été mon premier Chromebook. J’avais été séduit par son esthétique comme ses capacités.
Pour en savoir plus : droid-life.com
La diversification et la bataille pour la forme
Fini le temps où tous les Chromebook se ressemblaient. Ici, on commence à voir des trucs bizarres : des écrans qui se détachent, des charnières qui pivotent. On sort du moule classique. Et c’est là qu’arrive le HP Chromebook 11 ou on peut dire que le design démocratique s’installe.
| Spécification | Détails Techniques |
| Processeur | Samsung Exynos 5 Dual (5250) @ 1.7 GHz (Architecture ARM) |
| Mémoire Vive (RAM) | 2 Go DDR3 (Soudée, non extensible) |
| Stockage | 16 Go eMMC (Note : Pas de lecteur de carte SD) |
| Écran | 11,6 pouces IPS, Résolution 1366 x 768 (Luminosité ~300 nits) |
| Châssis | Polycarbonate blanc brillant avec cadre interne en magnésium (1,04 kg) |
| Prix de Lancement | 279 $ (USD) |
Visuellement, c’était un bonbon. Plastique blanc brillant, petite barre lumineuse aux couleurs de Google… c’était mignon tout plein. Et surtout, il avait un écran IPS correct, ce qui nous changeait des horreurs installées sur le C720. Son audace ? Se charger via un port Micro-USB, comme les téléphones de l’époque. L’idée était géniale sur le papier (un seul chargeur pour tout !), mais en pratique, la charge était d’une lenteur désespérante. Le processeur ARM n’était pas une flèche non plus, mais il a prouvé qu’un ordinateur pas cher n’était pas obligé d’être laid.
Pour en savoir plus : theverge.com
La référence multimédia
Si vous étiez étudiant à cette époque, c’était LUI qu’il fallait acheter. Je veux bien sûr parler du Toshiba Chromebook 2.
| Spécification | Détails Techniques |
| Processeur | Intel Celeron N2840 (Bay Trail) @ 2.16 GHz (Mode Burst jusqu’à 2.58 GHz) |
| Mémoire Vive (RAM) | 4 Go DDR3L 1600MHz |
| Stockage | 16 Go eMMC + Lecteur de carte SDXC (Supporte jusqu’à 2 To) |
| Écran | 13,3 pouces Full HD (1920 x 1080) IPS TruBrite (Luminosité ~340 nits) |
| Châssis | Toshiba a frappé fort. Ils ont collé une dalle Full HD (1920 x 1080) magnifique sur une machine à 300 $. C’était inespéré. Pour regarder Netflix ou bosser sur un mémoire, c’était le jour et la nuit comparé à la concurrence. Ajoutez à ça des haut-parleurs Skullcandy étonnamment bons, et vous aviez le roi du rapport qualité-plaisir. Ça a forcé tout le monde (Acer, Dell, HP) à arrêter de négliger les écrans sur le milieu de gamme.Résine plastique argentée texturée (1,35 kg) |
| Prix de Lancement | 329,99 $ (USD) 11 |
Toshiba a frappé fort. Ils ont collé une dalle Full HD (1920 x 1080) magnifique sur une machine à 300 $. C’était inespéré. Pour regarder Netflix ou bosser sur un mémoire, c’était le jour et la nuit comparé à la concurrence. Ajoutez à ça des haut-parleurs Skullcandy étonnamment bons, et vous aviez le roi du rapport qualité-plaisir. Ça a forcé tout le monde (Acer, Dell, HP) à arrêter de négliger les écrans sur le milieu de gamme.
Pour en savoir plus : mychromebook.fr
L’invention du convertible moderne
2015 est l’année ou tout bascule (littéralement) avec le Flip C100 d’Asus. C’était le premier modèle reprenant le terme de Flip et qui allait donner une grande lignée de Chromebook. La plupart ont marqué l’évolution du Chromebook, lui donnant un souffle d’air qui ne s’est pas démentie jusqu’à aujourd’hui.
| Caractéristique | Détail Technique |
| Processeur | Rockchip RK3288 (Quad-Core ARM Cortex-A17) |
| Mémoire Vive (RAM) | 2 Go ou 4 Go |
| Stockage | 16 Go eMMC |
| Écran | 10,1 pouces IPS tactile, 1280 x 800 |
| Châssis | Aluminium |
| Poids | 0,89 kg |
| Spécial | Charnière 360°, premier support Android stable |
Son petit nom de code était « Minnie », et il portait bien son nom. Tout petit (10 pouces), tout en métal, et surtout, il se pliait en quatre pour devenir une tablette. Grâce à sa puce Rockchip, pas de ventilateur et une batterie qui tenait la journée sans sourciller.
Mais le vrai choc fut logiciel. C’est sur cette petite machine que Google a commencé à injecter le Play Store. Le format hybride prenait tout son sens : on pouvait enfin utiliser des applications Android, des jeux ou des outils de dessin. Le Chromebook n’était plus juste un navigateur, c’était une plateforme hybride.
Pour en savoir plus : mychromebook.fr
La convergence et la quête du premium
On passe aux choses sérieuses. L’intégration d’Android se normalise, et les constructeurs commencent à lorgner sur les pros et les créatifs. Comme on va le voir les prix grimpent, la qualité aussi. Au CES 2017, Samsung débarque avec un duo qui a fait du bruit. Il s’agit du Samsung Chromebook Plus V1 & Pro
| Caractéristique | Samsung Chromebook Plus (V1) | Samsung Chromebook Pro |
| Processeur (CPU) | ARM OP1 (Hexa-core : 2x Cortex-A72 + 4x Cortex-A53) | Intel Core m3-6Y30 (Dual-Core, architecture Skylake) |
| Mémoire Vive (RAM) | 4 Go LPDDR3 | 4 Go LPDDR3 |
| Stockage | 32 Go eMMC | 32 Go eMMC |
| Écran | 12,3″ LED, 2400 x 1600 (QHD+), Format 3:2 | 12,3″ LED, 2400 x 1600 (QHD+), Format 3:2 |
| Tactile / Stylet | Oui, Stylet Samsung intégré (technologie EMR sans pile) | Oui, Stylet Samsung intégré (technologie EMR sans pile) |
| Graphismes (GPU) | Mali-T860MP4 | Intel HD Graphics 515 |
| Ports | 2 x USB-C (Charge/Vidéo/Données), Lecteur MicroSD, Prise Jack | 2 x USB-C (Charge/Vidéo/Données), Lecteur MicroSD, Prise Jack |
| Châssis | Alliage Magnésium/Aluminium (Argent) | Alliage Magnésium/Aluminium (Noir « Metallic Black ») |
| Poids | ~1,08 kg (2.38 lbs) | ~1,08 kg (2.38 lbs) |
| Épaisseur | 13,9 mm (0.55 pouces) | 13,9 mm (0.55 pouces) |
| Particularité | Meilleure compatibilité native avec les apps Android au lancement | Meilleure performance brute pour le multitâche web |
Le Plus (avec une puce ARM) et le Pro (avec du Intel) partageaient le même corps et surtout le même écran incroyable : un 12,3 pouces au format 3:2, piqué directement au concept du Pixel (voir plus haut). La définition était dingue. Et le petit détail qui tue ? Un stylet intégré dans la coque, un peu comme sur les Galaxy Note. Pour les artistes en herbe, c’était génial. Le modèle « Plus » gérait d’ailleurs mieux les applis Android grâce à son architecture ARM, ce qui montrait bien le dilemme de l’époque : optimiser pour le web (Intel) ou pour les apps (ARM) ?
Pour en savoir plus : pcmag.com
L’apogée du design industriel
Le 4 octobre 2017, Google a sorti ce qui reste pour beaucoup, moi y compris, le plus bel ordinateur jamais construit. Je veux bien sûr parler du Chromebook Pixelbook (2017).
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Soutenir MyChromebook.fr| Caractéristique | Détail Technique |
| Processeur | Intel Core i5-7Y57 ou i7-7Y75 (Série Y, basse consommation) |
| RAM | 8 Go ou 16 Go LPDDR3 |
| Stockage | 128 Go, 256 Go ou 512 Go NVMe |
| Écran | 12,3 pouces LCD, 2400 x 1600, tactile |
| Épaisseur | 10,3 mm |
| Poids | 1,1 kg |
| Assistant | Touche Google Assistant dédiée |
Le Pixelbook, c’était une déclaration d’amour au matériel . Un mélange de verre et d’aluminium, des repose-poignets en silicone ultra-doux (pourquoi personne d’autre ne fait ça ?), et une épaisseur ridicule de 10 mm. Il semblait venir du futur.
C’était aussi le premier à intégrer Google Assistant nativement. Plus qu’un bel objet, il a prouvé que ChromeOS était stable sur la durée. Même en 2025, beaucoup tournent encore comme des horloges. Bon, il coûtait un bras (999 $ minimum) et ses bordures d’écran font un peu vieillottes aujourd’hui, mais quelle classe !
Pour en savoir plus : mychromebook.fr
L’échec instructif
Ne dit-on pas que c’est dans l’échec que l’on puise les meilleures informations ? C’est ce que a fait Google avec la Google Pixel Slate sortie en 2018. La Pixel Slate, c’était la tentative de Google de tuer l’iPad Pro.
| Caractéristique | Modèle Entrée (Celeron) | Modèle Intermédiaire (m3) | Modèle Haut de Gamme (i5) | Modèle Premium (i7) |
| Processeur | Intel Celeron 3965Y | Intel Core m3-8100Y | Intel Core i5-8200Y | Intel Core i7-8500Y |
| Cœurs / Threads | 2 Cœurs / 2 Threads | 2 Cœurs / 4 Threads | 2 Cœurs / 4 Threads | 2 Cœurs / 4 Threads |
| Fréquence Base/Max | 1.5 GHz (Fixe) | 1.1 GHz / 3.4 GHz | 1.3 GHz / 3.9 GHz | 1.5 GHz / 4.2 GHz |
| Mémoire RAM | 4 Go ou 8 Go | 8 Go | 8 Go | 16 Go |
| Stockage | 32 Go ou 64 Go (eMMC) | 64 Go (eMMC) | 128 Go (SSD/eMMC rapide) | 256 Go (SSD NVMe) |
| Graphisme | Intel UHD 615 | Intel UHD 615 | Intel UHD 615 | Intel UHD 615 |
| Prix de lancement | $599 (approx.) | $799 (approx.) | $999 (approx.) | $1599 (approx.) |
On peut dire que cela fut un gros plantage. ChromeOS n’était tout simplement pas prêt pour être utilisé uniquement en tactile, sans clavier. Pire, les versions d’entrée de gamme (Celeron) laguaient tellement que c’en était gênant. Google a pris une claque, a arrêté de faire des tablettes pendant des années, et a laissé Lenovo et HP prendre le relais. Une leçon d’humilité nécessaire.
Pour en savoir plus : le blog de Google
Le héros du confinement
Au milieu du chaos, un petit appareil modeste a sauvé la mise à des millions de parents. Cela se passait pendant le confinement de la majorité des habitants de la Terre qui ont découvert cet ordinateur et tablette qui faisait tout et pas rien. Son nom ? Le Lenovo IdeaPad Duet Chromebook sorti en 202O.
| Caractéristique | Détails Techniques |
| Constructeur | Lenovo |
| Date de sortie | Mai 2020 |
| Processeur (CPU) | MediaTek Helio P60T (Octa-core : 4x Cortex-A73 @ 2.0GHz + 4x Cortex-A53 @ 2.0GHz) |
| Mémoire Vive (RAM) | 4 Go LPDDR4X (Soudée, non extensible) |
| Stockage | 64 Go ou 128 Go eMMC |
| Écran | 10,1 pouces IPS, 1920 x 1200 pixels (WUXGA), 400 nits, Tactile |
| Graphismes (GPU) | ARM Mali-G72 MP3 |
| Dimensions (Tablette) | 239,8 x 159,8 x 7,35 mm |
| Poids | Tablette seule : ~450 g / Avec clavier et béquille : ~920 g |
| Batterie | 7000 mAh / 27 Wh (Environ 10 heures d’autonomie en vidéo) |
| Connectique | 1 x USB-C 2.0 (Charge, Données, DisplayPort) |
| Audio | 2 Haut-parleurs (Dolby Audio), 2 Microphones. Pas de prise jack 3.5mm (adaptateur USB-C inclus) |
| Caméras | Arrière : 8 MP (Auto-focus) / Avant : 2 MP (Focale fixe) |
| Accessoires Inclus | Clavier détachable + Protection arrière avec béquille ajustable |
| OS | ChromeOS (Support des mises à jour garanti initialement jusqu’en juin 2028) |
Le coup de génie de Lenovo ? L’économie. Alors qu’Apple ou Microsoft vous vendent le clavier à prix d’or en option, Lenovo a tout mis dans la boîte : tablette, clavier, béquille de protection. Pour moins de 300 euros, c’était l’outil parfait pour Zoom et Google Classroom.
Ce n’était pas une bête de course (le processeur MediaTek faisait ce qu’il pouvait), mais pour l’usage visé, c’était imbattable. Le Duet a prouvé qu’il y avait un marché énorme pour des tablettes ChromeOS abordables et a forcé Google à améliorer l’interface tactile suite au fiasco de la Slate. A la rédaction de mychromebook nous l’avons primé Chromebook de l’année deux années de suite. C’est dire les capacités de ce Chromebook, qui pour ma part en 2025 me suis encore partout. C’est dire !
Pour en savoir plus : mychromebook.fr
L’éthique de la réparabilité
Alors qu’on parle de plus en plus de « droit à la réparation », Framework a adapté son concept de Lego pour adultes à l’univers Google. Voici le Framework Laptop Chromebook Edition sorti en 2022
| Caractéristique | Détails Techniques |
| Constructeur | Framework Computer |
| Date de sortie | Fin 2022 |
| Processeur (CPU) | Intel Core i5-1240P (12ème génération « Alder Lake », 12 cœurs : 4 Performance + 8 Efficience) |
| Mémoire Vive (RAM) | 8 Go DDR4-3200 (Non soudée, extensible jusqu’à 64 Go via 2 slots SO-DIMM) |
| Stockage | 256 Go SSD NVMe PCIe Gen4 (Non soudé, remplaçable par l’utilisateur, jusqu’à 1 To ou plus) |
| Écran | 13,5 pouces LCD, 2256 x 1504 (Format 3:2), 400 nits, 100% sRGB. Non tactile |
| Graphismes (GPU) | Intel Iris Xe Graphics |
| Dimensions / Poids | 296,6 x 229,0 x 15,9 mm / 1,3 kg |
| Batterie | 55 Wh (Remplaçable). Autonomie moyenne de 6 à 8 heures en usage réel |
| Connectique (Unique) | 4 emplacements pour cartes d’extension. L’utilisateur choisit ses ports : USB-C, USB-A, HDMI, DisplayPort, Ethernet, MicroSD, ou stockage supplémentaire |
| Audio / Vidéo | Webcam 1080p 60fps, 2 micros, Haut-parleurs stéréo 2W. Prise jack 3,5 mm incluse |
| Confidentialité | Interrupteurs physiques (hardware switches) pour couper électriquement la caméra et les micros |
| Particularité Majeure | Entièrement modulaire et réparable. Chaque pièce (écran, clavier, batterie, carte mère, ports) possède un QR code pour commander un remplacement et un guide de réparation |
| Support Logiciel | Mises à jour automatiques ChromeOS garanties jusqu’en juin 2030 |
Avec le Framework Laptop Chromebook Edition, nous sommes à l’ère de l’anti-obsolescence programmée par excellence . Tout se change : l’écran, la batterie, le clavier, et même les ports via des petites cartes d’extension géniales. Besoin d’un HDMI ? Tu clipses. Besoin d’un USB-C ? Tu changes. Avec des processeurs Intel Core de 12ème génération, c’était une brute de puissance. Un peu cher (999 $) et sans écran tactile, ce qui a freiné les ventes, mais quel message éthique puissant ! On peut avoir la sécurité blindée de Google sans être enfermé dans du matériel jetable.
Pour en savoir plus : mychromebook.fr
Le nouveau standard Premium
On n’est plus dans le « one size fits all ». Maintenant, il y a des Chromebook pour jouer, des Chromebook « Plus », des machines taillées pour l’IA. C’est le moment ou sort le HP Dragonfly Pro Chromebook en 2023. Elle a sorti l’artillerie lourde pour aller chasser sur les terres du MacBook Pro 14.
| Caractéristique | Détail Technique |
| Processeur | Intel Core i5-1235U |
| RAM | 16 Go LPDDR5 |
| Écran | 14 pouces tactile, 2560 x 1600, 1200 nits |
| Webcam | 8 Mégapixels |
| Spécial | Trackpad haptique, Clavier RGB, 4x Thunderbolt 4 |
Avec ce Chromebook, deux trucs frappent immédiatement. D’abord, l’écran : 1200 nits ! C’est tellement lumineux qu’on peut bosser en plein soleil sans plisser les yeux. Ensuite, la webcam de 8 mégapixels, parce que HP a compris que notre vie se passe désormais en visio. Avec 16 Go de RAM de base, c’est la machine des « power users » qui font tourner Linux et codent sur leur machine.
Pour en savoir plus : cnet.com
La pari du cloud gaming
Un Chromebook pour gamers ? Ça sonnait comme une blague il y a quelques années. Plus maintenant. Surtout avec le Chromebook 516 GE d’Acer sorti en 2023.
| Caractéristique | Détails Techniques |
| Constructeur | Acer |
| Modèle | Chromebook 516 GE (CBG516-1H) |
| Date de sortie | Fin 2022 |
| Processeur (CPU) | Intel Core i5-1240P (12ème génération, 12 cœurs) ou i7-1260P |
| Mémoire Vive (RAM) | 8 Go ou 16 Go LPDDR4X (Double canal) |
| Stockage | 256 Go SSD PCIe NVMe |
| Écran | 16 pouces WQXGA (2560 x 1600), IPS, 120 Hz, 100% sRGB, Format 16:10 |
| Graphismes (GPU) | Intel Iris Xe Graphics (Suffisant pour le décodage vidéo streamé) |
| Connectivité Réseau | Port Ethernet RJ-45 2.5 Gigabit (Rare sur Chromebook), Wi-Fi 6E |
| Clavier | Rétroéclairé RGB (4 zones) avec technologie Anti-ghosting |
| Audio | 4 Haut-parleurs avec woofers à annulation de force, Audio DTS |
| Connectique | 2 x USB-C (Thunderbolt 4), 1 x USB-A 3.2, 1 x HDMI 2.1, Prise Jack |
| Poids | ~1,7 kg (3.75 lbs) |
| Batterie | 65 Wh (Environ 9-10 heures d’autonomie) |
L’astuce du 516 GE (Gaming Edition), c’est de miser sur le Cloud (GeForce Now, Xbox Game Pass). Pas besoin de carte graphique à 1000 euros. Par contre, il faut un écran qui suit : ici, une dalle 16 pouces ultra-fluide à 120 Hz. Ils ont même ajouté un port Ethernet ultra-rapide pour réduire le lag. Ça marche d’enfer et ça permet de jouer aux derniers gros titres AAA sur une machine qui ne coûte pas un rein. Même @Nicolas a adoré tester mais surtout jouer avec cette bête de course.
Pour en savoir plus : mychromebook.fr
Le standard « Plus »
Google a fini par créer un label nommé « Chromebook Plus » pour garantir un minimum de qualité. Si je ne devais en retenir qu’un, c’est le Samsung Galaxy Chromebook Plus sorti en 2024. C’est la parfaite harmonie entre l’ultra-finesse et l’IA.
| Caractéristique | Détail Technique |
| Processeur | Intel Core 3 100U (Raptor Lake Refresh) |
| RAM | 8 Go LPDDR5X |
| Stockage | 256 Go UFS |
| Écran | 15,6 pouces OLED, 1920 x 1080 |
| Dimensions | 11,8 mm d’épaisseur, 1,17 kg |
| Clavier | Nouvelle touche « Quick Insert » (IA) |
C’est une prouesse : un écran géant de 15,6 pouces dans un châssis qui pèse à peine plus lourd qu’un petit MacBook Air. L’OLED offre des noirs parfaits. Mais le signe des temps, c’est la touche « Quick Insert ». On appuie, et Gemini (l’IA de Google) débarque pour rédiger à votre place ou fouiller dans vos fichiers. On est passé de « la machine qui va sur le web » à « l’assistant qui bosse pour vous ».
Pour en savoir plus : mychromebook.fr
On arrive à la fin de cette courte sélection des Chromebook qui auront marqué selon moi la période des Chromebook avec ChromeOS depuis 2011. Si on prend un peu de recul sur ces presque quinze années, trois grandes lignes se dessinent. D’abord, la sécurité paranoïaque de Google a gagné la partie. Ce système de partitions verrouillées et de mises à jour invisibles a tellement bien marché que Windows et MacOS s’en inspirent de plus en plus. Ensuite, la guerre des processeurs est finie. Atom, Core i7, ARM, MediaTek… franchement, pour l’utilisateur, ça ne change plus grand-chose. L’expérience est unifiée, fluide. Enfin, et c’est le plus important : l’IA est descendue du nuage. En 2011, l’intelligence était sur les serveurs de Google. En 2025, avec les puces NPU, elle est directement sous vos doigts, dans votre clavier.
Les Chromebook ne sont plus les « PC du pauvre ». C’est une catégorie à part entière, mature, qui a su passer de la salle de classe à la salle de réunion sans perdre son âme. Du modeste Series 5 au bijou qu’est le Galaxy Chromebook Plus, c’est une sacrée évolution. Et vous quel est le Chromebook qui vous aura le plus marqué, depuis que vous utilisez ce type d’ordinateur ? Venez raconter votre expérience avec ces « drôles » de machines dans les commentaires.
FAQ (Foire Aux Questions) qui ne date pas d’hier
Quel a été le tout premier Chromebook ?
Il s’agit du CR-48, lancé en mai 2011. C’était un appareil de test noir mat, sans logo, destiné à valider le concept du « tout cloud » avant la commercialisation massive.
Quel modèle a véritablement démocratisé ChromeOS ?
L’Acer C720 (2013) a marqué un tournant. Malgré un design basique, son processeur Intel Haswell offrait enfin une fluidité correcte pour un prix très agressif (199 $), séduisant massivement le secteur éducatif.
Quand le Chromebook est-il devenu un objet « Premium » ?
Dès 2013 avec le Google Chromebook Pixel, mais c’est surtout le Pixelbook de 2017 qui a établi les standards du luxe : châssis ultra-fin, matériaux nobles et intégration native de Google Assistant.
Peut-on jouer sur un Chromebook ?
Oui, depuis l’avènement du Cloud Gaming. Des modèles comme l’Acer Chromebook 516 GE (2023) sont spécifiquement conçus avec des écrans haute fréquence (120 Hz) pour jouer en streaming via GeForce Now ou le Xbox Game Pass.
Quelle est la dernière évolution majeure en date ?
L’arrivée de l’Intelligence Artificielle et le standard « Chromebook Plus ». Le Samsung Galaxy Chromebook Plus (2024) illustre cette ère avec l’intégration de la touche « Quick Insert » et de l’IA Gemini directement dans le système.


















Bonjour Merci pour cette histoire intéressante
Voici la mienne motivée par le désir de quitter Windows avec ses multiples et incessantes MAJ toujours à problèmes
Mon premier CBK un HP 14 NVIDIA Tegra… 4/16 GO en janvier 2015 HS problème de clavier… suivi par un Asus C300 ..13 » N 2840…4/32 GO en février 2015 donné
Puis un Asus C523 15,6.. N 4200… 8 /64 Go tactile en février 2019 toujours en service pour mon épouse
A la suite mon CBK actuel Acer 317 Pentium N 6000 8/128 Go très satisfait
En attendant de pouvoir l’échanger contre …..un futur modèle…à venir pour mon prochain anniversaire peut être. si Google ne traîne pas trop …..petite précision je viens de dépasser mes 82 ans
Bonne journée